mardi 15 décembre 2020

Douze photos qui ne s'opposent COVID

 Rétrospective 2020


Drôle d'année. Qui aurait pu prévoir les événements d'une si singulière année, qui aurait pu soupçonner qu'un jour il faudrait signer un papier pour sortir de chez soi, porter un masque dans la rue, renoncer peut-être pour très longtemps à la main tendue et à la bise ? En tant que photographe (très) amateur, il m'a fallu parfois faire preuve d'imagination pour effectuer des clichés lors de ce si beau printemps sans forêt d'Ecouves ou ce triste novembre sans flamboiement des hêtres et des chênes. Pas de photos de ma forêt cette fois-ci mais quand même des images de mes pérégrinations avec mon épouse mais aussi en compagnie de mon très cher Tonton Gilles qui, s'il est loin d'être mon oncle, m'est toujours aussi précieux en tant que conseiller technique et artistique. 

Pour aller plus loin :

Le Flickr de Tonton Gilles
Le Flickr du Lutin d'Ecouves

 

Janvier

Le miroir de Ste Anne

Au pied de la forêt de Multonne à vingt km de chez moi, je balise le terrain en vue du cross de Champfrémont qui aura lieu l'après-midi. Les étangs en espalier de Ste Anne offrent comme à l'accoutumée une lumière singulière et le plus vaste d'entre eux présente un miroir semblable au reflet d'un autre monde. Il fait très gris et le passage en monochrome ne fait disparaître que quelques petites traces de bleu.

Compact Sony DSC-RX100M3

Février

Flying saucer in Brittany

 A la veille de participer à mon seul et unique trail de l'année, je séjourne à Trégastel avec mon épouse. Il fait très froid et il me faut des gants pour manipuler mon trépied sur lequel j'ai vissé mon tout petit Sony. Le site est spectaculaire avec ses blocs cyclopéens en granite rose hauts comme des maisons de deux ou trois étages mais je préfère lors des vingt et quelques minutes que dure l'heure bleue photographier cette singulière coupole de piscine située en bord de plage. Comme j'ai réglé mon ouverture à F11, il me faut un temps d'exposition de 2 secondes. La photo est un peu froide mais bien représentative de l'ambiance.

Compact Sony DSC-RX100M3

Mars

L'adieu aux arbres
 

Le couperet vient de tomber, nous n'irons plus aux bois, les lauriers sont coupés ! Avant de m'astreindre à tourner 560 km en huit semaines autour de chez moi, confinement oblige, je m'échappe une dernière fois le long de la Sarthe pour une sortie de 21 km en pleine campagne. La nature est en train de nous préparer un printemps majestueux dont nous n'entendrons qu'un écho lointain. Les chênes semblent désolés lorsqu’ils me saluent. Je ne sais quoi leur répondre...

Compact Sony DSC-TX30

Avril

Halle au bleu

Tonton Gilles vient me chercher régulièrement pour une promenade limitée dans le temps et l'espace. Le photographe urbain qu'il est n'est guère perturbé dans sa pratique mais moi, je dois m'adapter. La ville d'Alençon quasi déserte offre des ambiances intéressantes comme le long de cette Halle au Blé et, tour à tour, nous servons de modèle l'un pour l'autre. En ces jours gris quoique ensoleillés, j'ai préféré gommer la couleur excepté sur mon compagnon au chapeau qui fait surgir la vie au centre de ce monde minéral.

Compact Sony DSC-RX100M3

Mai

Cylindromyia bicolor

Lors de ce printemps confiné, je n'ai jamais trouvé autant de nouvelles espèces d'insectes dans mon jardin de 100 m2 mais le plus spectaculaire de mes clichés entomologiques fut cet accouplement de tachinidés (mouches hirsutes et fort utiles) dont les larves, comme chacun le sait, parasitent la punaise nébuleuse.

Hybride Panasonic DMC-G80

Juin

Jump !

Douarnenez, une cité à vivre, non encore gâtée par le tourisme où l'on peut voir des HLM donnant sur l'océan et une population se donner du bon temps sur de petites mais conviviales plages. Moi et mon épouse y retrouvons le goût de la liberté et quel plus pur symbole que ces jeunes collégiens à peine sortis des cours qui investissent divers spots de plongée pour se mesurer amicalement loin de leurs parents certainement peu au fait de leurs acrobaties. J'ai ressenti à ce moment comme un courant d'air frais qui m'a rappelé mon enfance dans les années 60 lors desquelles nous évoluions si libres loin du regard de nos parents.

