jeudi 30 mai 2013

Marathon de Poitiers-Futuroscope 2013



Ayant convaincu ma cousine Germaine de courir son premier marathon cette année 2013 en compagnie de ses copines Cathy et Katia ainsi que de mon ami Vincent, j'avais trouvé cette épreuve un peu par hasard en fonction de la date et de la relative proximité du lieu. Je ne savais pas en m'inscrivant que j'allais participer à un des plus beaux marathons de ma carrière de coureur.

Beau mais aussi parfaitement organisé tant au niveau accueil des bénévoles qu'au niveau de la gestion pure de la course : consignes, navettes, meneurs d'allure ultra précis (c'est des Suisses ?) et je ne vous parle pas de la Pasta-Party !!!

Royale-Party plutôt, où l'organisation a tenté de nous gaver pour nous empêcher de prendre le départ le lendemain matin.


Accueillis par un orchestre de cuivres pour l'apéro, nous sommes ensuite entrés dans le restau situé dans le Futuroscope pour y découvrir un buffet digne des meilleures orgies romaines. Les pâtes étaient bien sûr au menu mais aussi des entrées, fromages, desserts à volonté tous aussi appétissants les uns que les autres. Le tout arrosé de bonne bière et d'un excellent vin. D’enthousiasme, j'allai serrer la main du saint homme qui avait préparé tout cela :


Cerise sur la pièce montée, chaque marathonien avait droit à deux entrées gratuites pour le Futuroscope valables deux mois, ce qui a permis à mon groupe de passer un agréable samedi après-midi dans le parc.


Mais passons plutôt au sujet qui nous préoccupa ce dimanche et que je narrerai au présent pour que la vie y coule plus aisément. J'ai intitulé ce récit :

 J'avais pensé à "Thierry et les chics filles" mais ça faisait plagiat.

Ma cousine, je l'ai souvent dit, c'est une Ferrari dont tous les réglages étaient à faire. Après trois mois d'entraînement, le boulot est effectué. Je connais les points forts de Germaine : endurance, pugnacité, vélocité, mais aussi le point faible que je partage avec elle : une petite tendance au mental en fromage blanc qui m'a fait subir les pires avanies et réaliser mes plus beaux crashes. C'est aussi ça le cousinage ... 

Durant les séances d'entraînement, tout a été calculé et préparé avec les trois filles :

* Le rythme oscillera entre 11,1 et 11,2 km/h.
* Le chrono de Germaine sera de 3h48' comme celui de Cathy qui en profitera pour améliorer son temps de 3h51' à Caen.
* Katia nous accompagnera le plus longtemps possible pour passer sous les 4h00, pulvérisant ainsi son record qui était de 4h14'.
* Vincent prendra le relais avec Katia pour aider celle-ci à terminer dans de bonnes conditions.


En compagnie de Carole et de ma Josette qui vont faire le semi ensemble, le groupe des cinq marathoniens traverse les parkings du Futuroscope pour emprunter les navettes qui nous mènent à Poitiers. Coach et reporter, j'observe le groupe, à la fois empli d'espoir et pétri d'une appréhension cachée. Nous avons travaillé trois mois et il va falloir se jeter à l'eau. Ces filles formidables m'ont fait confiance et m'ont suivi sans broncher pendant tout ce temps, et c'est moi qui doute... 

Cathy m'a récemment prouvé qu'elle était indestructible, je ne m'inquiète pas trop pour elle, mais Germaine court son premier marathon et un premier marathon, ça ne doit pas se rater. Quant à Katia, elle est en pleine crise d'asthme et là, je suis carrément soucieux. 

La boule au ventre, j'arrive au village marathon situé dans le parc de Blossac à Poitiers et là, je retrouve Eric 41 qui me confirme ce qu'il m'avait annoncé par mail : il va nous accompagner. Sa présence et celle du zénifiant Vincent me rassurent. Trois gars au service de trois filles, ça tombe bien en ce jour de fête des mères.

OK, Eric est  plus grand mais mes chaussures sont plus jolies.

Insérés dans le sas des 3h45 avec Carole et ma Josette, nous prenons bientôt le départ :

 

Je laisse mon épouse et Carole pour m'occuper de mes marathoniennes. J'ignore à ce moment que ma Josette va courir son meilleur semi depuis longtemps ...

