mardi 8 décembre 2015

Marathon de la Rochelle 2015

Incurable !


Je leur avais bien dit : "Cette année, je cours le marathon pour moi et je suis mon objectif de 3h40. Ok, vous pouvez m'accompagner en entraînement mais le jour de la course, si vous faiblissez, je vous laisse sur place comme de vieux chewing-gums collés au bitume." Yes, quand on est coach, faut savoir être dur et puis, ça fait mâle comme attitude, j'ai beau être vieux et pas très boyu, il faut bien que je balance un peu de testostérone... Macho man is back.
D'ailleurs, deux mois avant, j'ai couru le marathon de Tours tout seul et j'ai rempli mon objectif comme un grand : 3h40. Yes ! Mais je m'étais un peu emmerdé...
 

Pour mon premier marathon en V3, je suis à nouveau à la Rochelle chez ma chère Mimi qui nous accueille, mon épouse et moi, pour la neuvième fois. Neuvième marathon de la Rochelle pour moi et premier marathon en relais pour ma Josette avec sa copine la jeunette Laurence. Mais pas de précipitation, nous sommes arrivés sur place le vendredi pour faire un peu de tourisme et nous allons passer le samedi sur l'île de Ré en compagnie de nos amis François 91410,314 et son épouse Muriel. J'annonce à ce moment à François que je vais finalement courir avec des filles, ce qui semble le contrarier :


Le samedi soir, nous sommes une dizaine d'Alençonnais à nous retrouver à l'Espace Encan où les sacs des dames sont gentiment fouillés et où les messieurs sont invités à faire les exhibitionnistes. Tout se passe dans la décontraction et la bonne humeur, les marathoniens sont des gens pacifiques.

Retrait des dossards, passage au stand Alençon-Médavy pour saluer les organisateurs, le temps passe vite et nous nous retrouvons ensuite à dix-sept au casino pour le repas du soir. 

Dimanche

Cette fois-ci, je m'achemine vers le départ en compagnie de ma chère épouse. Elle va courir en relais avec sa camarade et toutes deux vont bénéficier du support et de la compagnie de Cathy qui a la gentillesse de courir ainsi son marathon en deux parties : 20 km avec Josette et 22km avec Laurence. Pour se donner du courage, mon épouse fait un petit détour dans un des nombreux commerces du vieux port :

Ça requinque !

Arrivés à l'espace Encan, nous nous séparons pour rejoindre nos places. Je me retrouve ainsi avec Katia et les jumelles Sandrine et Stéphanie qui espèrent bien approcher des 3h40 annoncées.


Impressionnante et émouvante minute de silence en souvenir des victimes du 13 novembre puis Marseillaise. Je n'ose pas péter...

Et puis, c'est la Vache qui Rit de Wagner qui éclate, nous sommes en route ! Jamais je n'ai vu un tel monde au départ. Nous mettons 1300m à atteindre notre vitesse de croisière qui doit se situer entre 11,6 et 11,7 km/h. Et là, dès le début, je fais ce que j'avais dit que je ne ferai pas : je coache. " 11,9... 12... Trop vite les filles, on se calme !" Certains coureurs se demandent ce que fait ce vieux bonhomme après de si jolies blondes.

Jusqu'au semi, je passe mon temps à réguler le rythme ; j'en suis à mon 23ème marathon et je sais ce que trop d'impatience peut coûter. Du côté de la baie du Port neuf, nous rejoignons les seniors et V1 qui ont pris le départ quai Maubec. Un petit tour le long d'un parc puis c'est la traversée sous le chemin de fer et déjà le retour vers le centre-ville. Les dix kilomètres sont effectués en 52'30". Normal.

Photo Mireille

Jusqu'au 20ème km effectué en 1h43'30", tout se passe normalement, nous sommes gravement réguliers et d'ailleurs, nous allons le rester comme l'atteste ce graphique :


 Cinq kilomètres à vitesse constante, une trentaine de secondes de marche au ravito pour bien boire coca + eau plate puis cinq kilomètres etc...

