vendredi 25 mai 2012

Roscoff to Roscoff 2012

 La Bretagne, ça vous gagne !


Samedi 19 mai

Nous voici de retour chez nos frères bretons deux ans après un  merveilleux weekend parmi les pingouins et les ours blancs en mai 2010. Nous venons en forte délégation normande prête à affronter les rigueurs de la météo de mai en Armorique. Cette année encore, je cours en duo avec ma Josette alors que la plupart des membres de notre délégation FSGT de l'Orne court en solo, à savoir trois courses en 24 heures.

Prologue :


Les 13 qui courent le prologue


De Roscoff à Santec, c'est ma Josette qui court les 17 km pour moi, je vais me contenter de faire des photos et de transférer matériel et véhicules jusqu'au camping avec l'aide de trois autres camarades.

Béa et ma Josette

Taquins, les organisateurs ont concocté un petit tour à marée basse dans la vase du port de Roscoff, avant le périple vers Santec. Nous en ramènerons l'odeur jusqu'en Normandie.


La fin d'étape sur la plage du Dossen se fait presque au soleil. J'assiste à l'arrivée de toute l'équipe dont le Mustang, cette année en mode Percheron.

La journée n'est pas finie... François, l'organisateur qui nous accueille à bras ouverts, nous a fait un cadeau pour nous remercier de venir de si loin : un tour sur la mer glacée sur des embarcations instables. C'est sympa. Je décline prudemment l'invitation, indiquant mon grand âge et suggérant de proposer l'activité à nos jeunes.


 Le Mustang, ne craignant ni l'eau ni le froid, décide cependant de participer aux ablutions. Il faut cependant un chausse-pied pour le glisser dans sa combinaison.

Après manger, la température descendant sérieusement, chacun se met à l'abri dans sa tente en attendant le coucher du soleil. Sentant mon point de congélation s'approcher, je pars m'échauffer sur l'immense plage de sable blanc qui jouxte le camping qui nous accueille. Je ne regrette pas mon initiative car j'assiste ainsi à un de ces couchers de soleil bretons qui vous incendie les mirettes.

Photo non trafiquée, j'vous jure !

La Nocturne :


Onze kilomètres sur le cordon dunaire et dans la forêt du Dossen, pour moi et ma Josette, c'est la course en couple comme pour mon ami Riah50 qui court avec sa Béa. Nous ne savons pas à ce moment que nous sommes les deux seuls couples mixtes de la compétition. Ma Josette n'est pas au mieux de sa forme mais nous ne sommes pas les seuls en difficulté et nous tirons deux autres coureurs inscrits sur le solo pendant une bonne partie du parcours.

La course nocturne, c'est la vie : sur des chemins étroits, on se précipite sans voir où nous allons, assurant chaque pas sans savoir ce que sera le suivant, fendant l'obscurité à la recherche de lueurs hypothétiques, sourires éphémères dans la nuit.

A quelques hectomètres de l'arrivée, mon épouse se sentant fatiguée,  nous proposons à nos suiveurs de passer devant, ce qu'ils refusent, préférant finir avec nous. C'est à quatre, en se tenant par la main, que nous finissons la nocturne. Embrassades et adieux : nos amis d'une course renoncent à la Spéciale de demain. Je ne saurai pas leur prénom et je ne me rappelle déjà plus leur visage mais nous fûmes amis durant une heure ; c'est cela la magie de la nuit.

Il est près d'une heure du matin, le ciel est bien dégagé et la température ne cesse de chuter. Nous rejoignons nos tentes pour y passer une nuit... rafraîchissante.


 Dimanche 20 mai


Parfois, je me demande si la toile de tente, c'est encore de mon âge.  J'ai l'impression d'avoir été pris en otage par le Captain Iglo ce matin ! Seule la douche me permet de retrouver figure humaine. La douche et le copieux petit déjeuner offert par l'organisation, à l'instar du repas du soir précédent. Deux thés, un café et cinquante centimètres de baguette au beurre salé breton : je me sens un autre Lutin prêt à affronter la dernière épreuve que je dois courir seul.


La Spéciale :

Il est temps de lever le camp. A 11h30, nous prenons le départ pour le 27 km (en fait 24 km) qui regroupe une grande partie des deux précédents circuits. A ce moment, je suis plutôt cool et je me dis que j'aurais tort de me faire mal. Bon, si je peux poutrer un jeune de la bande, je ne dirais pas non, vu que les p'tits gars ayant parcouru 17 bornes de plus que moi, ils seront peut-être à ma portée.


