mercredi 31 octobre 2012

Cross FSGT de Rânes 2012



Le début de la fin ? Je m’étais juré lors du dernier cross de la saison précédente de m’inscrire enfin aux cross courts et j’ai tenu parole.

Pour les malheureux qui n’ont pas encore expérimenté la chose, le cross c’est : à bloc, à bloc, à fond puis vomi. Et cela pendant trois tours pour le cross long (7,5 à 9 km) et deux tours pour le cross court (5 à 6 km).

Depuis deux saisons, je n’arrivais plus à gérer trois tours à fond et, suprême humiliation, j’étais obligé d’effectuer le premier tour à vitesse modérée pour espérer finir mon cross avec une apparence humaine. Ça ne pouvait plus durer, gérer raisonnablement ma course pour terminer dans le dernier tiers avec l’air de celui qui a atteint la sagesse et qui court pour la beauté du sport, ce n’est pas Lutin. Donc, cross court : à bloc, à bloc, à fond puis vomi et on se rince la bouche avec du vin chaud, ça c’est du cross ! Il me reste trois saisons à faire en V2 et j’vais pas m’gêner !

J’aurais bien aimé, pour ce cross de Rânes, faire le récit de la course de mes deux nouvelles recrues féminines, Cathy et Germaine, mais les choses ne se passent pas toujours comme j’aimerais les calculer. Cathy, la presque petite sœur, a eu un gros coup de fatigue et elle n’est pas présente. Quant à ma cousine Germaine, elle a eu un gros coup de mou et elle n’est pas en mesure de mettre le feu à l’herbe, assurant quand même une courageuse sixième place féminine (sur 52). Ce sont Véro l’inatteignable et ma Ricounette qui dirigent la course de bout en bout, fortes de leur inappréciable expérience.

Ricounette est une championne et en plus, elle est dans mon club...

L’expérience, c’est le mot qui me vient à l’esprit quand je m’aligne dans le peloton composé de 62 crossmen. A part deux juniors, il n’est composé que de coureurs de plus de 50 ans.  Vieux ou pas, dès le départ donné, le groupe de tête met  le feu et je me retrouve déjà avec l’estomac au niveau de la glotte. Essayant de me maintenir dans les dix premiers, je me retrouve bientôt derrière Pierre que je vais poursuivre tout le cross sans jamais l’approcher suffisamment pour lui bouffer les crampons. 

La première remontée vers les tribunes met les pendules à l’heure et le groupe de tête se distend, mettant chacun à sa place. Michel, membre de mon club, me passe et je cours un moment derrière lui avant qu’il ne passe devant Pierre que je poursuis toujours vainement. Rémy, du club des pompiers, me passe aussi mais il n’arrive pas à me distancer suffisamment. Le cross m’a appris qu’il ne faut jamais laisser dix mètres d’avance à celui que l’on veut poutrer. Je double Rémy et il me repasse, ça ne fait pas un pli ! C’est dans ces moments qu’il faut en avoir sous la semelle et c’est à toute vapeur que je profite de la première descente du deuxième tour pour plier la chose et enfin tenir Rémy à distance.

En ce jour de météo atroce, ma course se déroule sous un presque soleil, et j’apprécie l’ambiance : je m’amuse à courir avec des petits camarades de mon âge, le parcours est trop court et je vais trop vite pour pouvoir gamberger. Les boyaux de la tête, voilà mon ennemi. Je cours le plus vite possible sans me poser de questions, laissant s'exprimer l’animal inconscient de son âge qui sommeille à peine en moi. Un corps qui court, loin des interrogations dérisoires de nos êtres trop civilisés ; voilà ce que le cross me donne à ressentir. Si je reste dans cet état d’esprit, je devrais pouvoir atteindre mon objectif : rester dans le top 10 de la course des croulants.

A propos de croulants, il y en a un qui m’en fait une bonne ;  un gars m’interpelle et me dit : « Vas-y, t’es sur le podium V3, il n’y en a que deux devant toi ! »

Merdre ! Il va vraiment falloir que je me fasse teindre les tifs si on me prend pour un plus de soixante ans … Je réponds à l’impudent qu’il me reste trois années à effectuer en catégorie V2 et que si j’ai l’air si vieux, c’est certainement parce qu’il a une mauvaise vue, ce qui se conçoit à nos âges. Non mais !

Le premier, Bernard,  arrive presque deux minutes avant moi suivi par le plus véloce des deux juniors.
Je termine les 5,1 km à la place de 9ème sur 62 en 22’44  à 13,5 de moyenne. Ce sera peut-être mon meilleur classement de la saison car il manque un ou deux cadors dans le peloton. Je fête cela avec quelques (petits) verres de vin chaud suivis par quelques parts de gâteau arrosées à la bière.

Je ne boude pas mon plaisir même s’il m’a fallu me rendre à l’évidence : je suis à ma place, c'est-à-dire chez les vieux coureurs qui galopent joyeusement en attendant la mort. Mais bon, on se marre bien dans les cimetières à ce que je vois, et c’est le principal.

1 commentaire:

  1. "les vieux coureurs qui galopent joyeusement en attendant la mort."
    C'est frais, c'est gai, c'est optimiste, on en redemande.
    Y'a une de ces ambiances par ici !
    Allez, à très tobien.
    Alain

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