mercredi 20 octobre 2010

Marathon de Paris 2010

Never be Aussie Solitaire !
(Awful pun)


C'est plein de doutes que j'aborde ce troisième marathon de Paris mais aussi avec une certitude : si je sais bien que je ne rééditerai pas mes 3h17 de 2001 au Mont Saint-Michel, je vais une dernière fois essayer de descendre en dessous de 3h30. Si je n'y arrive pas, j'arrêterai de me prendre la tête et j'essaierai enfin d'accepter qu'à 54 ans, on n'en a pas 45...

La préparation, je l'ai vécue pour les autres : 


 *Catherine et Hervé, primo-marathoniens que j'ai coaché dans mon style inimitable : en aboyant.


*Béa qui trouve encore de l'énergie à se sublimer malgré ses lourdes responsabilités professionnelles et son statut de jeune mariée.




*Allain qui vient de boucler 488 km au Maroc il y a un mois et demi  tout en assumant à la fois son statut de jeune marié et de jeune V3.





Il est temps que je pense à moi si je ne veux pas me disperser aux quatre coins de Paris façon puzzle comme en 2008.Voici donc comment on réussit un marathon pour des raisons autres que sportives :


Marathon du Lutin
Le film


Dimanche matin, à la sortie du camping du bois de Boulogne, j'attends la navette qui va m'emmener à l'Arc de Triomphe.


Je n'ai pas de pression perso, juste un peu d'appréhension pour les filles : Cathy débute et a un genou délicat et Béa a la crève. Les gars ne m'inquiètent pas trop : Hervé va poutrer, c'est sûr et Allain est inoxydable.

J'ai un plan : arrivé sur place, je bise affectueusement les filles et je m'insère dans le sas des 3h30 avec les gars. Une fois le départ pris, je suis sagement le Allain (Riah50) et je convaincs le Hervé d'accélérer car son pire adversaire, c'est sa prudence.
Ensuite, je retrouve le Solitaire comme je l'ai prévu. Aux petits oignons le marathon !

Ben non... Dès la tente-vestiaire, je perds mes camarades et je me retrouve au milieu de milliers de types en plastique qui s'acheminent vers le départ.


Sas des 3h30 : ça coince et je fais la queue; je veux téléphoner au Solitaire avec qui j'avais préalablement pris rendez-vous.  Enfer et tarte aux figues ! Je n'arrive pas à lire le cadran du téléphone de ma Josette ! Je demande de l'aide à un gars plus jeune, donc moins miraud et je contacte le fameux Jean-Louis. Hostie-carie ! Je ne comprends rien ! Je deviens sourd ou quoi !

Bon, voilà que j'suis dans la foule dix minutes avant le départ :


Et là, ami lecteur, tu ne vas pas me croire : l'arche là-bas, elle n'est qu'à cinq minutes après le départ officiel et dès que tu as passé la ligne, tu cours sans être gêné. La preuve :


Pour une fois, je ne cherche pas à dépasser les meneurs d'allure. Je subodore que le Solitaire, après un récent marathon d'Ajaccio va suivre les fanions un moment et qu'il suffira de m'en approcher pour le retrouver.
Il me faudra neuf bornes pour repérer l'animal : un solide gaillard tout de kikou vêtu. Nous passons ensemble le kilomètre 10 en 50'28.
 

Oui, comme on le voit à la fin de ce clip, je n'ai pas perdu mes bonnes vieilles habitudes lutinesques comme  ici aussi :


A la sortie du Bois de Vincennes,  je repère une jeune femme à sa casquette (pour changer...). Elle arbore les couleurs australiennes et je l'aborde en anglais avant de m'apercevoir qu'elle parle parfaitement la langue de Molière. Et pour cause, elle est  d'origine française. Elle effectue son premier marathon qu'elle veut boucler en moins de 3h45. Je me présente et je présente mon compagnon que j'appelle Alain... signe que je commence à chauffer un peu du radiateur. Le semi est passé en 1h46' et dans la joie.



Le meilleur est à venir, nous redescendons vers la Seine et dès la Bastille, c'est la grosse ambiance qui ne va plus nous quitter. Tout en discutant, nous retrouvons un bon 12 à l'heure et nous passons le 25ème kilo en 2h06'.



