lundi 10 août 2020

Cent mètres carrés : Mes hémiptères (II)

 Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.

 

Hémiptères (2ème partie)

 Rhyparochromus vulgaris
 

La punaise commune est une espèce éclectique qui se nourrit de graines d'un tas de plantes diverses. Elle affectionne le bois pour hiverner et peut ainsi se retrouver dans le bois de chauffage mais, rassurez-vous, elle ne fera pas de dégâts chez vous. La femelle pond ses œufs sur le sol dans des débris végétaux, les larves qui en sortent se débrouilleront toutes seules.

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Pyrrhocoris apterus


Le pyrrhocorre est plus connu sous le nom de gendarme. C'est une punaise
totalement inoffensive et pour une fois inodore. Même si sa présence en grand nombre peut inquiéter, ce n'est nullement un ravageur, il se contente de piquer certaines plantes comme le tilleul ou la rose trémière pour en sucer le suc, ne laissant pas de traces de dégâts. Il est même utile au jardin en le débarrassant d'un tas de débris en se nourrissant de cadavres d'insectes morts dont il accélère la décomposition en en pompant l'intérieur. Le gendarme n'est pas timide et il montre sa belle livrée rouge et noire à qui le veut, indiquant par là qu'il est immangeable. L'accouplement en opposition des gendarmes peut durer jusqu'à 24 heures et il n'est pas rare de voir les gendarmes circuler en couple, l'un tractant l'autre.


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Corizus hyoscyami

La punaise de la jusquiame ne ressemble au gendarme que pour les personnes distraites, ses taches ont des formes différentes et il suffit de la prendre dans sa main et de la malmener pour percevoir une autre différence : elle peut sentir très mauvais ! Elle se nourrit sur les ombellifères et les astéracées, faisant peu de dégâts.


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Deraeocoris ruber
 
Cette punaise aux couleurs variables (plus ou moins rouge ou plus ou moins sombre) est un prédateur se nourrissant de pucerons, d'acariens ou de chenilles ; le jardiner appréciera.  Les œufs sont pondus au sol où ils hivernent, les larves émergeant au printemps suivant.

Larve de d
eraeocoris ruber


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Lygus pratensis

Punaise des plantes ou punaise des prés, cet insecte peut présenter une livrée allant du rouge au brun mais aussi parfois très claire comme ici. Dans tous les cas, on observera un joli cœur sur son scutellum. Cette punaise s’attaque en particulier aux cultures de concombres, d’aubergines, de tomates, de poivrons et de fraises. Sa piqûre provoque une nécrose des tissus des plantes car sa salive est toxique. Le jardinier tolèrera donc ce petit animal qui offre son cœur à partir du moment où il reste en petit nombre...

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Cercopis vulnerata

Le cercope sanguin fait partie des cicadomorphes, autre branche des hémiptères. Il se nourrit aussi en piquant les feuilles et si on le dérange, il s'échappe d'un bond qui peut atteindre un mètre grâce à une détente de deux de ses pattes qui se produit en moins d'une milliseconde. C'est comme si je pouvais sauter 170 mètres en longueur ! L'animal a été pas mal étudié et l'on sait aussi que, comme la cigale, le mâle communique par cymbalisation en déformant rapidement une membrane à l'aide d'un muscle, faisant vibrer les tiges et feuilles à une fréquence de 40 à 300 Hz, ce qui est susceptible d’attirer les femelles. Tout cela reste fort discret et inaudible à l'oreille humaine. Une fois la dame sur place, les deux cercopes se positionnent l'un à côté de l'autre, mettant les pointes de leurs abdomens en contact, les corps formant un angle de 45°, c'est chaud ! Les œufs sont pondus à terre et les larves s'y développent dans des anfractuosités, se nourrissant en piquant les racines. (Références : Zoom-nature.fr)
 
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Aphrophora alni

La cicadelle écumeuse est appelée ainsi car ses larves, pour se protéger, émettent une sorte de crachat spumeux autour de leur corps pour se cacher des prédateurs et de la chaleur. On appelle cela des "crachats de coucou" communs aux cicadomorphes.

