lundi 12 juillet 2021

GR 34 2021 : Etapes 9 à 12


Etape 9 : 20 juin Plévenon - Pléhérel (21,8 km - 693 m D+)


 Pas terrible la météo mais toujours cette sensation de liberté qui n'a pas de prix. Après un petit déjeuner d'enfer au Petit Trécelin, nous retournons un moment dans les bois bien pentus pour déboucher sur la côte. Nous remontons le long de la Baie de la Fresnaye en direction du Fort La Latte, il s'agit de la partie la plus raide de notre étape et quand je dis raide, c'est une litote. 

A partir du Fort, nous entrons dans une zone plus touristique et aussi plus carrossable. Je connais bien la zone pour avoir couru trois fois le trail d'Erquy. Nous nous dirigeons vers les Cap Fréhel, haut lieu touristique de la région avec ses magnifiques grès roses et ses centaines d'oiseaux.


Malheureusement le temps bouché ne rend pas justice à ce site parmi les plus beaux de France. Presque quatre heures de marche, nous pique-niquons au Cap Fréhel avec la nourriture économisée grâce au repas non prévu la veille au soir. Nous gardons cependant un peu de pain et des sardines pour le soir car nous sommes depuis hier sur un parcours dépourvu de commerces.


La descente vers Pléhérel est moins difficile mais Josette a très mal au dos, et nous nous arrêtons un moment à la plage des Grèves d'en Bas tout près du bourg pour souffler un peu et regarder les surfeurs qui tentent vainement de chevaucher des vagues de 50 cm de haut. Une fois mon épouse retapée, nous grimpons au bourg pour aller boire une bière dans un trocson type années 60 bien sympa. L'hôtel fait plutôt pension de famille et la patronne qui est seule à le tenir est assez raide mais la prestation est correcte et le petit déjeuner pantagruélique. Juste un problème : nos voisins sont des sportifs comme nous, en beaucoup plus jeunes, et ils ont la bonne idée de se lever à 5h00 pour se mettre à trafeter jusqu'à leur départ vers 6h30. Bon, comme ça on partira plus vite.
 
Etape 10 : 21 juin Pléhérel-Erquy (20,8 km - 466 m D+)


Ce matin il fait beau et nous découvrons une splendide vue sur le Cap Fréhel au départ. Direction Erquy en passant par les Sables d'Or.


Comme c'est le jour de l'été, la Bretagne nous offre un répit et nous retrouvons les incroyables couleurs de ce magnifique pays. En fait, une fois arrivé aux Sables d'Or, Erquy n'est pas très loin sauf qu'il faut passer par les marais de l'Islet puis faire tout le tour du cap.
 

Nous nous économisons un peu de dénivelé en laissant le GR et en passant par la plage de Lanruen tout en admirant les falaises de ce fameux grès rose dont sont faites maintes maisons d'Erquy.


Bon, ben ce cap, il va bien falloir y grimper... et c'est raide avec le sac mais une fois en haut, on est sur du sentier à vaches Parisiens. Le tour du cap, nous connaissons mais on ne s'en lasse pas. Tous ces beaux cailloux, ça fait rêver mon épouse qui a l'âme géologique.


Il fait beau et même trop chaud pour des Normands, le cap a ce petit air méditerranéen que je lui connais pour l'avoir arpenté plusieurs fois. Nous avons pris notre temps et marchons depuis plus de cinq heures, nous descendons au port et nous attablons tout en commandant une bière et deux bruschettas. La vue est superbe mais... mais les couleurs changent subitement. De bleue, l'eau devient verte, je sors de la terrasse et fais vite une photo (sans trucage) :
 
 
Krabardaf ! L'orage arrive en quelques minutes, la parenthèse estivale se referme. il faut attendre un bon moment pour partir rejoindre la chambre d'hôtes qui se trouve encore à trois kilomètres. Trop bien la chambre, trop bien le site, trop gris le temps... Y'a de quoi se la prendre et se la mordre. On descend boire une nouvelle bière dans l'ancien bourg puis on se venge sur nos dernières provisions, va p'têt ben falloir trouver du manger demain.

Etape 11 : 22 juin Erquy - Planguenoual (23,5 km - 684 D+)


L'étape de la météo qui tape : cela va de la bruine à la pluie avec adjonction d'un vent force 7. Si tu n'y survis pas, la Bretagne n'est pas faite pour toi. Nous entamons la descente vers le fond de l'immense baie de St Brieuc. Arrivés à la plage de Caroual, le GR est détourné par un grand chantier qui empiète sur une bonne part de la plage. Devant les hautes barrières du chantier se trouve un vigile. Polis comme nous sommes, nous lui disons bonjour ; à ce moment, une voiture ralentit à son niveau, les gens baissent la vitre et se mettent à insulter le gars. Je l'interroge sur le peu d'aménité des locaux : "Oh, c'est comme ça toute la journée, ici c'est la station où arriveront les câbles des éoliennes prévues dans la baie, alors les gens nous insultent..." 


