mardi 18 février 2020

Cent mètres carrés : Mes lépidoptères (II)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.


Lépidoptères (2ème partie)

Après avoir passé en revue mes papillons de jour, j'aborde maintenant les sésies, phalènes, les papillons nocturnes ou crépusculaires, et même les papillons qui devraient être nocturnes mais qui n'étaient pas au courant... Je n'en ai trouvé qu'un petit nombre vu que je ne fais pas de photos la nuit. Pourtant, ces papillons représentent huit à dix fois plus d'espèces que les papillons de jour et sont parfois d'une grande beauté comme ce grand paon de nuit large comme une main que j'ai déjà croisé dans mon jardin une nuit d'été ou le magnifique sphinx de la vigne, énorme papillon jaune et rose.

 Macroglossum stellatarum

Le sphinx colibri est un phénomène difficile à photographier car c'est un butineur fou qui change de place toutes les deux à trois secondes. Ce papillon peu voler à 50 km/h et aspirer son poids en eau sucrée en moins de 20 min, ce qui l'oblige à uriner tout en butinant pour ne pas s'alourdir. Tout cela pour alimenter son moteur de dingue qui lui permet de faire tourner ses ailes de 65 à 75 tours/seconde. C'est un migrateur originaire d'Afrique du Nord mais depuis un certain temps, des individus sédentaires s'observent chez nous, faisant souche sur place grâce au réchauffement climatique.

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Synanthedon formicaeformis


Les sésies sont des papillons dont les ailes manquent d'écailles et dont les membranes centrales sont ainsi translucides. La sésie fourmi pond ses oeufs sur les saules dont les feuilles servent de nourriture à ses chenilles.


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Synanthedon tipuliformis

La chenille de la sésie du groseillier s'attaque à la moelle des branches de groseillier et de cassissier, provoquant le dépérissement des arbustes (le cassissier y résiste mieux mais on ne sait pourquoi). Comme un certain nombre d'autres sésies, ce papillon imite plus ou moins les vespidés (guêpes) pour échapper à certains prédateurs. 

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Adela reaumurella

L'adèle verdoyante vit à proximité des arbres et sa chenille se nourrit dans la litière où elle s'abrite en formant un manteau de débris de feuilles autour de son corps. Les mâles comme présenté ici ont des antennes quatre à cinq fois plus longues que le corps. Ils volent en essaim à la saison (entre avril et juin selon la région) puis se reproduisent avec les femelles aux antennes bien plus discrètes. L'activité de l'adèle ne dure qu'environ deux semaines et il n'y a qu'une génération par saison. 

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Cydalima perspectalis

Ce joli papillon n'est autre que la terrible pyrale du buis dont j'ai vu les terribles dégâts lors d'une rando sur le causse du Larzac en septembre dernier : pas un buis n'avait survécu et mon passage à proximité des arbustes soulevait des nuages de pyrales. La petite chenille de ce papillon prolifique est d'une voracité sans nom et détruit littéralement le milieu dans lequel elle vit obligeant l'espèce à se déplacer ou bien périr. La pyrale, insecte asiatique, est arrivée en France en 2008 en passant par l'Allemagne et elle a maintenant envahi tout le pays. En ce qui concerne mes buis, il a fallu peigner les arbustes pour prélever les chenilles à la main et leur offrir un bain bien chaud. Et il faut recommencer jusqu'en novembre car l'animal ne cesse de se reproduire (3 générations minimum et 200 à 300 œufs par femelle) et hiverne à l'état de chenille ou de chrysalide. Seul le froid arrête son activité, le réchauffement global actuel lui ouvre donc d'intéressantes perspectives. En Europe, cet insecte n'a pas de prédateur déclaré mais en Chine, le frelon asiatique se nourrit de ses chenilles. Manque de bol, ici on fait la chasse à ce frelon pourtant plutôt pacifique. Caramba, encore raté !

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Chiasmia clathrata

Le géomètre à barreaux est une phalène diurne courante dans toute la France, sa chenille se nourrit sur les légumineuses, les genêts, le trèfle.