Donc, je me mets derrière Anthony et Jean-Mi en me disant qu'à tout hasard...


Las ! Les gamins ne se laissent pas faire malgré leur handicap kilométrique et je finis par me résoudre à les suivre dans le tour de l'estuaire du Guillec. En plus, c'est beau. Je profite donc de la vue et de l'air marin. Aurais-je atteint la sérénité ? 


La course sur le cordon dunaire est fort agréable et je suis mes camarades sans grande difficulté. Mais... c'est qui ce type qui galope devant les jeunes !!!


Arg ! Gasp ! C'est mon coach Allain (Riah50) qui, malgré ses 62 balais et une nuit au congélo a pris un départ canon. Ce gars m'a appris à courir mais c'est quand même pas une raison pour être devant moi !!!


Les gamins s'envolent, me laissant avec mon ami qui ne lâche rien. Pire encore, moi qui me vantais il y a une heure d'aller vite sur le sable, je me fais ridiculiser par ce chameau qui s'envole alors que le terrain trop m'adhère.


Allain a pris une bonne avance quand nous traversons le Guilllec face au moulin. Cette fois-ci, je suis énervé. Je vais me faire mal ! Finies les bonnes résolutions, le petit scarabée va coller aux basques du maître. C'est le moins que je puisse faire pour lui rendre hommage.


Mon ami s'est pris au jeu et lance régulièrement des accélérations de la mort qui tue. C'est ainsi que nous décoiffons mon petit Fox dont les yeux sortent de la tête à voir deux vieillards aussi enragés le passer. La bave aux lèvres, je ne prête pas attention au récent quadra qu'habituellement je consomme avec délectation quand j'ai la chance de le poutrer. 

Dans le fond, c'est moi. Au secours !

Retour vers la plage du Dossen en traversant le Guillec plus en aval. Les filles sont là pour nous photographier et elles sont saisies par mon teint hâve et mes yeux caves. Le Riah me fait subir le martyre.


Dernière partie de dunes avant le grand périple vers Roscoff. Je me rapproche comme je peux et parfois je parviens à doubler mon challenger qui me repasse aussitôt.


Des kilomètres de sable, Roscoff en ligne de mire et toujours ce point rouge devant. Trop fort le Allain, y m'énerve !!!

Cependant, un petit crachin va dérégler la mécanique, occultant partiellement les lunettes de mon ami et l'obligeant à ralentir sur les champs de pierres situés à proximité de Roscoff.


Je profite de l'accroche exceptionnelle de mes Inov 8 à crampons pour voler sur les rochers et mettre ainsi un peu de distance entre nous. 

Eh bien, le Allain résistera plusieurs fois avant de me laisser partir, préférant ses chevilles à notre duel.


J'arrive à Roscoff crédité d'un temps de 2h17 pour 24 kilomètres, juste 50 secondes devant mon camarade. Je suis liquéfié mais content.

Et il a la banane !!!


Merci à François et aux bénévoles pour leur formidable accueil.

Merci à le FSGT et spécialement au Mustang et à Ricounet pour avoir organisé ce déplacement.

Et merci à Allain pour me rappeler régulièrement que je ne suis, après tout, qu'un petit scarabée.




lundi 14 mai 2012

Elisabeth et l'Esprit Français

L'Esprit Français est un concept artistique aussi solide qu'insaisissable. Je me souviens du film d'Alain Corneau mettant en scène un Sainte-Colombe qui essaie d'en enseigner l’essence au jeune Marin Marais dans la tourmente d'une soirée de tempête. Le pauvre Marin ne peut à ce moment faire la part entre la tragique profondeur du sentiment humain et la prégnante expressivité d'une Nature ubiquitaire.


C'est à cela que je pensais en arrivant au concert de la Pelegrina consacré à Elisabeth Jacquet de la Guerre : les musiciens allaient-ils saisir la grave légèreté de cette musique aux inflexions uniques ?


Elisabeth Jacquet est née en 1665 dans une famille de musiciens. Son père, facteur de clavecin dans l'île Saint-Louis lui enseigne l'art de toucher cet instrument et, tel un Mozart avant l'heure, la petite Elisabeth montre d'étonnantes dispositions qui vont l'amener à se produire à la Cour dès l'âge de cinq ans.

La petite prodige va parfaire son éducation à la cour sous la houlette de Mme de Montespan puis sous celle de Mme de Maintenon avant de se marier avec l'organiste Marin de la Guerre en 1684.