Le terrain est pentu et rendu glissant par une pluie modérée mais continue. On est autour de 12 à 13 degrés. Cerise sur le gâteau, les rafales de vent nous déséquilibrent régulièrement... et malgré cela nous trouvons le parcours d'une grande beauté, enfin quand la végétation nous le laisse entrevoir.


Oui, car le GR n'est pas trop usité dans le coin et il faut parfois écarter les fougères ronces et orties pour passer. Trop bien !


Le midi, après avoir gravement grimpé la pointe de Pléneuf, nous arrivons au Val-André et son immense plage grouillante de monde sauf que là, il y a juste nous qui nous grouillons pour trouver un coin au chaud pour manger. Au resto du casino, on nous accepte malgré nos sacs à dos dégoulinants et notre aspect visqueux. Un bon coup de bière avec un repas correct et pas trop cher, on va mieux. Mais nous ne sommes pas secs et quand nous ressortons, nous comprenons vite que si nous attendons l'ouverture de la supérette locale à 15 h, nous risquons de nous faire Miko. Nous trouvons un magasin tenu par une bourgeoise qui vend à prix d'or des cakes faits main et des quiches du même métal. Pour 15 euros, deux quiches individuelles et un morceau de cake... Ces produits de luxe s'avèreront surprenamment nourrissants, du genre lembas des elfes de la forêt. Finalement, la bourgeoise, c'était peut-être Galadriel...
 
 
Nous sommes attendus dans le chalet de Jean-Claude à Planguenoual mais avant, nous mangeons encore pas mal de dénivelé et de bruine en essayant d'apprécier le spectaculaire paysage de cette partie très sauvage de la côte. Une fois arrivés, Jean-Claude nous montre notre home fort spacieux pourvu d'une véranda qui se met à faire un drôle de bruit : la pluie qui avait été modérée jusqu'ici se met à tomber plus que dru. Jean-Claude nous a conseillé la Moulerie de la Baie à 1 km d'ici mais nous réalisons que cette distance sous une telle pluie allait nous transformer en serpillières périmées. Mieux vaut se déloquer et laver puis étendre tout ce qui est trempé. Heureusement, il y a du chauffage. Jean-Claude a déconnecté les fusibles des radiateurs mais moi, je ne suis pas né de la dernière bruine et nous finissons la soirée dans une douce ambiance de buanderie en mangeant du lembas.

Etape 12 23 juin Planguenoual - Yffiniac (22,4 km - 609 m D+)


Le temps est bien plus riant ce matin et le dénivelé se marre aussi pas mal... à notre détriment. Arrivés au niveau de Morieux, il faut contourner le Gouessant qui se jette dans la Baie et c'est une heure d'efforts sur des chemins à chèvres utilisés d'ailleurs par une station de trail locale. On comprend pourquoi...


Ouf, nous sommes allés jusqu'au barrage hydroélectrique et nous sommes enfin de retour sur la côte. Marre du dénivelé, nous descendons sur le sable en nous tenant à distance des algues vertes très présentes dans la baie.


Arrivés sur la plage de Bon-Abri, nous trouvons une importante exploitation mytilicole dans laquelle on a eu la bonne idée de construire une cabane à Moules-frites. Nous y sommes chaleureusement accueillis, ça tombe bien, nous n'avons plus rien à manger et pas la queue d'un commerce le long de la côte. De la moule fraîchement pêchée, des frites locales cuites à la graisse de bœuf et une nouvelle bière locale. Le bonheur, en quelque sorte...


Le tour de la pointe d'Hillion prend encore un bon bout de temps et nous mettons encore deux heures pour descendre dans le fond de la baie dont on se demande bien à quoi elle ressemblera quand elle sera plantée d'éoliennes dont la construction a été décidée par des technocrates urbains à l'écologie sélective...


Nous avons réservé une chambre dans un hôtel d'une grande chaîne à Yffiniac et c'est une bonne surprise, la zone pavillonnaire est aérée et presque agreste. Il y a de quoi faire les courses pour l'étape suivante, c'est parfait. Resto à l'hôtel le soir, du surgelé pas mal foutu et... de la bière. Il ne reste plus que la remontée de la partie ouest de la baie et notre périple sera bouclé. Eh bien, ça prendra encore quatre étapes et beaucoup de grimpette.
 
 

 

 

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