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 Triodia sylvina

Ah, voici un vrai papillon de nuit égaré de jour dans mon jardin. La chenille de la sylvine vit deux ans dans le sol en se nourrissant de racines de plantain, de pissenlit, de carotte, fougère... encore quelqu'un de pas difficile.

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 Emmelina monodactyla

Mais si, le ptérophore du liseron est un papillon très courant et très discret surtout dans cette position. Bon, s'il ouvre ses ailes, ce n'est pas à son avantage avec son air un peu mité...  Vu son nom, on se doute de ce que mange sa chenille ; les jardiniers trouveront donc ce petit papillon fort sympathique.



mercredi 5 février 2020

Cent mètres carrés : Mes lépidoptères (I)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.


Lépidoptères (1ère partie)

S'il est un ordre d'insectes qui a bonne presse, c'est bien celui des lépidoptères, autrement dit les papillons. Ils sont jolis, ne bourdonnent pas et évitent de se promener sur vos aliments ou sur votre très vieille grande-tante. Le papillon est Disney-compatible, contrairement à nombre de petites bêtes qu'on écrase sans réfléchir juste parce qu'on les trouve moches ou gênantes. Et pourtant... et pourtant le nombre de papillons a été divisé par deux ces vingt dernières années et, si je me réfère aux souvenirs de prés couverts de papillons de mon enfance, ce serait bien une division par dix ces cinquante dernières années. Eh oui, malheureusement pour eux, ces si gracieux insectes ont des formes larvaires appelées chenilles et celles-ci ont parfois un comportement vorace qui déplaît à l'homme qui s'empresse de balancer des nuages de produits tchernobylisants autant que minamatesques dans la campagne et même dans certains jardins. Ce n'est pas le cas chez moi où j'ai recensé quelques espèces.

Polygonia C-album

Le Robert-le-diable est facilement reconnaissable à ses ailes découpées. Il ne faut pas trop se fier à sa couleur qui va du jaune au rouge en passant par l'orange mais il y a un truc qui permet de l'identifier à tous les coups : le revers de chaque aile comporte un petit "C" blanc dessiné d'où son nom latin (C-album = C blanc). Sa chenille peut se nourrir sur votre noisetier ou votre groseillier et est couverte de blanc, ce qui la fait ressembler à une fiente d'oiseau, la protégeant des volatiles qui répugnent à manger leur caca !

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 Aglais urticae

La petite tortue est un des papillons les plus courants, on le trouve un peu partout des plaines aux montagnes à condition que la nourriture de sa chenille s'y trouve, ce qui n'est pas rare vu que c'est l'ortie (urticae). Comme la précédente espèce, c'est un papillon hivernant : la dernière génération (2ème ou 3ème selon l'endroit) passant la saison froide à l'état imagal dans des granges ou autres bâtiments d'où il ressort très tôt, parfois en mars avant la fin de l'hiver.

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 Vanessa atalanta

Très courant, le vulcain est aussi un papillon de l'ortie mais c'est en plus un grand voyageur qui passe l'hiver dans la zone méditerranéenne pour remonter dans le nord au printemps. L'adulte (imago) ne se nourrit pas d'orties comme le font ses chenilles mais il butine ou alors il va sucer le jus de fruits mûrs ou même pourris. La chenille, ne possédant pas de système de défense s'enroule dans les feuilles d'ortie pour se protéger des prédateurs et manger tout à son aise.


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Maniola jurtina

Le myrtil est un papillon ubiquiste, en gros, cela veut dire qu'on le trouve quasiment partout... Il est effectivement très courant car sa chenille se nourrit de poacées, c'est à dire les graminées qui sont les plantes les plus répandues. C'est plutôt un papillon d'été qui hiverne sous forme larvaire. Les mâles (dessus des ailes marron) éclosent les premiers et s'accouplent avec les femelles (dessus des ailes marron et jaune) dès qu'elles pointent le bout de leur trompe. Les premiers mâles ont maintenant tendance à éclore fin mai avec deux semaines d'avance sur leurs habitudes d'il y a trente ans, preuve s'il en est d'un réchauffement global progressif (source : Bourgogne Franche-Comté Nature).