Pionnière au niveau de l'écriture des sonates pour violon, Elisabeth Jacquet de la Guerre est aussi connue pour ses pièces de clavecin et pour ses cantates bibliques et profanes comme "Le sommeil d'Ulysse" ou pour sa tragédie lyrique "Céphale et Procris".

Si elle n'est pas unique dans l'histoire de la musique, elle est cependant un cas rare de femme ayant pu prouver sa valeur dans une France marquée par le pouvoir masculin pendant encore longtemps.

Bien que la production d'Elisabeth Jacquet de la Guerre soit limitée en quantité, on est surpris par la qualité de ses pièces qu'elles soient chantées ou instrumentales et on se demande combien de Mozart féminins sont tombé(e)s dans les oubliettes d'une histoire de la musique essentiellement masculine.


Une sonate pour violon, une pièce de clavecin et deux cantates plus tard, le pari est gagné. Sophie Landy et les musiciens de la Pelegrina ont retrouvé l'Esprit Français, cet entrelacs pareil à une dentelle d'Alençon, autre chef-d’œuvre discret et sublime.



Merci à Sophie Landy et à la Pelegrina pour l'utilisation de cet extrait de concert.

Site de la Pelegrina : http://www.lapelegrina.fr/



mercredi 9 mai 2012

Course du Sanglier 2012

L'Essonne, vaste plaine


Je retourne vers ma voiture et la trouve bien seulette au milieu de cette plaine agricole de la région parisienne. Et pourtant, quelques heures auparavant, le site grouillait de monde à l'occasion de la Course du Sanglier à laquelle je viens de participer. Soit les Parisiens sont des gens pressés, soit je me suis quelque peu attardé...

Mais qu'est-ce que je fais là au fait... Il faut que je vous raconte.


Ce gars avec sa tête de premier de la classe, c'est Jean-Luc (JLW), un des premiers membres du brave et honnête site Kikouroù que j'ai rencontrés. Je l'ai revu plusieurs fois depuis et il m'a fait l'honneur de venir visiter la forêt d'Ecouves en compagnie d'une vingtaine de membres de son association qui émane d'une boîte de semi-conducteurs. Pour faire court, un semi-conducteur, c'est un type qui ne sait conduire qu'à moitié d'après ce que j'ai compris...

Quand JLW m'a proposé de venir dans son pays pour participer à sa course, j'ai accouru et je n'ai pas été déçu par l'accueil.

J'ai ainsi pu goûter à la cuisine de Madame et au pinard local. Enfin local, s'entend... la région parisienne est surtout habitée de provinciaux qui apportent avec eux leurs traditions, en l'occurrence d'excellents blancs d'Alsace, pays d'origine du couple, ce qui peut s'ouïr encore un peu. 

Ah... les français savent vivre, pensai-je en me couchant. Je n'ai pas pensé plus de cinq minutes. Après, mes charmants hôtes ont dû croire qu'une scierie s'était installée près de chez eux.

La qualité alsacienne étant ce qu'elle est, je me suis levé sans la moindre trace de migraine le lendemain. Il était temps que je m'attaque à l'épreuve du jour : la course au sanglier.


A peine arrivé à Cerny, j'étais cerné par une tripotée de Kikous. Ces gens-là, je les aime bien, ils ne se bouchent pas le nez en me disant bonjour et ne me jettent pas des pierres. J'ai le plaisir de rencontrer d'abord mon GGO (un ancien Ornais) sans sa Zabou que je verrai plus tard.

Il a un peu grossi, non ?

Mon GGO finira quatrième de la course en 1h28. Même pas 1/2 heure de mieux que moi, pfff...

Bises et serrages de louches, je retrouve un tas de monde dont le fameux Bagnard qui court pour les Dunes d'Espoir mais aussi de nouveaux Kikous que je ne connaissais pas en live. 

Trêves de civilités, prenons le départ :


Au début, je me dis qu'à ce rythme, il va y avoir des morts mais je m'aperçois vite qu'on est dans une course relevée dans laquelle chacun a décidé d'en découdre. Le niveau est plus costaud qu'à la maison et il va falloir que le seul Ecouvien présent  montre de quoi il est capable.


Mes photos, je les fais à la volée, pas question de poser. Un peu de plaine pour commencer, admirons la Nature. Mai est un joli mois et il ne faut pas bouder son plaisir même si le rythme est supérieur à 12 à l'heure, ce dont je ne suis pas accoutumé en trail.