Yes, mais même si je désirerais que le monde fût parallèle et perpendiculaire et que le temps s'écoulât de manière uniforme, il n'en est pas ainsi et la gloire du sport réside dans son incertitude. Au ravitaillement du 25ème, Katia, la plus affûtée d'entre nous, se prend une barre en plein ventre après avoir ingéré très (trop ?) rapidement son coca. Peu après, elle nous perd de vue. Au 30ème kilomètre, je reste trente secondes de plus pour l'attendre, personne... Je rattrape finalement Sandrine et Stéphanie pour m'apercevoir que cette dernière a le radiateur en surchauffe et le joint de culasse prêt à sauter.

Ce n'est pas la première fois que ce genre de situation se présente et pourtant, je suis à nouveau sidéré par la ténacité et le courage de ces femmes qui vont tout faire pour aller jusqu'au bout. Katia, handicapée par la douleur, va quand même boucler son marathon en 3h54.

Je n'en mène pas large, je viens de perdre une camarade d'entraînement et une autre des filles souffre visiblement malgré mes encouragements et surtout ceux de sa sœur jumelle qui n'a aucune intention de l'abandonner.

Depuis le semi-marathon, nous ne faisons que doubler car, si notre allure est constante, les autres concurrents sont en train de payer l'addition. Jamais je n'ai vu autant de coureurs sur le flanc en cette fin de marathon de la Rochelle. J'ai surtout en tête ce grand gars d'une trentaine d'années allongé sur un lit de camp qui vomit de longs jets d'un liquide blanc. Je ne suis pas dans cet état, bien sûr, mais, comme à chaque fin de marathon, je ressens une bonne douleur dans les jambes qui ne m'incite pas à faire le lutin.

35ème km : Stéphanie souffre de plus en plus et nous dit de la laisser. Fin de non-recevoir de la part de sa sœur. Je calcule à ce moment que notre arrivée se fera plutôt vers les 3h42. J'avais le même retard à la fin du marathon de Tours et je l'avais comblé en augmentant mon allure d'un km/h (en fait, je m'étais engueulé moi-même pour me motiver et ça avait marché). Ça peut le faire...

Le hic, c'est que je viens de laisser Katia et que je n'ai que modérément envie de me faire mal. Et puis, les sœurs en sont à leur troisième marathon avec un meilleur chrono à 3h59. Il y a un record à battre ! Quant au Lutin, il a encore des dizaines de marathons à courir... Ben, va falloir se les sortir et va falloir coacher.

Photo Stéphane

Stéphanie finit par avoir plus mal aux oreilles qu'aux jambes, un Lutin en fin de marathon, il faut l'entendre pour le croire. A deux cents mètres de l'arrivée, je ralentis pour la reprendre et la ramener au niveau de sa frangine. Hurlant comme un putois qui s'est pris les joyeuses dans un piège, je pousse enfin Stéphanie et Sandrine devant moi. Au moment où nous allons franchir le tapis d'arrivée, qui c'est qui que j'entends dans les hauts-parleurs des tribunes ? Le François qui me daube d'importance parce que je suis en retard ! La preuve en bande son :


 Photo François

3h41'53", les filles ont pulvérisé leur record de 18 min !!! Quant à moi, je reste quand même dans un temps qualificatif pour le championnat de France V3, c'était ce que je visais.


Ouais, certains sont un peu cuits mais ça passera... En tout cas, il y en a deux qui sont heureuses comme tout, c'est Lolo et ma Josette qui ont bouclé leur marathon en duo et qui ont reçu une médaille très originale en deux parties :

 Photo Stéphane


 Lundi


Pendant que les jeunes sont déjà au boulot, nous profitons des dernières douceurs de novembre sur une terrasse du port avec notre Mimi. La retraite, ça a du bon !


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