Compact Sony DSC-RX100M3

Juillet

Nuées sur l'île Tudy

Que serait la Bretagne sans les nuages ? Ce couvercle menaçant sur l'île Tudy génère une infinité de gris et de bleus. Ce bateau de pêche au premier plan apporte une touche de couleur bienvenue. 

Téléphone portable Huawei MYA-L11

Août

A la conquête des Aravis

En vacances à Manigod dans les Alpes, nous nous attaquons à la randonnée du Trou de la Mouche (2453 m) que je déconseillerais par temps humide ou agité. Après quelques heures de grimpette dans les alpages, nous arrivons en phase finale et minérale. Josette regarde la crête embrumée d'un air interrogateur. Elle n'a pas tort, la fin ne va pas être simple pour des lutins sylvestres...

Compact Sony DSC-RX100M3

Septembre


De retour à Belle-Ile-en-Mer, j'aurais pu vous gratifier de superbes paysages marins ou même, osons-le, de couchers de soleil. Eh bien non, la photo c'est aussi de la composition et cette dame qui fait son tout premier tour de scooter électrique sous le regard de son mari m'en offre une belle avec ce phare, ces personnages et ces rappels de bleu. Tout simple mais équilibré, ce cliché est validé par Tonton Gilles.


Compact Sony DSC-RX100M3


Octobre

La Jungle et la Basilique

De retour à Alençon, je me promène le long de la Sarthe et de ses lavoirs. Pour l'avoir survolée en Montgolfière, je sais que cette ville est un jardin mais en ce début d'automne, c'est parfois une jungle d'où émerge la Basilique Notre-Dame. 

Compact Sony DSC-RX100M3

Novembre

Le refus de l'ombre

Nouveau confinement, nouvelle balade restreinte avec Tonton Gilles. Le soleil passe crûment sous le pont de chemin de fer à côté de chez moi. Mon compagnon me fait poser dans le rai de lumière et cela donne une photo typique du style de ce citadin photographe. A son tour, il pose pour moi et, si mon petit Sony ne peut rivaliser en netteté avec son gros Canon 7D Mark II, il tient la comparaison en expressivité avec cette ombre qui semble ne pas vouloir suivre son propriétaire.

Compact Sony DSC-RX100M3

Décembre

De l'indigo à la feuille morte

Toujours confiné, toujours avec Tonton Gilles en ce premier jour de décembre. La fin d'après-midi est incroyable au niveau des couleurs. Depuis quelques jours, le crépuscule s'est fait feu d'artifice pour nous consoler de notre enfermement partiel. Mon compagnon fait une photo en étonnantes couleurs naturelles du front de Sarthe, je fais le même cliché mais nettement moins bien défini. Cette photo de personnage pris en contre-plongée à partir du bord de la rivière aura ma préférence.

Compact Panasonic DMC-TZ100

 

 



mardi 1 décembre 2020

On s'habitue à tout

Ça a commencé un lundi avec le voisin et sa tête de veau. Pas vraiment un plat cuisiné mais une tête de veau vissée sur ses épaules qui me regardait fixement par-dessus la clôture. J’étais en train de photographier les derniers frelons asiatiques de la saison qui butinaient les fleurs de lierre du jardin. Les frelons, pacifiques comme à l’accoutumée, voletaient en silence et lui, il me regardait sans piper mot. Le plus surprenant, c’était mon absence de surprise. Pourquoi pas…

Comme chaque soir depuis le début du Grand Confinement, je sortis courir mes trois boucles : Avenue de Courteille, rue d’Echauffour, rue de la Fuie des Vignes, rue de Labillardière. Cela faisait 12 890 tours effectués ce lundi-là. Le chien du numéro 80 m’a salué d’un grognement qui m’a semblé moins indistinct que d’habitude, comme s’il me disait « Brome » ou « Broom ». Ce chien, je ne l’ai jamais aperçu derrière sa palissade mais il m’a toujours parlé.  A l’entrée du pont du chemin de fer, la Police contrôlait le passage vers Courteille mais ils ne m’ont pas arrêté, habitués qu’ils sont de me voir courir chaque jour avec mon laissez-passer épinglé dans le dos. Comme d’habitude, je les ai salués mais ils ne m’ont pas répondu. Ils n’avaient pas de bouche.

