mardi 13 octobre 2015

La Vétérane 2015

Vieux Power !


Une course rien que pour les vieux, il fallait y penser ; c'est Vincent, l'entraîneur de l'A3 Alençon qui en a eu l'idée et c'est Mustang le Grand Organisateur de Tout qui s'y est mis avec le concours de ses copains de Damigny et du club sus-cité. Le principe est simple : Plus t'es jeune, plus tu morfles, et même que si t'as moins de 40 ans, tu restes à la maison avec ta maman à te curer le nez en regardant les dessins animés à la télé. Un petit tableau vaut mieux qu'une longue explication :


Le classement se faisant au scratch (15 premiers et 10 premières), autant dire que les petits cons de 71-75 n'ont aucune chance de voir le podium, hé hé ! Un inconvénient tout de même : même si on a de belles championnes parmi les vétéranes de la course, j'ai peu de chance d'apercevoir ce qui est pour moi la vraie endorphine de compétition :

Tant pis...

Pas de V5 cette année sur ce 10 km mais un bon groupe de V4 qui prend le départ 7 min devant moi. Eh oui, je suis encore V2 pendant trois semaines et je me retrouve pour la dernière fois avec les jeunots de moins de 60 ans.

Micheline et Simone nées en 1941: 1h11 et 1h01 !!! Photo NCAP
Trois Simone sur la course, c'est pas fréquent...

15h03, le départ des V4, ils sont une dizaine dont deux féminines. Le meilleur de cette catégorie, un jeune de 71 ans va terminer 34ème au scratch en 50'05, pas mal...

Pendant ce temps-là, nous on est parqués par demi-catégorie dans des enclos à bestiaux, attendant notre tour. Je suis avec Eric du club de Champfrémont et, pour passer le temps, nous nous mettons à beugler pour attirer l'attention.


Ça y est, c'est nous les 1956-60 au départ, je suis certainement le plus vieux du groupe étant né le 10 janvier. Je pars prudemment... Mais il est fou le Eric, il part à plus de 15 sur ses pattes de poulet ! Le gars me poutrait sévère en cross il y a dix ans mais la cinquantaine est passée par là. Je prends patience et je le passe après un bon petit kilomètre. Entretemps, j'ai retrouvé Francine qui a la particularité d'avoir un rythme très proche du mien. A 56 ans, c'est encore une grande championne et une fameuse compétitrice. De nombreuses fois, j'ai suivi sa foulée ; elle m'a souvent battu sur 10 km et semi-marathon mais toujours de peu. Nous nous sommes rarement parlés mais nous nous entendons bien sur le bitume. Francine prend le premier relais, je la passe à la côte suivante et elle se cale derrière. Bientôt, je m'aperçois que nous doublons non seulement des concurrents plus âgés mais aussi quelques coureurs partis en même temps que nous. Nouveau relais de Francine, nous finissons le premier tour de 4 km à 13 de moyenne. Il y a 18 mois, je faisais un 10 km à 14,2 de moyenne, c'est pô beau d'vieillir !

Le Lutin va mordre...  Photo NCAP 

Deuxième tour de trois km. Le relais avec Francine fonctionne du tonnerre. A la remontée avant de basculer à nouveau vers l'arrivée, je vois mon cher fils qui fait des photos, j'essaie de faire bonne figure.


C'est juste après que j'aperçois Machin, un V3 que je prends plaisir à poutrer. Je lui ai mis 4 min dans l'os en moins de deux tours et je sais que ça ne lui fait pas plaisir. Je m'applique donc à le doubler le plus vite possible pour lui être désagréable. Cela ne me demande pas trop d'efforts et ce n'est pas très sympa mais ça fait du bien.

Avec mon coach Allain, c'est une autre paire de manches ; cette année, il a 65 berges, ce qui le met hors de portée de mes assauts. On attendra donc l'année prochaine pour lui montrer comment il m'a bien entraîné quand j'avais 40 berges.

Sans lui, j'saurais pas courir...  Photo Tonton Gilles

Allez, il reste trois bornes et Francine est désormais deuxième féminine. Il n'y a plus que ma copine Simone (une V3, celle-là) à poutrer. Simone est née en 1950 et elle avait 4 min d'avance sur nous ; c'est elle aussi une ancienne championne et je dis à Francine qu'elle vendra chèrement sa peau. Francine hoche la tête ; entre championnes, elles se connaissent et se respectent.

 Allez Francine ! Photo NCAP 

Dernier tour. Dès le bourg Simone est en vue. Je joue mon rôle de lièvre et bientôt elle est à portée. Je suis devant Francine et j'arrive sur Simone qui semble présenter des signes de fatigue. C'est une copine et je me sens obligé de l'avertir :

"Désolé, je t'amène Francine.
- C'est bon, je suis contente quand même..."

Elle peut l'être, elle va finir son 10km pas facile avec plein de côtelettes et de relances en 49 min à 65 ans. Qui dit mieux ?

Une fois Simone dépassée, je m'aperçois que Francine n'est plus seule. A 500m de l'arrivée, elle est talonnée par Fabienne, une gamine de 50 ans qui a bouffé les deux minutes de handicap qu'elle avait. 

"Bon les filles, je vous laisse vous expliquer !"

Un petit signe de la main de la part de Francine.

Je lève un peu le pied et j'observe en connaisseur. Francine, en grande compétitrice, observe du coin de l’œil son adversaire qui semble reprendre un peu son souffle après sa course-poursuite. A 300m, profitant de la plus grande longueur de ses jambes, elle lance un sprint auquel Fabienne ne peut résister. Du grand art. Francine finit donc 1ère féminine. Je termine quelques secondes plus tard avec un chrono de 45'35, mon plus mauvais chrono sur 10 bornes depuis une dizaine d'années mais avec plutôt de bonnes sensations. Je vais féliciter Francine pour sa gestion, fort heureux du déroulé de notre collaboration qui nous fut mutuellement profitable.

L'année prochaine, je démarrerai deux minutes plus tôt. Je m'en aiguise d'avance les canines, je poutrerai tous les vioques, y compris mon coach. Quant aux autres, ils devront se faire mal car je vendrai chèrement ma piau d'lutin !

Dédicace spéciale Bouk


Ah ouais, le premier, Gérard, a bouclé le 10 bornes en 37'41 à 60 ans passés. J'suis dans son couloir l'année prochaine, y'a d'quoi s'la prendre et s'la mordre.



Merci au Mustang, à Vincent et à toute la bande d'organisateurs et bénévoles avec une pensée spéciale et affectueuse pour Didier et Jacqueline.


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