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 Pararge aegeria

Le tircis est encore plus courant que ses camarades cités ci-dessus et c'est aussi dû au fait que ses plantes hôtes sont partout comme les poacées y compris le chiendent. Très courant en lisière de forêt, il s'observe aussi dans les jardins et les parcs d'avril à octobre (trois générations). Le mâle a un comportement territorial et monte la garde sur son petit domaine alors que la femelle passe son temps à... papillonner. Les mâles défendent âprement leur zone, n'hésitant pas à se battre pour chasser les importuns. Une étude de l'Université de Lyon a permis de prouver que plus le territoire d'un mâle est grand et éclairé, plus il avait de chances de s'accoupler car cela lui permettait de mieux repérer ces dames.

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Aglais io

Le paon du jour est aussi beau que répandu, sa chenille vit elle aussi sur les orties et l'adulte butine toutes les fleurs qu'il rencontre. Les ocelles de ses ailes sont censés effrayer les éventuels prédateurs et, si cela ne suffit pas, il replie ses ailes, montrant des couleurs brunes qui se fondent facilement dans le décor. C'est un papillon trogloxène qui n'hésite pas à se reposer ou hiverner dans des cavités naturelles ou artificielles (grottes, cavernes, mines, tunnels...).

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Pieris brassicae

La piéride du chou est ce papillon blanc à revers jaunâtres dont la chenille se nourrit de chou (quelle surprise !) mais aussi de capucine. L'espèce n'est pas menacée et résiste plutôt bien à la pollution générée par l'homme. Heureusement pour les amateurs de chou, la population de piérides est régulée par plusieurs petits parasites hyménoptères ou diptères qui pondent leurs œufs dans les chenilles qui sont ensuite dévorées par les larves. Ces parasites maintiennent ainsi un équilibre naturel qui empêche l'espèce de trop se développer. Et en plus, ça ne pollue pas !

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Iphiclides podalirius

Le flambé est un grand et magnifique papillon. Malheureusement, le seul  spécimen que j'aie pu photographier dans mon jardin avait beaucoup vécu et l'on observe mal ses deux longues queues et son bel ocelle coloré. Je ne vais pas me plaindre car ce papillon est thermophile et est assez rare dans le nord. Pour tout dire, celui-ci est le premier que je vois dans ma région. Par contre, j'en ai observé pas mal dans les Alpes où ils font du "hill toping", pratique consistant à se regrouper en masse au sommet de collines pour pratiquer la sexualité de groupe avant de redescendre pour vaquer à d'autres occupations. Sa chenille se nourrit généralement sur des arbres fruitiers.








lundi 13 janvier 2020

Cent mètres carrés : Mes coléoptères (III)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.



Coléoptères (3ème partie)

Melolontha melolontha

Voici le seul hanneton commun que j'ai pu photographier en dix ans dans mon jardin. Dans mon enfance, cet insecte était bien connu des enfants qui jouaient volontiers avec ces animaux qui, après avoir passé trois années à grignoter les petites racines (radicelles) dans le sol, sortaient par milliers au printemps et quand je dis par milliers, il faudrait dire par millions ou même par milliards si l'on en croit "L'Année Scientifique et Industrielle de 1888" relatant le "Hannetonnage" des enfants des écoles chez mes voisins mayennais d'Ernée (texte édifiant à voir sur Insectes.net). Le DDT puis d'autres peu sympathiques produits tchernobyliens ont ensuite remplacé les petites mains pour faire presque disparaître cet insecte qui avait le tort d'être incroyablement prolifique, entraînant par là-même dans l'abîme tout un tas d'autres espèces d'insectes ainsi que les oiseaux qui s'en nourrissaient. Même si l'on ne peut ignorer les dégâts des hannetons (avec 50 larves au mètre carré, plus grand chose ne pousse), traiter ainsi les sols revient à vouloir régler le problème de la petite délinquance en employant des bombes au napalm. Donc, si vous trouvez des larves de hanneton en bêchant votre jardin, prélevez-les à la main et mettez-les chez votre voisin qui, de toute façon, a un jardin plus moche que le vôtre. Ou alors, exposez les larves à l'air libre dans un récipient où les oiseaux viendront se servir.
Attention, si vous trouvez des vers blancs dans votre compost, ce sont des larves de cétoines qui sont utiles à ce même compost.

