vendredi 4 avril 2014

Une ânerie sans borne

Misère de misère, à mon âge me retrouver dans une telle situation !  Bon, quand on est jeune et qu'il faut se faire remarquer des filles, on est bien obligé sinon on ne se reproduit pas ...

Oui, je veux parler des défis stupides que se lancent les jeunes mâles : pour moi, ça a commencé par qui pissera le plus loin, qui grimpera le plus haut (mon record : presque 30 m sur un séquoia à 14 ans), qui se pignolera le plus vite (j'ai perdu) ; puis ce fut des concours idiots du genre emballer la plus moche (je me suis fait jeter) ou picoler le plus pire (j'ai gagné, beuââârk).

En fait, je ne me suis pas reproduit plus qu'un autre (plutôt moins) alors, j'ai laissé tomber les challenges à la mormoil et je suis devenu un petit bourgeois comme tout le monde.

Bourgeois mais nonobstant sportif ... Dans ce milieu qu'est le monde de la transpiration, les paris débiles et autres gageures absurdes sont légion mais, conscient de mes limites, je n'ai jamais trop ouvert la boîte à clabauderies, laissant mes amis m'entraîner dans d'improbables aventures sportives et néanmoins enrichissantes. Que ce soit Allain ou Philippe le Mustang, j'ai toujours suivi, fréquemment souffert, parfois vomi et quelquefois abandonné. Mais non, rien de rien, je ne regrette rien. Et puis d'abord, je n'étais pas responsable ...

Et v'là t'y pas que par crânerie, stupidité, imbécillité, vanité, fatuité, suffisance ou orgueil mal placé, à l'âge avancé de 58 ans, j'ai dit un jour après trois bières : "Pour fêter ma retraite en septembre, je vais faire les 100 km de Millau."

Quel idiot, quel abruti, quelle andouille ! Mais quel ballot ! Qu'est-ce qui m'a pris, moi qui vais être grand-père dans deux mois, de débiter pareille coquecigrue. En vérité, l'âge où l'on bave n'est point à l'abri des balivernes.

Enfer et course à pied, maintenant je ne puis plus reculer de peur de me faire ... euh, ridiculiser. Je fus un sot d'adolescent, je me retrouve un sot d'homme avec cette idée crétine d'impressionner mon entourage en me faisant passer pour un surhomme du bitume ; un matamore du macadam, oui !

A vouloir se reproduire à tout prix, on reproduit ses erreurs, c'est la malédiction du mâle. Et moi, je n'avais plus besoin de me reproduire.

C'est comme ça que le tranche-montagne de bas étage que je suis, le fanfaron qui m'habite s'est  mis  à remplir un funeste formulaire.


Chlonk ! Zut, la lettre est dans le fond de la grande boîte jaune de la Poste. Je suis foutu ! 




1 commentaire:

  1. Tous les chemins mènent à la connerie, certains sont plus rapides que d'autres. Pour Millau, réponse en septembre. :-)
    Ah si j'avais le temps, j'aurai été volontiers ton suiveur vélo.
    Bonne préparation .
    Domi

    RépondreSupprimer