Le 27ème kilomètre !

Une redoutable équipe nous attend au 27ème kilomètre :

François 921489,31416- Le Bagnard-Linda-Taz28-Astrophytum

Ces pas tristes individus sont menés par le Bagnard, le célèbre délinquant galopant et je me dis que s'ils me tendent une bière, je suis foutu ! Ce que je ne sais pas, c'est que ce commando de choc a une arme redoutable :


Gasp ! Vais-je craquer devant tant de beauté ? Mon mental résistera-t-il à une telle tension, tout comme mon short ? 
Voici le moment de la collision, heureusement, les images les plus violentes n'ont pas été filmées mais la bande son est insoutenable...


C'est bien la première fois que je me fais embrasser sur la bouche sur un marathon, et par deux splendides femmes en plus ! Je pense fort à ma petite Australienne que j'ai laissé tomber et je m'échappe poursuivi par François et Astro qui finissent par me lâcher pour aller tourmenter Jean-Louis.


Dans une ambiance de plus en plus festive, je retrouve rapidement Sandrine et nous nous approchons du trentième kilomètre qui me fut si funeste en 2008.

C'est à ce moment que parmi presque 40 000 coureurs, je tombe en quelques minutes sur deux Alençonnais. Dom61, un kikou qui va faire un superbe 3h30 et Tino, un collègue instit :

 
Le Solitaire mettra sept bornes à nous rejoindre et nous cheminons un moment ensemble jusqu'à ce qu'il décide de faire ce qu'il avait annoncé sur son Kivaoù : POUTRER LE LUTIN.


Sandrine s'aperçoit que j'ai un coup de moins bien et m'encourage de plus en plus. Jusqu'ici, j'avais fait le kéké, me prévalant de mon expérience face à cette jeune femme inexpérimentée en matière de marathon. Maintenant, c'est elle qui me coache.
Mes jambes durcissent et je n'arrive pas bien frais au sortir du Bois de Boulogne mais Sandrine est toujours là qui m'encourage à la suivre.


Encore une fois, je constate que le sport n'est pas qu'un dépassement de soi mais aussi un don de soi. Qu'est-ce qui pouvait bien motiver cette vaillante petite femme à coacher ainsi un inconnu, vieux de surcroît, à part l'esprit de fraternité propre aux sportifs ?

Hors de sa chrysalide, une nouvelle marathonienne déploie ses ailes et s'envole dans les  800 derniers mètres. Elle a senti que je n'avais plus besoin d'elle et, malgré mon rythme en accélération continuelle, elle termine 22 secondes devant moi, ce qui doit lui faire un dernier kilomètre à 13 à l'heure !

Et c'est enfin l'arrivée :


Je retrouve vite mes camarades derrière les tapis d'arrivée :


Jean-Louis, au téléphone, pense déjà à son prochain marathon à Marseille dans une semaine (!!!).


Sandrine a tout donné et même un peu plus... Elle va vite rejoindre sa famille puis elle va ensuite faire la queue pour se faire masser à la tente des kinés. C'est là que je la quitte.

Retour parmi les miens, les Trailers d'Ecouves. Allain a mis 3h37'... même pas fatigué ! Béa a pulvérisé son record en effectuant son marathon en 4h04'.

Et mes débutants : 3h20 pour Hervé et 4h03 pour Catherine !


Je suis content et même plutôt fier d'eux. Mission accomplie.


Et puis...

Et puis...

Et puis, une fois à la maison, je regarde nos temps respectifs sur le web et j'ai une surprise qui ravit le méchant Lutin qui a sommeillé en moi tout au long de ce marathon fraternel et amical : Le Solitaire a pris le départ presque deux minutes devant moi et avec mon chrono perso de 3h36'40'', je le précède de 32 secondes en temps réel.




J'ai poutré le Solitaire ! J'ai poutré le Solitaire ! J'ai poutré le Solitaire !



Merci au bagnard pour les photos de l'équipe de choc.

1 commentaire:

  1. "Sandrine a tout donné et même un peu plus... Elle va vite rejoindre sa famille puis elle va ensuite faire la queue pour se faire masser à la tente des kinés." Il vaut mieux ne pas faire d'analyse Freudienne de ton récit.

    RépondreSupprimer