On s’habitue à tout et, quand je me suis aperçu que mon épouse avait une tête de loup, je ne fus pas plus surpris que cela. On se voyait de moins en moins, la faute aux multiples autorisations qu’il fallait remplir pour se rencontrer juste pour discuter sans parler des tests médicaux nécessaires. L’installation des caméras de surveillance domestique avaient rendu impossible toute tentative de fraude au confinement. Chacun à son étage et à chacun ses heures pour la toilette et la cuisine. Pas d’autorisation pour quelque rapport que ce soit, nous avons passé les soixante ans, c’est trop dangereux. On s’habitue. C’est vrai ça, on s’habitue à tout, j’avais depuis un moment des nausées quand je la voyais de trop près, était-ce des symptômes de la Maladie ou un avertissement subliminal, en tout cas  je me sentais de plus en plus mal à l’aise en sa présence. Alors, la voir avec une tête de loup, ça ne m’a pas surpris. Et puis, elle ne parlait plus car les loups ça ne parle pas. Contrairement aux chiens.

Ma consultation à distance avec le psy s’est bien passée. Lui, il avait encore une tête sur l’écran. Sa tête de chevêche échevelée coutumière et son air bienveillant. Je lui ai parlé du chien qui me salue, de la tête de veau et du loup. Lui, il m’a répondu en allemand. Je n’ai rien compris mais ça m’a fait du bien.

Je lis beaucoup. J’ai récemment relu « Face aux feux du soleil » d’Isaac Asimov. Ça se passe sur une planète où il y a tellement de place et si peu de monde que les habitants ont pris l’habitude de ne plus se voir que par écran interposé, les robots servant d’intermédiaires et de serviteurs à cette population claustrophile. Evidemment, la délinquance y est très faible et évidemment il y a un meurtre sujet de l’intrigue. Je ne me souvenais plus de la fin et quelle ne fut pas ma surprise quand je m’aperçus que les vingt dernières pages étaient blanches. Le livre ne voulait plus parler.

En fait, petit à petit, au bout de quelques semaines tout le monde a fini par ressembler à une ménagerie, les livres et la télé se sont tus et je me suis habitué à la tête de dindon du type du Drive qui m’apporte les courses.

On s’habitue à tout. J’ai fini par m’habituer à moi. Et puis, j’ai mon autorisation de sortie d’une heure par jour de 19h à 20h. Grâce à ma licence officielle de la Fédération Française Sportive de Confinement, je peux courir mes dix kilomètres quotidiens. Je croise ainsi de rares sportifs à tête de sanglier sur mon parcours. Ils me saluent silencieusement. Après tout, je ne suis pas si seul même s’il n’y a que le chien du 80 pour m’adresser la parole.

 

Photo chefsimon.com

 

Texte écrit pour la Gazette d'ici... et d'ailleurs (Alençon)



samedi 14 novembre 2020

Visite surprise

 13 novembre 2020

Bonjour Lutin !

La mante religieuse est un insecte plutôt méditerranéen qui s'est longtemps contenté de vivre au sud de la Loire. Depuis quelques années, j'en vois effectivement dans notre campagne normande mais en petite quantité. Ce n'est que l'année dernière que j'ai enfin pu photographier une femelle de 7 à 8 cm de long dans mon jardin d'Alençon. 

Je ne m'attendais pas à tomber sur ce mâle (5 à 6 cm) en plein milieu du mois de novembre alors que jusqu'il y a peu, cette espèce était rare en Normandie a fortiori si tard dans l'année. M'ayant détecté et intrigué par le bruit de l'appareil photo, il s'est immobilisé, pensant être en sécurité s'il ne bougeait pas.

Il m'a fallu monter la sensibilité jusqu'à 800 ISO pour obtenir un cliché avec suffisamment de profondeur de champ. En ces temps de punition où l'on nous prive des prés et des forêts*, l'irruption de cette vie improbable fait un bien fou. 