Crachat de coucou

 Bien que cette cicadelle soit aussi appelée cercope de l'aulne, cette espèce vit  sur de nombreuses espèces d'arbres, arbustes et buissons dont elle suce la sève des feuilles ou des tiges.

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Cicadella viridis
 
Très courante dans les prairies humides, la cicadelle verte est un bon sauteur (c'est de famille) et elle sait aussi correctement voler.  Le mâle est plutôt bleu ou brun. Comme toutes les cicadelles, elle se nourrit grâce à son rostre en suçant les végétaux.




















jeudi 16 juillet 2020

Cent mètres carrés : Mes hémiptères (I)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.


Hémiptères (1ère partie)


Les hémiptères sont un ordre d'insectes comportant essentiellement les punaises, cigales, cicadelles et pucerons. Au niveau cigales, le réchauffement climatique n'a pas encore permis l'arrivée de ces scies entomologiques dans mon département normand de l'Orne malgré l'existence de la cigale de l'orne (cicada ornis) qui doit en fait son nom au frêne à fleurs (fraxinus ornus). Les hémiptères sont des insectes à métamorphose incomplète, les juvéniles (larves) ressemblent (plus ou moins) aux adultes et il n'y a pas de phase immobile dans leur croissance comme pour les insectes à métamorphose complète comme le papillon, sa chenille et sa chrysalide.

 Acanthosoma haemorrhoidale

Oh punaise ! Je ne pensais pas a priori que ces insectes offraient une telle variété de formes et de couleurs. Commençons par la punaise ensanglantée dont les dessins sont assez variables. Les adultes se nourrissent de fruits alors que les larves se nourrissent de feuilles d'aubépine, chêne, peuplier, noisetier... Comme toutes les punaises, elle émet une substance nauséabonde si on l'importune et comme toutes les punaises, elle possède un long rostre replié sous la tête et le thorax qu'elle déploie pour se nourrir car c'est un insecte suceur.

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Coreus marginatus

La corée marginée est très courante et facile à identifier, elle se nourrit sur l'oseille ou le groseillier mais ce qu'elle préfère chez moi, c'est la rhubarbe, véritable immeuble à punaises. Les larves sont très semblables aux adultes et grandissent lors de cinq stades larvaires.

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Rhaphigaster nebulosa

La punaise nébuleuse n'est pas trop difficile et se nourrit sur divers arbustes comme ses larves. Elle peut hiverner dans votre maison, si c'est le cas, ne la capturez pas avec les doigts et ne l'écrasez pas car elle peut sentir vraiment mauvais. De toute façon, elle sortira de chez vous dès le printemps.

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Holcostethus vernalis

Cette punaise est très courante, elle a comme autre nom Peribalus vernalis. Elle se nourrit sur une vingtaine de plantes différentes.

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Dolycoris baccarum

Encore une punaise éclectique dans son alimentation, toutefois, la punaise des baies a une préférence pour les fruits qu'elle pique avec son rostre suceur (comme toutes les punaises), laissant un goût désagréable à ce qui reste. 

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Graphosoma italicum
La punaise arlequin, très commune sur les apiacées (ombellifères) recherche le soleil et la chaleur, il n'est pas rare de la voir en grand nombre sur le bord des chemins. Sa livrée d'arlequin peu discrète est un avertissement pour les éventuels prédateurs signifiant : "Je suis vraiment mauvaise à manger". Comme les autres punaises de sa famille, elle possède un long rostre piqueur replié sous sa tête mais rassurez-vous, elle ne s'en servira pas pour vous agresser mais seulement pour se nourrir de sève. Les larves n'ont pas la même couleur que les adultes, elles sont brunes et plus arrondies.

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Eurydema ornata

La punaise rouge du chou peut en fait être rouge, orange ou jaune et même parfois blanche. Elle se reconnaît en fait grâce à ses dessins. Elle vit et se nourrit sur l'immense famille des brassicacées qui comporte le chou mais aussi la moutarde, le colza, le rutabaga, le radis, la giroflée, le navet, la roquette, la cardamine, le chou marin etc...

