lundi 19 septembre 2016

Marathon de Tours 2016


Fort de ma qualification obtenue en novembre dernier à la Rochelle et pour célébrer mon entrée dans la catégorie V3, j'avais annoncé partout que j'allais participer au championnat de France de marathon disputé à Tours cette année. On en parlait tellement que ça devenait presque international, le buzz, quoi.


Grâce à ma participation au France de marathon, j'espérais bien remonter dans l'estime des filles de mon club qui, si je faisais un bon classement, se jetteraient certainement sur moi en déchirant leur brassière de course, des râles pleins la gorge.
 
Chouette logo de l'A3 Alençon

Les sexagénaires n'avaient qu'à bien se tenir, le Lutin allait les poutrer jusqu'au dernier et ils pleureraient tous leur mère en rentrant chez eux !

Cela dit, il fallait se préparer, ce que je fis avec le sérieux qu'on me reconnaît en tant que coach (de filles surtout). Deux mois de préparation intense à raison de quatre à cinq séances par semaine sous un soleil de plomb. Et je peux dire que de la canicule, j'en ai bavé !!!


Et le pire du pire, c'est que je me suis imposé un régime sans alcool durant les trois dernières semaines du cycle. Misère de moi, ce fut plus que dur, j'ai bien cru que j'allais tourner définitivement sobre !!!

Vision d'horreur !

Le jour dit, je me lève à cinq heures du matin pour me préparer et, à six heures, Hervé et son épouse passent me prendre. Bien que grand-père comme moi, Hervé est un gamin encore V1 et il ne participe pas au championnat de France vu la hauteur de la barre dans sa catégorie (3h05). Il disposera donc d'un vil dossard de touriste alors que j'arborerai un prestigieux dossard officiel. Je n'ai rien laissé au hasard y compris au niveau tenue, j'ai acheté pour l'occasion une nouvelle paire de Mizuno Wave Rider et une ceinture de course assortie, sans parler des chaussettes et du boxer de bon goût.

 Trop la classe !

Durant le voyage, je suis remonté comme une pendule, je vais enfin récolter les fruits de cet été brûlant, de ces interminables séances sur piste lors desquelles j'ai ruisselé sel et eau, de ces looongues séances sur route où j'ai couru seul à la merci d'un astre impitoyable, d'automobilistes inconscients et même de chiens vindicatifs. On va voir ce qu'on va voir.


Eh bien, j'ai vu !

Dès mon arrivée, je vois que mon nom n'est pas sur la liste des inscrits, je m'en ouvre à un responsable qui m'envoie à un autre qui finit par s'apercevoir que je participe au championnat de France :

"Mais mais mais, mon pauvre monsieur, les dossards du championnat, c'était hier !
- Comment ça hier ?
- Ah, le championnat de France, c'est géré par la FFA, ça ne nous concerne pas.
- Ben si, quand même un peu ! C'est bien le marathon de Tours qui a sollicité l'organisation du championnat, non ? 
- Ah ben non, c'est pas nos affaires, allez dans le stand de la FFA."

Il me reste moins d'une heure pour obtenir mon dossard, j'essaie donc de trouver ce foutu stand, je demande à d'autres bénévoles qui me renvoient à d'autres bénévoles qui me font traverser la zone en long et en large. A ce moment, passablement accablé, je pense aux douze travaux d'Astérix et à cette scène lors de laquelle le pauvre Gaulois se trouve confronté à une administration tatillonne et absurde.

 © Studios Idéfix

Et je ne suis pas seul ! Je finis par me retrouver avec tout un groupe qui cherche désespérément un responsable FFA dont une dame V3 comme moi, arrivant des côtes d'Armor et qui s'est levée à 3h00 du matin pour faire la route.
Le responsable FFA, on finit par le trouver et au premier coup d’œil, je m'aperçois que ce n'est pas gagné...

