samedi 23 octobre 2010

Roscoff to Roscoff 2010

Stage de survie en Bretagne



Le Mustang nous trouvant trop mous en ce moment nous avait inscrits à un stage de survie intitulé "Roscoff to Roscoff". D'après le nom, je pensais que cela se situait en Sibérie...

En fait, je me trompais mais c'était presque aussi loin, à 420 km de la forêt d'Ecouves, à Roscoff en Bretagne.

La Bretagne, c'est beau et même très beau. En plus, il y fait beau plusieurs fois par jour... sauf ce weekend du 30 mai.

Levés à 4h50 et emmenés dans la Mustangmobile en compagnie du Canasson et de Riah 50 et de sa Béa, nous (moi et ma Josette) sommes arrivés en fin de matinée à Roscoff en vue de la première étape de notre épreuve en couple. Eh oui, même après 32 ans de mariage, les couples les plus solides passent par des épreuves... En l'occurrence : 18 km pour la dame le samedi à 13h00, 10km en couple de nuit puis 28 km le dimanche pour le monsieur avec bivouac dans le milieu.

Au début, malgré la météo ... bretonne, ça se présente plutôt bien d'autant que l'on a le plaisir de retrouver quelques kikous :


 Olycos et Baroudeuse - GGO et Zabou : deux beaux petits couples

Pour le moment, ça va d'autant que je ne cours pas la première étape à l'instar du Riah. Le Mustang, quant à lui courra les trois épreuves. Il s'est mis en couple avec lui-même...


Première étape :
Roscoff to Bivouac (18km)

 Les quatre héros de la première étape

Repas du midi généreusement fourni par l'organisation : Un casse-croûte aux rillettes et deux sablés bretons. Royal après un petit déjeuner pris à 5h00 du mat !

Vaillamment, nos épouses s'élancent en direction de Santec. Elles auraient pu prendre la route mais non, le chemin passe d'abord par le port de Roscoff. Coup de bol, la marée est basse.

 Selon l'humour breton, on appelle ça traverser à pied sec

En compagnie d'Olycos, nous suivons les coureurs à divers passages. D'abord à Roscoff où l'organisation a prévu plusieurs boucles dans l'eau glacée du port...
 

... puis, en compagnie de Riah50 sur le littoral allant de Roscoff à la plage du Dossen à Santec. C'est là que ça se corse car il y souffle un vent à 60km/h qui a la mauvaise idée de tempêter face aux coureurs.


Nos vaillants trailers affrontent ça avec la constance du patient assis sur le siège du dentiste. Si le Mustang ne semble pas décoiffé, ma Josette a droit à un traitement gratuit de Stérimar qui lui soigne illico son rhume des foins. Par un temps pareil, tu cours la bouche ouverte et tu gagnes une taille de soutien-gorge...

Il est temps pour nous d'aller au camping du Dossen pour y monter les tentes... enfin, les autres car moi j'attendrai que ma Josette m'explique comment on fait. Mais voilà, à 600 m du camping, nous sommes arrêtés par deux cerbères qui nous disent :
"On ne passe pas...
-  Mais on est des coureurs, regardez nos dossards.
- Pas de badge, pas de passage...
- Mais on doit emmener nos affaires et nos tentes au bivouac !
- Pas de badge, pas de passage...
- Et... vous ouvrez quand la route ?
- A une heure du matin..."
 
V'là t'y pas que moi et Riah nous commençons à nous coltiner les tentes et le reste à emmener à pinces au camping. On est des mulets, ça doit faire partie du stage de survie.

Heureusement, le Mustang arrive de ses 18 bornes et finit par nous rejoindre sur notre emplacement avec sa voiture et le matos. Il a dû égorger des bénévoles mais ça aussi ça fait partie du stage.
Vite fait, je vais sur la ligne d'arrivée du Dossen pour  assister à l'arrivée de nos femmes :


Puis c'est le montage des tentes. Josette m'explique et je comprends presque. Oly et sa Baroudeuse nous rejoignent dans notre mini Kikou-camping.


Ensuite, c'est promenade et bière (rhaaaa !) puis retour au camping pour le repas du soir : cochon avec légumes et tarte aux pommes en quantité suffisante pour un  Somalien anorexique. Pas de problème, il n'y a que dix bornes à faire ce soir.

Après la bouffe, nous nous réfugions dans les tentes car le célèbre crachin breton a fait son apparition, accompagné par les hurlements du vent. Il s'agit de résister au froid et surtout de ne pas s'endormir car le sommeil, c'est la mort. Enfin presque...