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Eurydema oleracea

La punaise potagère est aussi appelée punaise verte du chou car les taches qui vous semblent noires sont en fait vert très foncé. Les autres taches sont rouges jaunes ou blanches. Elle aussi se nourrit de brassicacées mais comme certaines autres punaises, en cas de manque, elle peut consommer d'autres insectes qu'elle empale avec son rostre avant d'en sucer l'intérieur.

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Palomena prasina
(larves stades 4 et 5)


La punaise verte (qui devient rousse en fin d'année pour des raisons de camouflage) est très courante dans les jardins ou bois. Elle apprécie particulièrement les pommiers et poiriers mais aussi tout un tas d'herbacées. Ses larves sont aussi polyphages et les œufs facilement reconnaissables à leur couleur vert fluo sont pondus là où elles peuvent se nourrir... sauf grosse méprise comme j'ai pu le constater sur le mur extérieur de ma cuisine :

Oups !

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Nezara viridula

J'ai longtemps pensé que j'avais affaire à la punaise verte (Palomena prasina) jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'elle possédait sur le scutellum trois petits points blancs encadrés de deux petits points noirs. Pas de doute, il s'agit de la punaise verte ponctuée qui provient d'Ethiopie et qui est commune en Europe du sud. Sa présence en Normandie n'est pas un hasard vu l'accroissement régulier des températures moyennes. Elle est très polyphage et s'attaque à une trentaine d'espèces de plantes.Comme on peut le voir ci-dessous, ses larves ne ressemblent pas à celles de l'autre punaise verte :


Nezara Virudula
(larves stades 3 et 5)





jeudi 18 juin 2020

Fend la Bise

Vous avez passé les soixante ans et il vous tombe un bout d'histoire personnelle comme ça, sans prévenir, une photo que je n'avais jamais vue auparavant ressortie d'une boîte à chaussures et que l'on m'a donnée il y a peu. "Tiens, toi qui fais de la course à pied..."


Les chaussures d'athlétisme, outil sophistiqué pour l'époque, font contraste avec la piste pour le moins rustique mais néanmoins entretenue. La campagne autour semble banale alors que, tout au contraire, elle est fortement exotique pour nous car située non loin de Hanoï l'actuelle capitale du Vietnam. On est entre 1951 et 1953.

La guerre, ce n'est pas comme dans les films, c'est beaucoup d'attente pour peu d'action et ces jeunes trentenaires s'occupent comme ils peuvent. Si le blond de gauche est taillé comme un athlète confirmé, le brun de droite a une attitude et une ligne moins conventionnelles. La disette et le travail obligatoire en Allemagne ne dataient que de quelques années et avaient certainement laissé des traces. Néanmoins, dans ce camp d'entraînement de l'Armée Française, il avait hérité du pseudonyme de "Fend la Bise" grâce à sa capacité de tenir son rang en sprint auprès de ses camarades. On aurait aussi pu l'appeler "Trompe la Mort" car c'est dans cette région que lors d'un de ses entraînements de course dans la nature il sauta sur une mine anti-char dont le souffle l'avait projeté la tête la première dans une mare dont il sortit indemne. Il faut dire que le Viêt-Minh fabriquait ses mines à l'efficacité aléatoire avec ce qu'il trouvait en démontant parfois des bombes et obus non-explosés.

Paul était peut-être déjà contaminé par le virus de l'hépatite "non-A - non B" contractée outre-mer et qui devait l'emporter en 1970. Il était en pleine forme et pensait souvent à son épouse et à sa petite fille de deux semaines qu'il avait laissée en Normandie et qu'il ne reverra qu'à l'âge de deux ans. Moi, je ne devais arriver que trois ans après juste pour son départ en Algérie.

Parmi les étoffes déchirées de la mémoire maternelle, il m'a fallu recueillir ces bribes décrivant quelqu'un que je n'ai pas connu en tant qu'athlète mais seulement en tant que père hyper-sensible sanglé dans le carcan de son éducation comme il l'était dans son uniforme. Le hasard ou la génétique a fait de moi un coureur de fond sans que je ne connaisse jusqu'ici cette histoire de "Fend la Bise".