  © Studios Idéfix

 "- Les dossards c'était hier, qu'il nous dit le gars, c'était marqué sur le site de la FFA (en bas du formulaire B12 alinéa 3 section 4), fallait que votre responsable de club qui vous a inscrits vous avertisse, c'était son boulot.
- Mais mais, rétorquè-je, rien n'était marqué sur le site du marathon de Tours !
- Nan, le marathon de Tours, c'est aut'chose. Pour le championnat, il faut suivre le règlement.
- Mais les dossards non distribués, ils sont où ?
- Ben dans ma chambre d'hôtel (payée par nos licences) à cinq minutes d'ici.
- On a encore le temps, vous pouvez nous les donner !
- Ben non, c'est pas réglementaire.
- Mais, intervient un  autre athlète plus énervé que moi, j'ai fait le championnat de France 10 km à Langueux en juin et on a eu nos dossards le matin !
- Oui mais c'était pas réglementaire !" 

C'est là que je m'aperçois que les carottes sont cuites. Face à un tel mur, nous n'avons aucune chance. Le type a tourné administratif dans le mauvais sens du terme. Il fait plusieurs allers-retours soi-disant pour consulter un collègue mais en fait il gagne du temps...

 © Studios Idéfix

La dame, remontée comme un coucou suisse, dit qu'elle va quand même courir sans dossard. "On ne vous laissera jamais entrer dans les sas sans dossard, annonce le cerbère."
Cerise sur le gâteau, ce même responsable nous annonce que pour chaque athlète engagé qui ne s'est pas présenté sur la ligne de départ, son club écopera d'une pénalité de 150 €. "Et je le sais bien, qu'il nous dit, car c'est moi qui m'occupe des pénalités."
Là, je crois que le gars a vu la lueur du meurtre passer dans nos yeux, il se radoucit en disant "Je vais voir ce que je peux faire", il sort une liste sur laquelle il y a nos noms qu'il coche, ça ne l'engage à rien et ça lui sauve peut-être la vie.
Le type avait la liste des engagés, les dossards étaient peut-être à proximité, il les aurait donnés ce matin en disant qu'ils les avait donnés le soir, personne n'aurait rien vu et d’ailleurs personne n'y aurait trouvé à redire. Mais il ne l'a pas fait car c'était pas réglementaire !
Il reste un quart d'heure, c'est plié, les gars les plus jeunes parlent de faire un scandale, moi, je suis trop vieux pour ça. Je me tire la queue entre les pattes sans assister au départ. En chemin, je téléphone à mon ami François qui m'attendait dans le sas des 3h45, je lui explique le bin's, il est désolé pour moi. Je vais dans un bar et confie mon désarroi à un cappuccino.


Les filles du club ne se jetteront pas sur moi des râles plein la gorge en déchirant leur brassière... ma vie sexuelle est foutue.

En attendant l'arrivée d'Hervé, j'erre dans les rues de Tours où je croise bientôt les coureurs du 10km, du 20km puis du marathon. Je retrouve enfin un peu d'énergie pour encourager les gars du club qui arrivent : Nicolas en 2h45, Thomas  et Bruno en 2h 48, Franck en 2h52, Jean-Louis en 3h08 et Hervé en 3h20.


Ça me fait plaisir de les voir et j'ai l'impression de participer un peu au marathon. Un coup de pinard et des rillettes au cul de la voiture achèvent de me réconforter. 

 Enfin !
 
 

9 commentaires:

  1. Hé bonne récupération Lutin !
    C'est délirant, mais ton histoire m'a bien fait rigoler. Peux-tu me dire s'il y a un truc pour les dossards à Millau ?

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    1. Ah non, à Millau, ils sont plus cools !

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    2. tu va pouvoir boire ton verre de bière a radon

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    3. Mon pauv Lutin , je crois que tu as ému ma femme qui malheureusement ne se jetera pas à ton cou ...C'EST PAS REGLEMENTAIRE LE MON'SIEUR TE DIT . BIZBIZ

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    4. Mon pauv Lutin , je crois que tu as ému ma femme qui malheureusement ne se jetera pas à ton cou ...C'EST PAS REGLEMENTAIRE LE MON'SIEUR TE DIT . BIZBIZ

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  2. dans ta phrase "je me tire la queue entre les pattes..." comme tu n'as pas mis de virgule après le mot "tire" j'en déduis que tu as quand même passé un bon moment!!!lol (béa)

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