Deuxième étape :
 Bivouac to Bivouac (10km)

Les filles bien poutrées par leur 18 bornes face au vent et congelées par l'attente piaffent d'impatience : on va courir de nuit avec un vent à décorner les bœufs dans un terrain piégeux. Yessss !
Avant, on se met à l'abri :
 Elles ont bonne mine nos épouses !

Départ à 22h30. Les conditions ne sont pas faciles mais la nuit et en couple, c'est vraiment sympa. Je fais la course derrière ma Josette. Un petit film de deux minutes pour vous mettre dans l'ambiance :
Note : le bruit, c'est pas un défaut de la prise de son, c'est le célèbre zef breton...




A l'arrivée, c'est les agapes : eau plate ou jus d'orange accompagné de raisins secs. En fait, il y avait une soupe à l'oignon de prévue mais on n'a pas trouvé les oignons...
Bon, ben on va se coucher d'autant que le fest noz prévu est annulé à cause du bruit du vent qui couvre la sono.
 
Le froid, la bouffe spartiate et l'accumulation de compétitions se font sentir : je suis déjà fatigué alors que je n'ai fait que dix bornes. Ça promet pour demain...
Une nuit sous la toile avec ma Josette, j'ai l'impression de rajeunir. Et cette pluie et ce vent... et cette toile qui claque et ce froid : on croirait nos vacances à Huelgoat en 1979. Quand la rivière avait décidé de couler au milieu de la tente. Chouettes souvenirs !



Troisième étape :
  Bivouac to Roscoff (28km)

Je suis poutré dès le lever ! Vite, un petit déjeuner consistant comme à l'accoutumée : un litre de thé, deux cafés et une baguette de pain avec des trucs dessus.
Ben non, quand on arrive, on nous annonce que c'est un verre de thé, une briochette et deux très petites tranches de pain... mais bio quand même ! La vache ! Super bien imité le goulag ! Où sont les barbelés ? Et le café ? Heu... les cafetières font sauter les plombs...
Stage de survie qu'on a dit ! Donc on va survivre ! Nous chourons du pain aux plus faibles et je peux ainsi me nourrir convenablement, montrant ostensiblement les dents aux gardiens qui passent récupérer la nourriture illicite sur les tables.
Les 28 kilomètres consistent en une sorte de huit à l'ouest de Santec sur les terrains les plus rigolos puis un retour vers Roscoff, cette fois-ci le vent dans le dos.


Pour le trailer de base, c'est du chouette terrain, de l'eau, de la boue, du sable et des rochers...


Sans oublier les traversées de rivières. Rien de bien méchant.


Sauf que je ne pète pas la forme et qu'au bout d'un moment arriva ce qui devait arriver : je vois Riah50 se pointer derrière moi. Encore  !!!


Il est très à l'aise, lui, et passe en me décoiffant, ce qui est un comble pour un coiffeur ! Cette fois-ci, il va me poutrer de presque 8 minutes. GRRRR ! Manquerait plus que le Mustang me rattrape !


Je continue cependant parmi des terrains aussi variés qu'humides.


Je finis par avoir un sacré coup de mou. Je sais que je vais finir mais dans quel état ?


Malgré tout, j'apprécie le terrain et le paysage.
Après Santec, en direction de Roscoff, nous cheminons sur d'immenses plages et la progression sur le sable finit par être usante. Je rumine et me demande ce qui va me sortir de l'ornière.


Coup de chance, un couple me passe et la dame a un très joli derrière. J'applique la méthode de survie du Lutin : transfert des motivations du cerveau du haut au cerveau du bas. Je file le train de la dame en essayant de rester discret rapport à l'époux. Et ça marche ! Je me colle aux deux jeunes comme un chewing-gum à une semelle. Je récupère un km/h et je retrouve la santé.
Je m'apercevrai plus tard que ce sursaut hormonal va m'éviter l'humiliation suprême : me faire passer par un Mustang qui a 18 bornes de plus que moi dans les sabots.


Ouais, on arrive à Roscoff ! Euh, non ! Zut, leur côte elle est pas droite et on doit suivre la baie sur environ 4 km.  Ils pourraient pas avoir des plages droites comme à Lacanau ces mecs !
Lâché par le jeune couple, je termine tant bien que mal sur des terrains ...exotiques.


Et j'arrive en 2h53 pour 28 bornes sans dénivelé mais avec un terrain très technique. 

Photo P.Vannier

Le Mustang arrive à peine deux minutes derrière moi. Il se permet un bon classement en raid individuel. Quel solide animal !



Vu le ravito spartiate de l'arrivée, une fois récupéré les épouses, nous allons directos au bar pour écluser des bières et retrouver la bouffe civilisée comme l'aime la Béa du Riah :


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