Il est des occasions ratées dans la vie et on ne sait pas pourquoi. Paul ne m'a jamais parlé de ses aptitudes à la course, trop occupé par ses responsabilités d'officier puis par la maladie qui le rongea dès le milieu de la quarantaine. Peut-être aussi que cet homme né en 1922 ne savait pas que les pères étaient aussi autorisés à s'occuper de leurs jeunes enfants. Question de génération. Ne soyons pas trop prompts à déboulonner nos statues à la lumière de notre  contemporanéité. Je suis devenu trop vieux pour juger et c'est bien ainsi.

mercredi 10 juin 2020

Cent mètres carrés : Mes diptères (III)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.


Diptères (3ème partie)


 Sarcophaga carnaria

De la famille des sarcophagidés (qui mangent de la viande), cette grande mouche appelée mouche à damier ou mouche grise de la viande est aussi une commensale de l'homme dont elle apprécie la nourriture carnée, viande ou poisson qu'elle gâte systématiquement en y déposant bactéries, virus pathogènes et champignons qu'elle importe des cadavres ou excréments visités à l'extérieur. C'est dans ces cadavres et ces excréments qu'elle dépose aussi ses œufs et, si le besoin s'en fait sentir, les larves peuvent être déposées directement car cette mouche peut aussi être ovovivipare. Son goût pour les cadavres en fait une précieuse auxiliaire de la médecine légale.

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Anthomyia procellaris

Nouvelle famille : les anthomyies.  Celle-ci est de petite taille (7 mm environ) et se nourrit de nectar, pollen et excréments. Elle fréquente les nids d'oiseaux dont ses larves apprécient les déjections.

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Sicus ferrugineus

De la famille des conopidés, le sicus ferrugineux n'a pas gagné le concours de beauté des mouches mais il compense par une certaine habileté en ce qui concerne la reproduction : la femelle fécondée, prenant son air chafouin (voir photo), attend de repérer de son œil torve un bon gros bourdon qui butine et elle va lui balancer un œuf pourvu de petits crochets dans les poils de l'abdomen où il s'arrime solidement avant d'éclore un peu plus tard. Les deux premiers stades de développement de la larve se contentent de pomper l'hémolymphe du bourdon (l'équivalent de son sang), le stade suivant se met à consommer la viande de l'hôte qui finit par en mourir. La métamorphose se terminera dans le cadavre du bourdon : la larve se transforme en pupe (la chrysalide de la mouche) et elle hiverne ainsi pour émerger à la saison suivante.

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 Chloromyia formosa

 De la famille des stratiomyidés, la chloromye agréable a un thorax vert métallique. Le spécimen présenté est un mâle à l'abdomen doré alors que la femelle possède un large abdomen bleuté. les adultes sont des butineurs et les larves se nourrissent de végétaux en décomposition et ainsi être fort utiles pour la transformation du compost.

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Oplodontha viridula


Autre stratiomyidé, cette petite mouche se rencontre plutôt dans les milieux humides car ses larves se développent dans l'eau. Son abdomen peut être de couleur très variable : jaune, vert, blanc ou orange.

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Thaumatomyia notata


Le chlorops grégaire (de la famille des chloropidés) est une toute petite mouche de 2 à 3 mm de long qui se nourrit de nectar et de liquides sucrés. Ses larves (3 à 4 générations par saison) vivent dans les racines de graminées et se nourrissent de pucerons d'où leur utilité dans les jardins.

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Bombylius major

Tout le monde connaît le grand bombyle mais certains le confondent avec un bourdon alors que c'est bien un diptère brachycère et donc une mouche tout à fait inoffensive. C'est un grand spécialiste du vol stationnaire et il butine les fleurs à l'aide de sa trompe d'une manière très semblable à celle du sphinx colibri qui est par contre un lépidoptère (papillon). La femelle pond ses œufs à l'entrée des nids de certaines abeilles ou même de certains papillons, ses larves se développent dans les nymphes ou chrysalides des espèces parasitées. Encore plus fort, on en a observé qui parasitaient des mouches tachinaires qui sont elle-mêmes des parasites de chenilles. On parle alors d'hyperparasitisme.