Au bout de 2,5 km, nous rentrons dans la forêt pour une petite quinzaine de kilomètres sylvestres entrecoupés de passages en lisière. La carte montre bien que de l'immense forêt préexistante, il ne reste que les parties élevées ; les parties basses ayant été colonisées par l'agriculture.


Les chemins sont très agréables et plutôt roulants, je suis surpris par le peu d'humidité du terrain vu la météo actuelle. Le terrain sablonneux semble bien absorber la pluie.


Ne croyez pas que la promenade est de tout repos car, dans ce pays plat, les organisateurs ont judicieusement placé quelques jolis raidillons propres à calmer les ardeurs du trailer empressé. Des côtes, j'en ai compté six dignes de ce nom dont certaines bien nourrissantes.


Bon, on n'est pas là non plus pour se détruire et je marche dès que c'est possible, je me rattraperai dans les descentes.


Dans certains cas, on a droit au grand jeu, limite escalade, avec rochers et tout le toutim. Du trail, quoi...


Piètre grimpeur, je me rattrape dans les descentes, poutrant à seize à l'heure en doublant pas mal de monde. Il faut bien montrer ce qu'un descendeur d'Ecouves vaut. 

Certains sentiers argileux forment de nombreuses ornières emplies d'eau et je m'amuse de la coutume locale qui consiste à les contourner. Ne voulant pas trop me faire remarquer, je ne fais pas le sanglier normand et me contente de border les flaques, sentant que le jeu écouvien consistant à éclabousser copieusement les camarades ne serait pas si bien considéré en ces contrées franciliennes.


Malgré un terrain aux difficultés bien dosées, la course reste roulante et nous nous acheminons bientôt vers sa conclusion. Depuis un petit moment, je joue au yoyo avec la troisième féminine, une jeune femme de moins de trente ans qui ne s'en laisse pas compter par le Lutin. Si je la décoiffe dans les descentes, elle me rattrape systématiquement sur le plat. 


Arrivé sur la dernière côte, je décide de la monter en trottinant, m'étant pris au jeu, passant une dernière fois la jeune femme. Mordante et pugnace, la donzelle ne se laisse pas faire et lance une dernière accélération une fois la plaine d'arrivée en vue. Je cède volontiers devant l'énergie de la jeunesse et me contente d'un bon douze à l'heure pour finir.


Sur la fin, j'ai le plaisir d'être accompagné par l'organisateur lui-même. Jean-Luc a la gentillesse de supporter son invité et nous discutons même un peu. Je suis fatigué mais pas détruit et je boucle les 21,150 km en 1h54 min, ce qui fait un bon 11 à l'heure de moyenne. 162ème sur 410, c'est ce qui s'appelle se maintenir à quatre ans de la catégorie V3.

En parlant de V3, j'ai le plaisir d'être accueilli par gdraid à mon arrivée. Depuis le temps que je voulais le voir... Quand je serai grand, je serai gdraid !

Oui, je sais, je ne suis pas frais.

After : bière et convivialité, je ne suis pas bien vif, ayant laissé le Lutin sous la douche (par ailleurs bien chaude). Les Kikous restants devisent et lèvent le coude mais je ne puis outre-boire étant amené à prendre le volant pour 250 bornes sous peu.


L'organisation me fait le plaisir de m'inviter au repas des bénévoles avec JLW, mon hôte et président de l’association. Et c'est enfin le moment des remerciements et du départ.

Je viens de passer 24 heures sans dire de gros mots, boire de manière excessive ou faire des excentricités. Ça repose.






dimanche 6 mai 2012

Naguère, des écoles - Episode 13


Anecdotes et pataquès


Lors de mon passage de quelques années au sein d’une école en zone « sensible », j’avais pris l’habitude de noter les bons mots de ces enfants des cités à la spontanéité parfois crue et toujours surprenante. Le travail dans ces classes était dur et souvent stressant ; il fallait bien se détendre un peu… aux dépens des élèves et parfois de leurs parents.

Je passerai sur les insultes bariolées que les élèves se lançaient en classe sans se soucier de la présence du maître (Face de cul de mammouth !) pour livrer une sélection de mots et d’anecdotes à l’humour involontaire.