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 Trichius fasciatus

Autre scarabéidé, la trichie fasciée (Bee beetle en anglais) ne pose par contre aucun problème pour le jardinier car sa larve se développe dans le bois en décomposition quant aux adultes, ce sont des butineurs (un peu brouteurs quand même...) participant comme les abeilles à la pollinisation des fleurs. 


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Lucanus cervus

Le lucane cerf-volant est le plus grand insecte européen, du moins le mâle (souvent 8 cm) car la femelle est nettement plus petite et ne comporte pas ces imposantes mandibules qui pourtant ne causeront pas de dégâts à vos mains si vous vous saisissez du mâle alors que celles de la femelle, plus modestes mais bien acérées, peuvent pincer jusqu'au sang. En fait, les grands attributs du mâle lui servent à la castagne car ces messieurs se battent comme des chiffonniers pour la possession des femelles. La plupart du temps, ces bagarres se soldent surtout par des rayures sur la carrosserie et peu de blessures à part d'amour-propre en ce qui concerne les vaincus.


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 Clytus arietis

Passons aux Cérambycidés, ces insectes longicornes. Le clyte bélier a un petit air de guêpe mal imitée mais il est totalement inoffensif. Les larves se développent dans du bois mort  et les adultes se nourrissent de nectar et de pollen. 


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Agapanthia cardui

Chez l'agapanthie du chardon, c'est le mâle qui est nettement plus petit que la femelle (ce qui est très fréquent chez les insectes sauf chez le lucane). La femelle de ce longicorne pond dans les tiges des chardons où les larves se développent. L'espèce apprécie aussi les marguerites et les mélilots.

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 Brachyleptura fulva

Le lepture fauve se rencontre plutôt dans les bois où se développent ses larves mais les adultes lors de leur courte vie (deux à trois semaines) voyagent assez pour arriver chez moi où ils se nourrissent de nectar et de pollen. 

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 Stictoleptura rubra

Autre longicorne très proche du précédent, le lepture rouge pond ses œufs dans du bois mort de conifères. Le pronotum (plaque au-dessus du thorax) du mâle est noir et celui de la femelle est rouge. On a donc droit à une dame sur la photo.

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Oedemera podagrariae

L'œdémère ochracé (famille des oedeméridés) se trouve souvent sur les ombellifères mais il ne dédaigne pas mes chardons bleus. Comme pour les cérambycidés, les adultes se nourrissent sur les fleurs et les larves dans le bois mort. Imaginez l'état d'encombrement des forêts si toutes ces espèces d'insectes aidant à la décomposition du bois n'existaient pas !

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Rhagonycha fulva

Malgré la ressemblance avec les oedeméridés, le téléphore fauve fait partie d'une autre famille, celle des cantharides. Le téléphore fauve se nourrit de petits insectes et de pollen (il participe donc à sa dispersion et à la pollinisation comme de très nombreux insectes) sa larve vit au sol et se nourrit aussi de petits insectes et de jeunes escargots. Le jardinier y voit là une certaine utilité !

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Lagria hirta

Les ténébrions sont une vaste famille de coléoptères dont le plus connu est le ténébrion meunier dont la larve est le ver de farine. La larve de la lagrie hérissée se contente de consommer des végétaux en décomposition, surtout les feuilles mortes. Les adultes se nourrissent essentiellement de pollen et de nectar. 