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Tipula oleracea

Chez les diptères, il n'y a pas que les mouches, il y a aussi les nématocères dont font partie ces imbéciles de moustiques mais aussi la placide tipule du potager appelée aussi cousin, faucheux ou même maringouin. Cet insecte pond ses œufs au sol et ses larves en forme de vers se nourrissent de racines. La tipule est attirée par la lumière et certains soirs d'été, on peut voir des invasions dans les vérandas de ces insectes inoffensifs mais parfois envahissants.

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Nephrotoma appendiculata

Le néphrotome de Pierre aisément reconnaissable grâce au dessin de son thorax est une autre espèce de tipule aux mœurs semblables à celles de la tipule du potager, ses larves mangeuses de racines sont donc moyennement appréciées du jardinier.



vendredi 5 juin 2020

Corona Libre !

Vertubleu, ce fut long ! Durant ces 55 jours de confinement, en dehors de mes expéditions à risque dans des grandes surfaces nids à virus où il fallait bien que le mâle chasseur que je suis prît des risques pour assurer la subsistance du couple, ma seule sortie était mon heure de sport de 19h à 20h qui me fit parcourir au total 656,5 km muni de l'autorisation ad hoc (L’État rembourse-t-il les cartouches d'imprimante ?).

J'avais par civisme (ça, c'est mon côté maître d'école) suivi les instructions gouvernementales tricotées par les beaux messieurs en leurs bureaux du Mordor, contrée (c'est bien connu) où l'on ne trouve ni forêt digne de ce nom, ni plage méritant cette appellation mais, doté d'un sens aigu de la contradiction (ça, c'est mon côté Baby Boomer), je ne suis pas sorti de chez moi le lundi 11 mai, premier jour du déconfinement.

Cela m'a quand même fait drôle de retrouver quelques jours plus tard ma forêt et ses 15 000 hectares que les Gens d'Armes quadrillaient depuis deux mois pour que nul individu ne transmette le coronavirus aux blaireaux certainement cousins de ceux du Mordor sus-cités (on est solidaire chez les mustélidés).


Ecouves était toujours là et toujours aussi vaste. Nous les lutins avions été punis deux mois et ainsi privés de notre milieu naturel et un lutin hors-sol, ça s'étiole du pétiole. Je courus deux heures sans voir personne comme à l'accoutumée. Certains chemins s'étaient refermés à la faveur du glorieux printemps en cours et je rentrai quelque peu zébré à la maison.

Cela dit, nous étions toujours sous surveillance... Le mercredi suivant, alors que je faisais mes séries de 1000 m à vitesse semi-marathon sur la piste de la Plaine des Sports en compagnie de ma copine Katia (chacun dans son couloir), j'ai été interpellé (par mon nom) par un fonctionnaire de la mairie : "Excusez-moi, mais vous courez trop près l'un de l'autre !" Palsambleu, allais-je sortir ma rapière pour transpercer l'impudent paltoquet ou bien allais-je lui répondre courtoisement histoire de préserver les bonnes relations entre mon club et la mairie ? J'ai finalement opté pour la deuxième solution. Comme quoi toutes ces heures à courir seul m'avaient fait progresser au niveau self-control.

Il restait la limite des 100 km. Habitant dans l'Orne, j'ai trouvé normal le mardi d'après de suivre le cours de ce ruisseau éponyme qui prend sa source au nord-est d'Ecouves. Direction Franceville au bord de la Manche à 97 km à vol d'oiseau de chez moi en compagnie de ma chère épouse.


Le ruisseau ornais est devenu un large fleuve, le temps est magnifique, les marais habités par une multitude d'oiseaux et la plage déserte. A son entrée, un panonceau nous invite à nous mouvoir étant donné que nous sommes censés nous trouver sur une plage "dynamique", tout arrêt risquant de contaminer crabes et palourdes...



Au bout d'une petite heure de marche, constatant qu'il n'y avait personne un kilomètre à l’ouest ni âme qui vive un kilomètre à l'est, nous prîmes le risque insensé de nous asseoir pour consommer nos sandwiches au poulet et au curry. Pas d'hélicoptère pour nous chasser ni de drone pour nous filmer... Nous étions des rebelles !