*Début d’année en géométrie, je fais sortir le matériel et je demande comment on appelle cet instrument semi-circulaire qui sert à mesurer les angles.
« M’sieur, M’sieur ! Le menteur M’sieur dit Y…, un blondinet plutôt speed.
-      Le menteur ???
-      Ben oui, le menteur… euh, non le rapporteur, M’sieur, c’est pareil ! »


*Leçon d’histoire en CM1 sur la guerre de Cent Ans, H… lève la main, c’est un des rares bons élèves de la classe ; je le lance sur la Pucelle d’Orléans :
« Jeanne d’Arc est morte sur un buffet ! »


*Autre leçon d’histoire et c’est S… qui lève la main. Pour une fois qu’elle intervient pour dire autre chose qu’un gros mot, écoutons-la :
« Ouais, ben les Romains, ils parlaient le Lapin ! »

*Les parents ne sont pas en reste comme la maman de S… précédemment citée qui m’adresse un mot pour demander que je serre la vice à sa fille ou cette autre maman qui me dit, en parlant de sa fille, qu’on lui donnerait le Bon Dieu sans profession


*Les enfants avaient parfois de surprenantes analyses qui n’étaient pas si sottes comme D…, un petit Hmong souriant qui me dit un jour, alors que nous parlions de la famine en Somalie :
« Ben, le Somaliens, ils n’ont qu’à venir ici pour manger à leur faim ! »
La logique même.

*Parfois, ces facultés d’analyses dérapaient un peu comme dans le cas de C… qui assurait en sciences que les vaches et les taureaux ne pouvaient pas faire de bébés car ils ne pouvaient pas s’embrasser ou dans celui de J… (un fan de Johnny Halliday) qui, un jour de coupure d’électricité dans le quartier, affirma que c’était à cause de ses parents qui ne payaient pas leur facture EDF.


*En ce qui concerne la religion, sujet abordé en histoire, ce n’était pas toujours facile à démêler entre les Musulmans qui m’affirmaient que le Prophète récitait déjà le Coran dans le ventre de sa mère, les Asiatiques qui changeaient de religion en fonction du pays traversé («oui, j’étais bouddhiste à Hong-Kong puis on est allés chez un oncle en Amérique, on était protestants et puis ici, on est catholiques») et les Chrétiens qui ignoraient souvent jusqu’au nom de leur propre religion comme T… qui devint plus tard un excellent footballeur et qui répondit à ma question : « Mais, qu’est-ce que tu as appris au catéchisme ???
-      J’ai appris que plus il fait froid, plus on se rapproche de Noël. »


*Certaines perles tombaient parfois par écrit comme ce petit travail de recherche que F… fit sur la cellule en sciences qui donna cette définition :
- Cellule : petite chambre de religieux dans un monastère.
Ou cette simple faute d’orthographe d’A… petite fille sage qui écrivit à propos d’une courbe de population au 20ème siècle : « On observe des baises pendant les guerres. »


*Mais la plus belle bourde fut de mon fait :
H…, un petit marocain très studieux que je choyais comme une perle rare, avait cependant un petit défaut : il faisait des fautes de copie. Sentant son fort potentiel, je le félicitais souvent pour son travail mais ne lui passais rien en ce qui concernait l’orthographe. Corrigeant la leçon de grammaire sur les formes active et passive, je relevai une fois de plus une faute d’inattention et lui dis d’une voix forte ma façon de penser :
« Fais donc attention H…, tu as oublié un C ! Ça ne veut rien dire : « A la forme active,  le sujet fait l’ation !!! »
Nom d’une pipe ! J’aurais mieux fait de me taire !



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lundi 30 avril 2012

Hérouville dans la Course 2012

In-des-crip-tible !

 
Photo NCAP


Le Mustang, grand découvreur de courses les plus dingues les unes que les autres, nous avait rencardés sur "Hérouville dans la course", une épreuve se déroulant près de Caen. Le côté "Intervilles" sous acide nous avait bien plu et c'est une petite délégation d'Alençonnais qui a débarqué sur la côte.

Bon, vu la météo du samedi, le pari n'était pas gagné...


Mais nous sommes des Normands et ce n'est pas quelques embruns qui vont nous effrayer. C'est ainsi que le lendemain...



Lutin Productions présente sa trilogie :

La Déconnade des Fous 

Un film en Lutinscope 3D, son THX dolby digital laser

 

1 Le départ 

 




2 Premier tour de 5 km


Musique d'Albert Marcoeur

3 Deuxième tour de 5 km


 Musique d'Albert Marcoeur

4 L'après-course


Non contents de nous avoir concocté une course inouïe, les Hérouvillais ont chaleureusement accueilli les coureurs en ayant la bonne idée d'expédier la remise des prix (on n'était pas venu pour les coupes) pour nous offrir l'apéro. A un moment, j'ai causé avec un jeune type sympa et ouvert auquel j'ai montré mes vidéos. J'ai fini par m'apercevoir quelques temps après qu'il s'agissait du maire de la ville.