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 Otiorhynchus armadillo

Terminons par les curculionidés ou charançons dont il existe 1500 espèces en France. Ce sont des polyphages peu aimés des jardiniers mais ils sont si mignons que je me garderai bien de leur faire du mal. Celui-ci ne semble pas avoir de nom vernaculaire.

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Lixus angustatus

Le charançon de la mauve se nourrit sur cette belle plante qui ne pousse pas dans mon jardin. Je suppose que ce spécimen (c'est une femelle, ça se voit à sont rostre noir) était de passage.




mardi 31 décembre 2019

Bilan annuel

Une fois n'est pas coutume, après 25 ans de course à pied, je m'amuse pour cette année 2019 à faire un petit bilan chiffré, histoire de voir où mes pieds m'ont mené...

D'abord les données brutes fournies par mon GPS :


On remarquera le nombre d'activités supérieur d'une unité au nombre de jours de l'année. En fait, à part exception, je ne fais aucun sport le lundi, j'ai donc parfois deux activités par jour, souvent marche nordique + course à pied.

La répartition :

Course à pied : 250 activités pour 3605,99 km

Marche nordique : 116 activités pour 1097,78 km

(Dénivelé total : 68 081 m)

Bilan physique :

Aucune blessure cette année ; de plus, mes hallux valgus (déformation des bases des deux gros orteils) m'ont enfin laissé tranquille : merci à Katia qui m'a appris de savants bandages des pieds à effectuer quand l’inflammation se pointe et merci à moi pour avoir toujours refusé l'opération des pieds en partant du principe qu'un lutin, ça ne s'ouvre pas (ou alors aux autres...).

Toujours au niveau physique, même si la forme était moyenne en début d'année, elle n'a cessé de s'améliorer une fois que j'ai trouvé un équilibre d'entraînement entre 75 et 100 km par semaine (avec un pic à 120) répartis entre 70% de course et 30% de marche.

Bilan compétitions :

Au niveau compétitions, j'en suis certainement à mon niveau le plus modeste avec 19 épreuves (à 50 ans, j'en courais le double) : 7 cross, 7 trails (dont un de 64 km), 4 courses sur route (dont un marathon et un 100 km) et un 24 H dans lequel j'ai battu mon modeste record de distance avec 127,73 km. Le total des kilomètres en compétition étant de 503,49 km. Au niveau performances, l'érosion prévue se poursuit et je peux maintenant juste espérer 45 min sur 10 km et 3h45 au marathon. Par contre, je n'ai rien perdu sur les 100 km de Millau en 5 ans puisque mon chrono 2019 est le même que celui de 2014. 
La nouveauté en compétition, c'est que, en allant un peu moins vite, je termine chaque fois assez frais comme à Millau où je suis reparti à mon gîte à pied ou au Trail des Châteaux de la Loire lors duquel j'ai maintenu un rythme de 9 km/h du début à la fin.

Entraînement

La semaine type hors compétition :
Lundi : Je m'occupe de mes petites-filles en compagnie de mon épouse pendant que leurs parents font du sport.
Mardi : Sortie jogging avec des membres du tennis-club d'Alençon. Comme ce sont des bourgeois, je fais profil bas et ne joue pas au lutin.
Mercredi : AS21 avec Katia : 3,5 km d'échauffement, entre 5 et 8 X1000 m à 13 km/h sur piste puis 3,5 km de retour au calme.
Jeudi : Fractionnés sur piste avec les copines : 3,5 km cool puis la fête entre 15 et 18 km/h puis 3,5 km re-cool. Ce qui est nouveau ici, c'est que je m'astreins à limiter la vitesse maximum à 17/18 km/h et même souvent de me contenter de 16 à l'heure contrairement aux 20 km/h d'il y a quelques années ; j'évite ainsi les blessures et de la fatigue musculaire, ce qui me permet de démarrer l'entraînement suivant moins de 12 heures après celui-ci.
Vendredi : Entre 2 et 3 h de trail en Ecouves seul le matin. Marche nordique 2h00 avec la FSGT l'après-midi.
Samedi : Marche Nordique 2 à 3h00 avec mon épouse et des copains et copines (surtout des femmes) en Ecouves.
Dimanche : 1h30 de trail en Ecouves avec mon épouse et des copines puis 1h00 de plus seul.