Retrouvant la civilisation à Houlgate en début d'après-midi, nous vîmes que la mairie avait bien fait les choses, fléchant promenade et plage pour que les quelques badauds ne puissent se croiser. On ne sait jamais, après ces mois de confinement, nos cerveaux mal oxygénés n'étaient peut-être plus en mesure de gérer efficacement nos déplacements.

 Photo de ma Josette


Il faisait vraiment trop beau ! Nous décidâmes de rester et il me fallut prendre le risque mortel mais calculé d'affronter les emplettes dans la supérette locale dépourvue de fléchage approprié. Munis de nos quelques provisions, nous nous dirigeâmes ensuite vers Villers sur Mer dont la plage se révéla moins que dynamique :

Photo de ma Josette

En panne de peinture mais détenant un énorme surplus de rubalise, la commune avait interdit la plage et bloqué ses nombreux accès. Au bout d'un kilomètre d'interdictions, nous arrivâmes à Auberville au pied des falaises des Vaches Noires et la prohibition cessa. Pas de marquage, de panonceau, de barrière ou d'injonction.


Estimant que le risque de recevoir un parapentiste contaminé dans la figure était négligeable, nous fîmes notre repas du soir en ce lieu de paix. Enfin vraiment chez nous dans notre belle Normandie, enfin libres !

Picolare perseveramus et merdum ad Mordorem !


vendredi 15 mai 2020

Cent mètres carrés : Mes diptères (II)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.


Diptères (2ème partie)


Après avoir exploré  une fraction de l'immense famille des syrphes, intéressons-nous à des mouches qui ont l'air de mouches : les muscidés, les calliphoridés et les tachinidés.


  Musca domestica

La mouche domestique est l'insecte dont la répartition mondiale est la plus vaste car, si elle vit facilement dehors, elle s'est adaptée à l'habitat humain et participe même à sa décoration en dessinant sur les voilages. C'est un animal opportuniste qui peut se nourrir d'à peu près tout ce qu'il trouve avec une préférence pour les sucres, les cadavres, les déchets alimentaires et les excréments mais la mouche ne mange que liquide et donc régurgite sa salive sur la nourriture pour la dissoudre avant de l’aspirer avec sa trompe. Miam ! Sa larve s'appelle asticot dont l’œuf est pondu dans de la nourriture où elle doit se débrouiller pour grossir et se métamorphoser. Une mouche peut pondre jusqu'à 1000 œufs dans sa vie. La mouche domestique est vecteur d'un tas de maladies car elle-même supporte plus de 100 pathogènes différents. Comme elle vit avec l'homme, elle a dû subir les attaques insecticides de notre espèce et elle s'est donc adaptée à cela en devenant une des espèces les plus résistantes à la chimie tchernobylienne. Tout cela n'en fait pas apparemment un animal très sympathique mais, après tout, les maladies qu'elle colporte ce sont les nôtres et les différentes résistances qu'elle a acquises, c'est à notre contact. La mouche domestique, c'est un peu le rat des insectes et comme lui, elle a co-émigré et co-évolué avec notre espèce.

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 Phaonia subventa

Autre muscidé, Phaonia subventa vit dans les endroits végétalisés et pond ses œufs dans des feuilles ou du bois en décomposition mais aussi dans des charognes. Les yeux rapprochés du spécimen photographié indiquent qu'il s'agit d'un mâle, la femelle les ayant bien séparés. C'est un trait commun à beaucoup de mouches.

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 Hebecnema vespertina

Cette petite mouche (5 à 6 mm) fait aussi partie des muscidés, elle est très répandue en Europe et en Amérique.  On remarquera son élégance de lignes, les soies blanches sous les yeux et ses petits crochets blancs au bout des pattes.