Il ne restait plus qu'à faire une petite collation au champagne chez Erick avant de reprendre la route.


Tiens, ce genre de journée, ça me rendrait presque gentil...

Merci à L'ASLH (entre autres Coyote et Patcap) pour cette folie, aux bénévoles pour leur chaleur, à Erick pour l'accueil et au Mustang pour avoir déniché cette course. La Normandie était ensoleillée ce dimanche d'avril.




mardi 24 avril 2012

Aventures en Fosse-chasse

Hélène-Marie Larbaigt

Un coup de cœur du Lutin

 

 Document : Département de l'Eure

"J'avais une grand-mère institutrice très cultivée ; elle me prenait sur ses genoux et je lui racontais mes rêves qu'elle dessinait. Elle m'a ensuite inscrite à un cours de dessin dans un petit foyer rural. C'est là que j'ai appris à dessiner."


Samedi, ma Josette m'a entraîné au Passage, la seule librairie d'Alençon pour une séance de dédicace. Etant plus confiture que culture, je ne me suis d'abord que poliment intéressé à la jeune elfe sombre qui signait d'un long et patient dessin les albums qu'on lui apportait. 

Long et patient, voilà une antithèse du Lutin d'Ecouves qui passe son temps à galoper en déblatérant. Et pourtant, après un temps d'adaptation, j'ai commencé à m'intéresser à l’œuvre de la demoiselle (Zygoptera gothica splendens) et je me suis retrouvé plongé en Fosse-chasse, plus exactement en pays de Broe.


Lui, c'est Alice Osmont (oui, un garçon comme Alice Cooper), un adolescent qui a eu la mauvaise idée de mourir alors que sa vie commençait à peine. Le voici passé en Fosse-chasse, le monde au-delà du miroir de nos vies, plus précisément, en pays de Broe (brouillard blanc en normand).

Alice est maintenant un goubelin (lutin normand) qui va découvrir un monde issu à la fois de ce qui persiste des légendes nordiques en Normandie et de l'étonnante culture de Hélène-Marie Larbaigt qui, malgré son jeune âge (née en 1984), est bluffante par sa maîtrise de la langue, ses connaissances en étymologie et en histoire, le tout étant nimbé de la brumeuse chatoyance d'un humour moiré à l'instar de ses dessins.


Inspirée  par des peintres comme Jérôme Bosch ou le Caravage mais aussi par les univers de Lewis Caroll et Tim Burton, Hélène-Marie fait évoluer son jeune goubelin dans un monde peuplé d'une foule de créatures baroques : Métamorfées, Gargouilles, Harbuhans, Trolls, Feux-Follets, Vampires, globilles et j'en passe...


Le premier livre de Hélène-Marie Larbaigt nommé "L'extraordinaire après-vie d'Alice Osmont ou les aventures d'un goubelin en pays de Broe", n'est pas à proprement parler une bande dessinée ni un roman graphique. C'est plutôt une encyclopédie du pays d'à côté de nous à l'usage des récents défunts.


Je tire  mon chapeau à l'éditeur normand Charles Corlet qui s'est engagé financièrement pour éditer avec un soin extrême (le livre est d'une grande qualité) la première œuvre d'une quasi-inconnue. Quant au prix de 16 €, il paraît ridicule quand on a les 80 pages superbement illustrées entre les mains.
 
Les illustrations de ce billet sont publiées avec l'autorisation orale de l'auteur.

Après un deuxième aller-retour, me voici à nouveau dans la librairie où mon épouse attend patiemment depuis deux heures trente ; la jeune femme termine son dessin au pinceau et demande à quel nom elle doit le dédicacer. Ma Josette qui lui fait face se tourne vers moi : "Tu veux qu'on mette Thierry ou le Lutin d'Ecouves ?"

Je ne m'attendais pas à cela, un cadeau pour moi ? L'ai-je vraiment mérité, moi qui n'ai passé en tout qu'un quart d’heure sur place ? Je me sens un peu confus.

La jeune femme termine son ouvrage et me tend le livre. Sur la page est dessiné un lutin instituteur qui court, son cartable à la main. Je ne sais comment la remercier...

Un doux sourire brumeux danse sur ses lèvres, elle a l'âge et la beauté de ma fille. Je suis ému.