*Les 15 000 ha de la forêt d'Ecouves sont actuellement interdits aux lutins. Les seuls à être autorisés à s'y promener par décision préfectorale sont les chasseurs (à fusil, pas à courre), il faut dire que les munitions et l’alcool font partie des produits essentiels encore en vente. Pour l'alcool, je ne vais pas trop me plaindre...

 

 

mardi 3 novembre 2020

Oh, y God !

Donald Trump, épuisé par sa campagne frénétique, fait une crise cardiaque au soir du trois novembre. Affolement à la Maison Blanche, les médecins dépêchés sur place n'arrivent pas à le ranimer...

Au bout d'une heure, Trump se réveille tout blanc, l'air hagard : "Je suis allé au Ciel et Dieu m'a renvoyé sur Terre."

Melania se précipite : "Donald, tu as vu Dieu !!! Il est comment ?

Donald Trump regarde sa femme, il est encore plus pâle et il lui répond le regard halluciné : "Elle est noire !"


 

 L'actualité vaut bien que je mette au goût du jour cette fort ancienne blague...

dimanche 1 novembre 2020

Coronavicross

 Ça avait commencé presque normalement. Enfin presque... il avait quand même fallu renoncer au marathon de la Rochelle qui venait d'être annulé alors que le plan d'entraînement dédié venait juste de débuter. Qu'à cela ne tienne, le plan avait été maintenu jusqu'au bout à la demande de mes partenaires, histoire de garder la forme. Et puis, hors de question de reconfiner nous assurait-on en plus haut lieu.

Gestes barrières, distanciation, limitation des regroupements, gel hydroalcoolique (mélanger eau et alcool, quelle horreur !), nous on voulait tout bien tant que nous pouvions courir au moins notre saison de cross.

Le cross c'est une longue histoire, notre ADN, la base racinaire de notre discipline, j'allais quand même pouvoir pour ma sixième saison V3 en découdre sans perdre ce fil sportif qui me raccommode à la vie, me faisant oublier le temps qui passe. Le temps qui passe...
 
Rânes 2008 (Mustang, Allain, Lutin)
 
L'année précédente, nous avions enfin touché nos nouveaux maillots de l'AS Enseignants, les anciens nous arrivaient à mi-cuisse et nous donnaient l'air de ploucs emblousés. Trois quinquagénaires en pleine forme sur cette photo et une saison de cross à couteaux tirés entre moi et le Mustang lors de laquelle la poudre parla et le sang coula pour de rire. Allain ne court presque plus et le Mustang s'en est allé. Il y a de quoi se la prendre et se la mordre mais elle peut encore servir donc je vais m'abstenir. Et puis j'ai toujours détesté la nostalgie.

Rânes 2020 (Photo Marie Léveillé)

Masque au départ, masque à l'arrivée, vu le temps brouillasseux bien humide, je me mets une serpillière sur le nez une fois la ligne d'arrivée franchie. Incroyable, je finis 4/26 V3 alors que j'arrive à 65 berges. Toujours la même hargne, toujours la même méchanceté et ce coup de tête vers l'arrière en fin de parcours pour m'assurer qu'un paltoquet mal intentionné ne cherche pas à me provoquer au sprint. Je ne suis pas le meilleur mais je suis le plus vindicatif. Pandémie oblige, pas de regroupements et pas de vin chaud à l'arrivée. Tout fout le camp ! Je m'enfile deux bière au cul de la bagnole en me disant qu'il me restera six cross pour digérer cela.

Ben non, quelques jours après, un type avec une tronche de premier de la classe nous annonce qu'il va falloir regagner nos pénates et nous contenter de courir autour du pâté de maison une heure par jour. Enfer et tartemolle, je venais d'étrenner une nouvelle paire de pointes de cross qui était assortie avec mon vieux maillot que je traîne depuis 13 ans ! Plus de copines, plus de piste, plus de forêt !

On va être sérieux et se conformer à la Loi, il faut dire qu'il y a quand même trois personnes en réanimation dans mon département. Je rechausse donc mes running et cours à nouveau mes 10,5 km quotidiens autour de chez moi. Je crois que je vais quand même me la prendre et me la mordre...



mercredi 7 octobre 2020

Cent mètres carrés : Mes autres insectes

 Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie. Voir en fin de billet pour les liens vers l'intégralité de mon bestiaire jardinier.