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Lucilia sericata

Nouvelle famille : les calliphoridés, des mouches aux belles couleurs. La lucilie soyeuse, aussi appelée mouche verte est, comme la mouche domestique, une fidèle compagne de l'homme. Sa fidélité va jusqu'à pondre ses œufs dans les cadavres oubliés en pleine nature, ce qui en fait une des espèces utilisées par la médecine légale pour dater les décès. En dehors des cadavres de divers animaux, cette mouche pond dans les plaies ou les excréments. Cette espèce est d'ailleurs utilisée en "larvothérapie" pour nettoyer certaines plaies infectées en nettoyant les tissus nécrosés et en épargnant les tissus sains. La salive liquéfie les tissus nécrosés qui sont aspirés par les larves. Cette salive contient en outre des peptides antimicrobiens efficaces contre les contaminations bactériennes (source Quel est cet animal). Pas si mal pour une mouche à m... !

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Protocalliphora azurea

Ces mouches bleues ne vont pas chercher à s'intéresser à votre nourriture car elles se nourrissent essentiellement sur les fleurs d'apiacées ou de lierre bien que la femelle de celle-ci aime à se restaurer de la transpiration humaine ou des déjections fraîches d'oiseaux. La larve hématophage de cette espèce se développe dans les nids de passereaux dont elle parasite les oisillons.

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Calliphora vicina

La calliphore bleue est une mouche à viande très courante et cosmopolite qui pond ses œufs dans toutes sortes de cadavres y compris le poisson. Ses larves se nourrissent de la chair en décomposition en la liquéfiant avec leur salive. Leur action est déterminante en tant que nettoyeurs de la nature. Elles servent bien sûr aussi à la datation en médecine légale.  Les adultes se nourrissent cependant de nectar, de matières sucrées et de fruits en décomposition. Cette mouche joue un rôle important dans la pollinisation de l'arum italicum et la dispersion des spores du phallus impudicus, cette plante et ce champignon dégageant une odeur de décomposition propre à attirer la femelle de cette calliphore.

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Tachina fera


Les tachinaires (ou tachinidés) sont une famille de mouches généralement appréciée des jardiniers car leurs larves sont parasites d'autres insectes, particulièrement de chenilles qui ont souvent la mauvaise idée de se nourrir des produits du potager. La tachinaire hérissonne se nourrit de nectar mais ses larves parasitent les chenilles de papillons de nuit qu'elles pénètrent pour les dévorer de l'intérieur avant de procéder à leur métamorphose.

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Eriothrix rufomaculata


Cousine tout aussi hérissée, cette tachinaire rouge à pattes noires a des mœurs identiques à celles de sa cousine jaune, parasitant aussi des chenilles de papillons de nuit.

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Sturmia bella

Cette belle tachinaire gris-bleu a une autre stratégie  : elle pond ses œufs sur les orties dont se nourrissent les chenilles de la petite tortue (aglais urticae), un papillon de jour très courant. Trop occupées à boulotter, les chenilles ne s'aperçoivent pas qu'elles avalent des œufs qu'elles ne digèrent pas, leur système digestif n'étant adapté qu'aux orties. Les chenilles continuent leur croissance jusqu'à leur dernière mue mais pendant la formation de la chrysalide, elles se font dévorer de l'intérieur par les larves qui s'échappent enfin du cadavre pour finir leur métamorphose au sol (Source Filming VarWild).


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Phasia barbifrons

Cette toute petite tachinaire fort élégante n'a pas suffisamment été étudiée pour qu'on connaisse son espèce hôte. On sait juste qu'elle présente les caractéristiques de sa famille de mouches parasites.

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Phania funesta

Inutile d'aller chercher bien loin pour comprendre son nom... Phania funesta est une  petite tachinaire endoparasite des punaises.

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Ectophasia crassipennis


La phasie crassipenne a des petits airs de syrphe mais c'est bien une tachinaire qui parasite aussi les larves des punaises de diverses espèces comme la punaise arlequin ou la punaise des baies. Les adultes comme on le voit sur la photo sont des butineurs qui apprécient particulièrement les apiacées (ombellifères).


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Cylindromyia bicolor

Eloignez les enfants... Cylindromyia bicolor est très facile à identifier grâce à sa forme cylindrique, sa couleur, sa tache noire sur le dessus de l'abdomen, ses gros cuillerons blancs qui protègent ses balanciers et bien sûr ses belles épines de tachinaire. Elle aussi parasite une punaise, plus précisément la punaise nébuleuse présente dans mon jardin.