Carole en rose et Josette en noir
Photo François Meunier

Cinq kilomètres en 26 min, le temps est splendide et l'allure facile, ce début de marathon ressemble plus à un salon de thé qu'à une épreuve sportive. L'allure est métronomique, tout semble bien aller.

 

Dès les premiers ravitaillements, Katia présente des difficultés respiratoires, ce qui l'empêche de respecter nos 40 secondes de marche tous les cinq kilomètres, méthode qui a maintes fois prouvé son efficacité. Mais cependant, en bonne Bretonne, elle continue son chemin avec ténacité et nous approchons bientôt du Futuroscope où nous nous séparons des concurrents du semi-marathon dont font partie Carole et ma Josette que nous avons eu le plaisir d'apercevoir non loin de nous lors d'un passage en épingle à cheveux.

 

Le semi est passé en 1h54', ce qui représente exactement la moitié de notre objectif. Katia vient de battre son record sur semi. 

La deuxième partie du parcours est encore plus jolie que la première, malgré quelques petites côtes qui viennent titiller les organismes progressivement envahis par la fatigue. Depuis le semi, notre groupe court seul ; le fanion des 3h45 galope exactement 3 min devant nous et plus aucun autre groupe n'arrive à suivre notre rythme horloger. Chaque chrono kilométrique est annoncé par Eric dont la présence se fait de plus en plus indispensable.

 

Vingt-huitième kilomètre, nous entrons dans la zone de turbulences. Katia m'annonce qu'il n'est pas raisonnable pour elle de continuer à cette allure, elle va ralentir à 10 à l'heure, accompagnée de Vincent dont le rôle, depuis le début, était de l'aider à finir en moins de 4h00. Tenace mais pas têtue, elle fait preuve de sagesse et j'approuve ; mais en mon for intérieur, je suis inquiet malgré ma confiance absolue en Vincent dont le calme et la fiabilité sont légendaires.

L'équilibre d'un groupe est chose fragile et Germaine accuse le coup. Trois mois d'entraînement, ça crée des liens et elle prend mal la séparation d'avec Katia d'autant qu'on approche du fameux "mur" des 30 km.

"Je ralentis, je ne me sens pas bien, je vais accompagner Katia ..."

A ce moment, je m'exprime un peu sèchement :

"Pas question Germaine, c'est ton marathon ! Les autres sont là pour nous accompagner mais toi, tu vas continuer avec moi et on va les faire nos 3h48', accroche !"

Le mur est dans la tête et le 30ème se passe finalement bien, Germaine retrouve des sensations et le sourire. Quant à Cathy, elle est déchaînée et nous sert de lièvre depuis un moment ...

 

Cathy, ma presque petite sœur, a décidé de poutrer sévèrement et prouve qu'elle n'a plus besoin de moi sur marathon en s'envolant bien avant le 30ème kilomètre. La chrysalide est bien ouverte et cela me fait grand plaisir. J'observe de loin son allure décidée et m'amuse des groupes de garçons qui essaient de la suivre, se mettant à fumer de la cafetière les uns après les les autres. En effet, depuis un bon moment, nous doublons régulièrement des concurrents fatigués ; et je ne parle pas des côtes où bon nombre de coureurs nous semblent comme épinglés au bitume.

 Photo François Meunier

Une fois le 35ème km passé, nous montons à 11,5 à l'heure pour ensuite friser le 12. Germaine souffre visiblement mais je ne lui laisse pas le choix, me mettant devant elle en l'enjoignant de ne pas me décoller de plus de deux mètres. Eric la verrouille contre mon allure et me relaie régulièrement. Se sentant ainsi soutenue, la cousine n'a pas le choix, elle court ; et plutôt bien ...

Cathy est rattrapée lors d'une descente mais elle ne s'en laisse pas compter et finit par s'envoler à nouveau ; je suis fier d'elle comme je suis fier de Germaine qui serre les dents près de mon épaule. 

L'arrivée, est en vue ...

 

Negative split de quelques secondes ! Cathy termine en 3h47'22" et Germaine en 3h47'36". Toutes mes appréhensions s'envolent quand je vois bientôt arriver Katia et Vincent en 3h56'05". Katia a battu son record personnel de 18 minutes, excusez du peu ! 

Cerise sur le gâteau, quand je retrouve ma Josette et Carole, j'apprends que mon épouse a battu son record sur semi (datant de 10 ans) en arrivant en 1h59'. Carton plein, Yessssss !



   



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