J'ai 64 ans dans pile 10 jours et je vais devoir chaque année adapter mes activités à l'usure du temps. Ce bilan peut à certains paraître déraisonnable mais il est le fruit de l'expérience de 25 années de course à pied (après 25 années de Judo) mais aussi de ma pratique d'entraîneur bénévole de copines, ce qui m'a obligé à réfléchir sur les dangers et les bienfaits du sport, les seconds l'emportant largement sur les premiers.


 Bonne année 2020 !



lundi 23 décembre 2019

Douze visions avec ou sans couleurs

Rétrospective 2019

Quand je me suis mis à choisir ces douze images tirées de mon blog photo ou de mon Flickr illustrant l'année qui s'achève, j'ai été surpris de constater la quasi fuite de la couleur au profit de l'expressivité. Deux de mes choix sont pris au téléphone portable et deux autres par un vieux compact Canon oublié au fond d'un tiroir. Comme quoi, la technique ne fait pas tout...

(En cliquant sur les photos, vous pouvez les voir en plus grande définition.)

Janvier


Ecouves à nouveau. J'ai pris l'habitude de courir seul chaque vendredi matin. Je traverse une futaie en pente peu accessible aux humains mais praticable pour les lutins. Le ciel encombré jusqu'ici s'étire comme un drap de papier et me livre quelques minutes azurées.

Compact Sony DSC-TX30

Février

Tonton Gilles m'a offert un trépied pour mon anniversaire et entend m'apprendre à m'en servir. Nous allons dans la cour carrée de l'ancien collège de Jésuites d'Alençon et nous faisons une séance à la tombée de la nuit. Huit secondes de pose pour l'appareil et trois secondes pour moi. Cela me permet de jouer au fantôme sur ce cliché. J'ai appelé cette photo : "Le Passe-Muraille".

Hybride Panasonic DMC-G80

Mars

Mon ami le Mustang nous a quittés quatre semaines auparavant. Chaque vendredi en Ecouves, je pense à lui lors de mes longues galopades solitaires. Alors que je cours parmi une parcelle de sapins pectinés, la brume se déchire soudain et le soleil m'offre un spectacle dont la magie vaut mille et mille paroles de consolation. J'aurais aimé que tu sois là...

Compact Canon PowerShot D20

Avril


Nous revenons d'Ecouves après une séance de marche nordique ; pénétrant dans Alençon par le nord, nous essuyons des giboulées puis le miracle renouvelé de l'arc-en-ciel survient au niveau de l'hippodrome. Je n'ai que mon petit Canon compact et je prends une photo qui révèle bien ses limitations mais aussi son charme. Le contraste entre l'intérieur et l'extérieur de l'arc est saisissant et le cadrage presque miraculeux. Le hasard fait parfois bien les choses.


Compact Canon PowerShot D20

Mai


Une de mes passions est la photographie d'insectes. Ce petit charançon (Lixus angustatus) a bien voulu me faire une séance de pose en prenant une série d'expressions intéressantes. J'ai choisi ce cliché pour sa précision et le bokeh rappelant les couleurs du premier plan. 

Hybride Panasonic DMC-G80

Juin

S'il est expert en physique relativiste et en cinéma muet, mon ami Brain n'est pas un  bricoleur performant et je l'aide à aménager son nouvel appartement en centre-ville. Après les tringles à rideaux, je m'attaque aux luminaires. L'animal a du goût et cette suspension mérite que je la fixe avec soin. Je sors mon téléphone portable. Pureté des lignes, monochrome involontaire, ce sera ma photo du mois.

Téléphone portable Huawei MYA-L11

Juillet

Je ne m'en lasse pas ! L'eumène est pour moi la plus belle des guêpes. Cette femelle illustre bien l'expression "Avoir une taille de guêpe". Le bokeh met à nouveau en valeur cet imposant quoique pacifique insecte témoin du réchauffement climatique.