 

Odonates

Les odonates sont un ordre qui compte les demoiselles et les libellules dans ses rangs. Ce sont de puissants prédateurs et leurs larves ne sont pas en reste. Ces larves ont la particularité d'être toutes aquatiques c'est pourquoi on trouve ces animaux à proximité des étangs et cours d'eau. Mon jardin est cependant assez éloigné de la Sarthe et de sa zone humide, à 1 km à vol d'oiseau, et je ne sais pas très bien ce que font ces insectes dans mon jardin. Peut-être une pause entre deux plans d'eau... Une chose est sûre : ils ne font qu'y passer car leur présence est toujours brève.

 Libellula depressa

La libellule déprimée n'a aucun problème psychologique, son nom provient d'un terme latin qui veut dire aplati car son abdomen est effectivement assez plat. C'est une assez grosse libellule et le dimorphisme sexuel est très visible, alors que les mâles sont bleus, les femelles sont jaunes. Les larves chassent dans les points d'eau où elles ont éclos, cela peut être de simples mares pour cette espèce. Le stade larvaire dure deux ans. Au moment de se métamorphoser, les larves grimpent sur une plante ou une pierre où elles sèchent avant de quitter leur ancienne peau. Les adultes se nourrissent de moucherons ou autres insectes capturés en plein vol. 

 

******

Sympetrum striolatum

Cette femelle de sympétrum rayé est certainement très jeune car au bout de quelques temps, elle deviendra nettement plus brune alors que le mâle est franchement rouge. Leurs mœurs ainsi que celles de leurs larves sont semblables à celles des autres libellules.

******

Sympetrum sanguineum

Reconnaissable à ses pattes noires, ce sympétrum rouge-sang mâle possède une couleur encore peu intense, ce qui indique son jeune âge (la femelle est jaune). Son comportement peu réactif comme celui des autres libellules observées laisse à penser que mon jardin est une étape dans laquelle ces insectes sèchent tranquillement avant d'aller rejoindre une zone humide.

******

 
Coenagrion mercuriale

L'agrion de Mercure est une demoiselle dont le mâle est franchement bleu alors que la femelle présentée ici est d'une couleur plus discrète. Cette espèce, sans être rare est cependant considérée en danger de disparition sur notre territoire. Les demoiselles, comme les libellules se nourrissent d'insectes volants et leurs larves sont aussi aquatiques et carnivores.

******

Ischnura elegans

L'agrion élégant est une petite demoiselle très courante identifiable grâce à sa tache bleue au bout de l'abdomen. Les mâles sont noir et bleu alors que les femelles peuvent présenter trois types : bleu, brun-verdâtre ou à thorax rose.

*****

Orthoptères

Les orthoptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les sauterelles, criquets et grillons. De grillons, je n'en ai malheureusement point dans mon jardin, ces animaux se font rares alors qu'ils étaient si fréquents dans mon enfance. J'aimais bien en ce temps les chatouiller dans leur trou avec une longue herbe pour les faire sortir... Ces insectes sont tous à métamorphose incomplète, c'est à dire qu'un immature ayant la forme de l'adulte sort de l’œuf et passe généralement par cinq stades avant d'atteindre la taille adulte.

Leptophyes punctatissima (femelle)

La Leptophye ponctuée ou petite sauterelle verte est très commune dans nos jardins (où elle se nourrit de feuilles diverses) même si elle n'est pas si facile à voir. Son corps est couvert de petits points rouges et ses antennes sont nettement plus longues que son corps. La femelle possède une tarière en forme de couteau, n'ayez crainte cela ne coupe pas mais sert à pondre. Le mâle est facile à distinguer car il ne présente pas cet organe et possède quelques autres petites différences comme on peut le voir :

  Leptophyes punctatissima (mâle)

******

 En ce qui concerne les criquets (antennes courtes), j'ai mis beaucoup de temps à les identifier (la couleur n'est pas toujours un critère) et je remercie les sites Aramel et Quel est cet animal pour leur aide. 

La reproduction des criquets se fait en début d’automne par un accouplement assez classique donnant lieu à la ponte des œufs dans le sol, juste quelques jours après la fécondation. Pour ce faire, ils enfoncent leur abdomen dans la terre et les œufs y sont enserrés dans une membrane rigide appelée oothèque où ils resteront tout l’hiver avant d’éclore au printemps qui suit (source : Le Monde.fr).

