mercredi 18 avril 2012

Marathon de Nantes 2012

15 avril 2012


Le type en rouge, c'est moi. Je viens de courir mon 17ème marathon et, ça ne se voit peut être pas, mais je suis totalement poutré. Pour parler crûment, quand j'essaie de marcher, toute la partie inférieure de mon corps grince et couine comme si je venais de subir les derniers outrages de la part d'un pachyderme particulièrement bien outillé par la nature. Serait-ce cet individu à l’œil chafouin et à l'aspect trompeur ?


Non, cet imposant animal sis en l'île de Nantes où se trouve le village marathon ne semble pas pourvu d'attributs propres à élargir le cercle de ses amis. Il est là pour balader les touristes, du moins ceux qui ne sont pas encore morts de froid. Nous sommes le 15 avril (notez bien la date) mais il souffle ici un fort nordet qui fait oublier que nous sommes bien ici au sud d'Oslo, à Nantes la capitale du Petit Beurre et du premier duc de Bretagne, Alain Barbetorte (910-952).


Nous sommes quatre alençonnais engagés sur le marathon : Marie, débutante dans cette discipline, Hervé le coiffeur le plus rapide d'Alençon, moi (encore en train de faire l'andouille) et Catherine qui va courir toute seule son quatrième marathon.

En ce qui me concerne, je n'ai rien laissé au hasard : trois mois d’entraînement sans rater une séance, une sévère diète de 24h sans bière et même une ceinture de gels achetés à prix d'or sur un site vanté par un célèbre marathonien sinistré capillaire originaire du Mans. Seule ma cure d’amaigrissement a été un échec partiel : je suis resté à 64 kg au lieu des 63 désirés. 

Mon objectif : 3h29', chrono raisonnable d'autant plus que le marathon est annoncé avec 150m de dénivelé, ce qui fait la moitié de celui de Cheverny où j'ai atteint le score inespéré de 3h25' en 2011.

Le départ est donné aux "Anneaux de Buren", site que j'identifierai plus tard. J'ai d’abord cru que ces artefacts étaient destinés à l'amarrage de diverses barcasses locales...

Le ciel bleu est trompeur car le froid est redoutable, le nordet s'insinuant partout, transformant les plus fiers attributs en pauvres macaronis racornis. J'ai moins souffert du froid en novembre lors de mes marathons de La Rochelle malgré des départs pris par deux degrés au-dessus de zéro.

Bien décidé à gérer sans errer, je me suis donné comme limite 12,5 km/h de moyenne et, pour une fois, je m'y tiens. Mon GPS réglé sur "vitesse moyenne" se stabilise bien vite sur 12,4 km/h pour y rester un bon moment.

Un tour de deux kilomètres et demi sur l'île, histoire de bien voir le public et de remanger du quai aux pavés puis nous montons vers la ville en passant un premier pont.


Le dénivelé est l'ennemi du marathonien et je me dis à ce moment que les quelques côtes qui nous sont infligées en ville sont sans doute les dernières vu ce qui était annoncé. Hélas, le compte n'y est pas et nous grimperons en tout 235m. 

Re-pont, re-île puis rive sud où nous grimpons un nouveau pont pour faire une boucle de quatre bornes qui va nous amener au 15ème kilomètre où on grimpe à nouveau le même pont toujours aussi cambré. Mais ils ne peuvent pas faire de ponts plats comme chez moi dans ce pays ! Eh bien, deux kilomètres plus loin, on se tape encore un pont pour aller faire un long périple sur la rive sud.

Je passe le semi-marathon à 12,4 de moyenne et je me félicite de ma modération car la partie n'est pas facile, le vent m'oblige à m'abriter derrière les plus grands berlauds mais ceux-ci, comme beaucoup de coureurs, ralentissent insensiblement et je dois passer de l'un à l'autre de mes pare-vent en essayant de garder une moyenne raisonnable.

J'aborde le 25ème kilomètre avec une moyenne de 12,3 km/h somme toute convenable mais il faut à nouveau franchir un... pont ! Et celui-ci est vraiment haut, me faisant penser aux gentilles vacheries concoctées par certains organisateurs de trails (mais en trail, ça fait partie du jeu).

Après un joli circuit parmi les échangeurs routiers et un passage le long d'un terrain peuplé de caravanes où de gentils enfants s'amusent à huer les coureurs le pouce baissé et la morve au nez, j'arrive au 30ème kilomètre sans mur mais aussi sans grande réserve énergétique malgré les merveilleux gels ingérés à chaque ravitaillement.

A partir de là, nous parcourons la ville et donc nous grimpons diverses petites côtes. Le public est clairsemé et n'a pas la chaleur des Rochelais. 

Une fois le ravitaillement du 35ème kilomètre passé, la machine se grippe soudain. J'ai un mal affreux à repartir et je mets plus de mille mètres pour revenir à 12 à l'heure. Mon GPS m'indique bientôt 12,2 de moyenne et je dois serrer les dents pour ne pas me traîner à 10km/h.

Nous arrivons enfin au pont menant à l'île où se trouve le village marathon. Ma Josette  accompagnée de la petite famille de Hervé et de la fille de Cathy m'acclame dans le virage et je regarde mon GPS : à peine 40 km alors que l'on jouxte l'arrivée.

Rien de tel pour vous plomber les jambes. Comme au marathon des Ecluses, l'on doit tourner deux bornes autour de l'arrivée, histoire de se manger à nouveau la section pavée des anneaux de Buren pour finir le vent en pleine face. 

C'est dans la douleur que j'aborde les derniers hectomètres, effectuant cependant les derniers mètres en prenant un air dégagé pour cause de présence des photographes. 

 Photo organisation

3h31'25" de temps officiel pour 3h30'28" de temps perso. J'ai peine à marcher pour me rendre sous la tente où nous est distribué dans un certain chahut un joli T-shirt Odlo de bonne qualité et au design sobre.

Hervé est déjà arrivé avec un temps perso de 3h12' et Catherine ne tarde pas, faisant un chrono de 3h53' pour un temps officiel de 3h55'. Mes deux amis sont beaucoup plus frais que moi alors que c'est moi qui les ai entraînés. Ce doivent être les 12-14 ans de moins qui font la différence...

Marie arrive enfin en 4h30 et nous la félicitons comme il se doit pour son premier marathon effectué dans des conditions peu aisées.

Tout marathon doit se terminer par une bière belge...


... et si 75cl de Grimbergen allègent quelque peu mes douleurs aux jambes, cela a aussi pour effet de m'assommer, me rendant peu disert. Heureusement que Hervé connaît quelques histoires bien salées qui mettent l'ambiance dans le groupe des coureurs et supporters.

Toute la soirée, je me suis posé la question : pourquoi ai-je terminé si fatigué avec autant de douleurs aux jambes alors que je n'ai pas fait la moindre erreur de préparation ni de gestion, utilisant même des gels en course, ce que je ne faisais jamais ?

La réponse, je l'ai trouvée en regardant ma médaille distribuée à l'arrivée, je n'avais pas effectué, ce dimanche 15 avril 2012, un marathon en 3h30'28" mais un ultra-marathon de 27h30'28" !!!




2 commentaires:

  1. "Après un joli circuit parmi les échangeurs routiers et un passage le long d'un terrain peuplé de caravanes où de gentils enfants s'amusent à huer les coureurs le pouce baissé et la morve au nez" : j'ai ri!!

    Comme toujours, un bonheur de vous lire ... j'espère que les douleurs vont vite disparaitre..et rien de tel que de la bière belge pour soigner tout cela!

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    1. Merci ! C'est toujours un plaisir de faire rire quand on est un Lutin !

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