 Hybride Panasonic DMC-G80

Août

Nouvel exercice de style, je suis en cours avec Tonton Gilles. Nous faisons une séance sur les reflets. Les gens doivent se demander ce que nous faisons collés aux vitrines l'appareil photo vissé au visage... La lumière brutale d'août brouille le discours, la photo sera en noir et blanc.

Hybride Panasonic DMC-G80

Septembre


Les Causses offrent des paysages magnifiques et Millau est une ville exotique pour des Normands tels que nous mais ce jour est nuageux et d'ailleurs, j'ai laissé mon appareil photo au gîte. Josette avise un atelier d'artisan, véritable foutoir surréaliste. La fille de menuisier se hausse légèrement pour observer les machines dont elle connaît le nom. Je sors mon téléphone portable. Cette rue me fait penser aux années 60 de mon enfance, mon épouse apporte une touche de couleur bienvenue dans ce monde figé dans un passé monochrome. De part et d'autre du soupirail, quelques plantes ponctuent la scène.

 Téléphone portable Huawei MYA-L11

Octobre

 La rue de la Levrette à Alençon. Je demande à Tonton Gilles de poser pour moi. Je m'accroupis et joue avec le contraste. Plusieurs allers-retours seront nécessaires pour obtenir ce résultat. Mon petit Sony RX100 révèle à nouveau son étonnante précision. Pas besoin de couleur.

Compact Sony DSC-RX100M3

Novembre


Honfleur est un magnifique port normand mais il tombe des cordes, que dis-je des câbles. Nous avons loué une sorte de loft meublé résolument moderne. J'ai amené mon trépied, ce qui me permet de faire de la pose longue et ainsi ne pas figurer dans le reflet. Le lendemain, je ferai une belle photo d'heure bleue sur le port mais ce cliché géométrique aura ma préférence.

Hybride Panasonic DMC-G80

Décembre

 
Il pleut sans presque discontinuer depuis octobre. Même en Normandie, on n'a jamais vu cela. J'appelle Tonton Gilles au secours : "Je n'ai rien réussi de probant ce mois-ci. Si tu ne m'aides pas, je n'aurai pas pour décembre de cliché présentable pour ma rétrospective annuelle." Une éclaircie, nous partons pour une séance à la tombée de la nuit. Nous longeons la Sarthe qui est sortie de son lit. Tonton Gilles voit un personnage marcher en contre-jour sur le pont. Il shoote et me montre sa photo. Sans honte, je lui demande de marcher sur le même pont pour copier son cliché très réussi. Il s'exécute de bonne grâce. L'homme au chapeau a toujours été photogénique.

Hybride Panasonic DMC-G80

 

jeudi 19 décembre 2019

Cent mètres carrés : Mes coléoptères (II)

Cette série de billets a pour but de faire un catalogue forcément incomplet des arachnides et insectes photographiés par mes soins dans mon petit jardin urbain d'Alençon de seulement 100 m². J'avais déjà commis un billet en 2017 mais je m'étais arrêté à 100 spécimens alors que chaque année m'apporte de nouvelles surprises ; de plus, ce billet ne comportait que des photos. Ce  petit hobby scientifique m'a beaucoup appris, entre autres que, pour qui sait regarder, la beauté de la nature est infinie. J'estime l'identification des espèces exacte à 95%. Que les spécialistes pardonnent mes éventuelles erreurs et qu'ils m'en fassent part que je les rectifie.



Coléoptères  (2ème partie)

  Clytra laeviscula

Commençons la famille des chrysomélidés par le clytre du saule. Cet insecte ressemblant à une coccinelle allongée a une façon bien à lui d'élever ses enfants : la femelle entoure ses œufs de ses propres excréments et de sécrétions diverses puis les dépose à proximité d'une fourmilière. Les fourmis qui n'y voient que du feu utilisent ces œufs comme matériau de construction. Les larves de clytre, à leur éclosion, vont ensuite se nourrir de ce qu'elles trouvent sur place comme des œufs ou des larves de fourmis.