Les criquets sont des végétariens assez éclectiques et, dans nos régions, ils ne sont jamais assez nombreux pour se révéler ravageurs comme certaines espèces peuvent l'être en Afrique.

 Ces insectes se font généralement discrets chez moi mais ils ont la particularité d'aimer le muret de la terrasse du jardin les soirs d'été. C'est là que j'ai pu tirer le portrait de quelques espèces:

Euchorthippus elegantulus (criquet glauque)


******

Chorthippus scalaris (criquet duettiste)
 

******
 

Omocestus rufipes (criquet noir)

******

Dermaptères

 Forficula auricularia

Les dermaptères sont un petit ordre comprenant essentiellement les forficules ou "perce-oreilles". Si l'animal peut se délecter de fruits à noyaux (pêches, prunes, abricots), il fait généralement peu de dégâts et peut même se révéler utile car c'est aussi un mangeur de pucerons. Ses organes en forme de pince appelés cerques lui servent à la défense mais sont peu efficaces. La femelle pond des œufs sur lesquels elle veille ainsi que sur les jeunes larves, comportement assez rare chez les insectes non-sociaux. Le développement se fait par stades sans métamorphose.

******

Neuroptères

Chrysopa perla

Les neuroptères sont des insectes à métamorphose complète possédant des ailes membraneuses (chrysopes, fourmilions). Ce sont des espèces à la vie courte (quelques jours pour les adultes). Chrysopa perla (neuroptère aux mœurs plutôt nocturnes) est appelée "lion des pucerons" car sa larve est un gros mangeur de pucerons, ce qui en fait un bon auxiliaire dans la lutte biologique d'autant plus qu'une femelle peut pondre jusqu'à 700 œufs. Les adultes étant des proies faciles pour les prédateurs volants (principalement les chauves-souris), la population de chrysopes reste toujours d'une taille raisonnable.

******

Blattidés

  Ectobius vinzi (stade larvaire)

Les blattes ou cafards sont des animaux peu aimés alors que les espèces du jardin sont totalement inoffensives et ne pénètrent dans la maison que par accident. Ce sont des insectes omnivores, excellents nettoyeurs qui se nourrissent de débris divers du jardin, jouant un rôle bénéfique dans son entretien. Ectobius vinzi présente une bande blanche lors de son stade larvaire puis devient d'une couleur jaune ou brune plus uniforme  à l'âge adulte.

******

Mantidés

 Mantis religiosa

Les mantidés en France sont surtout des empuses (diablotins) et des mantes religieuses, insectes méridionaux. Jusqu'à mon âge adulte, je n'ai jamais vu de mantes au nord de la Loire et puis, elles sont apparues petit à petit dans nos campagnes jusqu'à devenir familières en Normandie bien que moyennement fréquentes. La mante religieuse doit son nom à ses pattes avant repliées qui lui donnent l'attitude d'un orant. C'est un grand insecte (la femelle atteint 7,5 cm) dont les pattes avant sont de véritables armes qu'elle projette en avant pour harponner les proies qui passent à sa portée. La mante femelle est facilement cannibale et, à la fin de l'accouplement, elle n'hésite pas à boulotter le mâle, plus petit, mais cela n'est pas systématique et parfois le mâle arrive à s'échapper s'il est assez vif et a de la place. En captivité, son sort est malheureusement scellé du fait de la promiscuité d'avec sa promise. La mante n'est pas toujours d'un beau vert comme ce spécimen posé sur le mur de mon jardin, elle peut aussi être brune. Ce sont des animaux à métamorphose incomplète comme les orthoptères dont elles sont assez proches morphologiquement.

******

Liens vers les autres billets :

 Coléoptères 1

Coléoptères 2

Coléoptères 3

Lépidoptères 1

Lépidoptères 2

Hyménoptères 1

Hyménoptères 2

Hyménoptères 3

Diptères 1

Diptères 2

Diptères 3

Hémiptères 1

Hémiptères 2

Odonates, Orthoptères, Dermaptères, Neuroptères, Blattidés, Mantidés 

Arachnides