lundi 1 août 2011

Romances et chansons Séfarades

St Céneri


Ben oui, on a des coins comme ça dans l'Orne mais on ne le dit pas trop fort des fois que les touristes rappliqueraient.

St Céneri, j'en ai déjà parlé dans mon blog (ICI), il s'agit d'une sorte d'Auvers-sur-Oise ornais ; c'est à dire que c'est un village où l'on rencontre des artistes, des Bobos* et où le steak-frites et la bière sont plus chers que dans les villages environnants.

* La différence entre le Bobo et le Bonobo, c'est que le Bonobo s'accouple en public.


C'est dans les jardins de la Mansonière à St Céneri qu'a lieu le concert de ce soir mais avant la musique, une visite s'impose.

Accompagné de ma Josette, de ma Maman et de son Victor, je prends plaisir à me promener parmi les senteurs et couleurs du lieu. Les commentaires fusent :

"Oh, une fleur ! Oh, une plante ! Oh, ça sent bon !"

Josette et Maman, plus versées dans l'Art botanique, commentent savamment :

"Ne serait-ce pas un Jacaranda Mimosifolia ?
- A moins que ce soit une Bignone du Japon...
- Ah oui, dis-je, Bignone, allons voir si la rose...
- Thierry, barbare ignorant!"


La promenade terminée, nous nous installons au premier rang du public disposé sur une pelouse en plein air. En effet, ce 30 juillet, il ne pleut pas. Etonnant ! Cela a eu pour effet d'attirer du monde en ce lieu et, en peu de temps, les sièges sont tous occupés.

Je me retourne. Diantre, ça sent le prof en retraite ! Pour m'occuper et surtout pour faire mon kéké, je réponds aux questions de Maman et de son Victor.

"Ben, les Séfarades, ce sont les juifs d'Espagne, du Maghreb et du Machrek. A la suite d'un malentendu regrettable, ils ont tous été virés d'Espagne en 1492 à l'exception de quelques marranes. Durant le Moyen Age, ils ont élaboré une musique originale qui emprunte aux différentes cultures : Chrétienne, Arabe et Juive. Beaucoup de textes sont en Ladino qui est de l'espagnol écrit avec une syntaxe hébraïque."

Hi hi ! Poutrés par un sportif les Bobos ! J'adore étaler ma confiture !

Le concert commence au coucher du soleil. Mon APN fait ce qu'il peut pour compenser le manque de luminosité :



Deux des musiciennes Anne Koppe (flûtes) et Jeanne Boëlle (guitare et luth renaissance) ne font guère arabo-andalouses mais qu'importe, nous sommes immédiatement dans l'ambiance. L'engagement et la voix envoûtante de la chanteuse d'origine chilienne Gabriela Barrenechea (ça sent le basque comme patronyme) ravit l'assistance.

Habitué aux concerts classiques et à l'approximation de certains artistes, je suis bluffé par la précision des musiciennes. Damned, mais c'est vraiment très bon !

Le tout est agrémenté par une mise en scène et des interventions explicatives bien ajustées. On a affaire à un spectacle bien rôdé.

La nuit s'installe et nous n'avons pas froid, réchauffés que nous sommes par ce micro climat andalou.


Au bout d'un moment, mes photos tournent au caca-flou et je range mon appareil pour mieux profiter de la beauté de cette musique qui nous parle de douleurs et d'amours.

Le concert s'achève après un rappel. Les sièges n'eussent pas été en métal, il y a fort à parier que les rappels auraient été plus nombreux tellement le public était sous le charme. Le bourgeois a la tête bien remplie mais la fesse fragile...

Après une petite discussion avec les musiciennes, nous nous dirigeons vers l'accueil où Maman et moi achetons chacun un CD du trio.

Je regarde le ciel étoilé, enfin une vraie nuit d'été !

Trio Morenica à la Vieille Grille en 2009

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