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Chrysolina herbacea

Petit bijou aux reflets métalliques, la chrysomèle de la menthe vit et se reproduit dans des massifs de menthe que nous entretenons exprès pour ce petit dévoreur insatiable qui nous en laisse quand même un peu... Certains individus ont des reflets bronze. 

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 Chrysolina bankii

La chrysomèle de Banks est un peu plus grosse que la précédente et peut aussi se nourrir de la menthe ou même d'orties. Chez moi, elle préfère la mélisse qui se trouve juste à côté du massif de menthe.

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Chrysolina americana

La chrysomèle américaine est aussi appelée chrysomèle du romarin mais je la trouve essentiellement sur ma lavande. Son appellation "américaine" est due à une erreur du grand naturaliste Linné, l'animal est bien autochtone et a depuis longtemps trouvé un équilibre naturel avec les plantes dont il se nourrit, ne causant que des dégâts limités.

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Leptinotarsa decemlineata

Ce chrysomélidé est, lui, bien d'origine américaine, du Colorado exactement. Le doryphore s'y nourrissait de morelle rostrée quand on introduisit la pomme de terre dans sa région vers 1850. Tout comme le Belge adopta la frite, le doryphore raffola de la pomme de terre et se mit à suivre sa progression dans tout le pays. Il attendit la Première Guerre Mondiale pour franchir l'Atlantique et, contrairement à ce qu'on croit, il n'est aucunement responsable de la famine de 1845-1852 en Irlande qui fit un million de morts (les deux responsables furent le mildiou et le gouvernement ultra-libéral de John Russell qui était un fervent adepte du laisser-faire en économie). Cela dit, le doryphore fit bien des ravages dans les années 1940 dans notre pays. A cette époque, on employait parfois les enfants des écoles (comme ma maman) pour ramasser ces insectes à la main (c'est facile et efficace). A noter que nos amis Allemands se livrant à l'époque à des réquisitions de nourriture sur le dos des Français eurent droit au sobriquet de "doryphores". Depuis, la lutte chimique s'est avérée un peu trop efficiente car ce bel insecte se fait nettement plus rare dans les jardins.

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Crioceris lilii

Ce petit bijou de criocère du lys passe son temps à copuler et à manger. Et pas qu'un peu, vos beaux lys peuvent être ratiboisés en peu de temps par cet insecte et ses larves qui, pour être plus discrètes que l'adulte, se dissimulent sous leurs propres excréments. Cet insecte étant fort beau, je conseille de n'en garder que quelques spécimens et de prélever les autres à la main pour mettre un maximum d'adultes chez le voisin.

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 Gastrophysa polygoni

Autre chrysomélidé très proche, la gastrophyse de la renouée est bien mieux vue que le criocère du lys car elle s'attaque à des plantes considérées comme des mauvaises herbes ou même invasives comme la renouée du Japon. 

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Cetonia aurata

La cétoine dorée fait partie d'une autre famille que les chrysomèles même si sa jolie couleur métallique peut faire penser à ces derniers. C’est un gros insecte au vol bruyant totalement inoffensif car surtout polliniphage ce qui en fait par conséquent un pollinisateur très efficace car il va de fleur en fleur pour se nourrir. Ses larves ressemblent à celles du hanneton et les ignorants les suppriment alors que ces larves ne se nourrissent que de débris et sont très utiles à l'élaboration de votre compost.

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Oxythyrea funesta

La cétoine grise appelée parfois "drap mortuaire" est couverte de poils qu'elle perd au fur et à mesure de sa vie pour finir entièrement lisse. Elle se nourrit surtout de fleurs mais ses dégâts restent limités.
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 Valgus hemipterus

La cétoine punaise se nourrit d'ombellifères et pond ses œufs dans du bois mort où ses larves se développent.


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Voilà pour les chrysomèles et les cétoines mais la grande famille des coléoptères est vaste et il reste encore un gros chapitre à parcourir...