jeudi 7 octobre 2010

Alençon-Médavy 2009

 La Classique Alençonnaise


Merci à Ouest-France pour les deux photos utilisées dans ce récit
 
Je me rappelle encore de ma première édition d'Alençon-Médavy. Je courais depuis un an et j'étais plus qu'inexpérimenté. J'avais quand même fait 1h17 et j'étais arrivé totalement défoncé dans les barrières. S'en était suivi tout un tas de coliques "frénétiques" qui m'avaient bien gâché la soirée.
L'année suivante, trop confiant, je m'étais explosé la caisse et j'étais arrivé encore plus ruiné en 1h 21. Tout cela m'avait encouragé à persévérer et j'avais ainsi expérimenté les sprints suivis de vomi dans le couloir d'arrivée. Rien que du bonheur, je vous dis !
Ayant intégré un groupe de coureurs émérites qui devaient plus tard devenir les fameux Trailers d'Ecouves, je suivais au début de loin leurs arrivées en moins d'une heure quinze, espérant en cachette les poutrer un jour, tout en leur adressant mes sincères félicitations.
Ma méchanceté et mon opiniâtreté finirent par payer. La première fois que je descendis en dessous d'une heure quinze, ce fut grâce à Jo le Parigot que j'avais repéré dans la fameuse montée de 5 km. Ma hargne m'avait permis de le filer et de le doubler en lui adressant un petit coucou mi-encouragement, mi-vacherie qui lui coupa les pattes aussi sec. Je terminai en 1h13 et je fus content d'avoir dégommé ce grand flandrin que je pensais jusqu'ici imbattable.
Je lui refis la même saleté au marathon du Mont-Saint-Michel peu après. Le Lutin repasse toujours les plats !
Le temps passant, je suis allé jusqu'à 1h07, chrono que je me suis offert à 49 et 51 ans. Là, je pense avoir atteint mon maximum mais je prends toujours le départ de cette épreuve avec autant de plaisir que de hargne car je sais que la distance et le profil me conviennent et que j'y ferai mon meilleur classement de l'année, ce qui flatte mon ego de sale type vieillissant mais toujours aussi mauvais et agressif.

Edition 2009

Deux semaines après les 80 kilomètres de l'Eco-trail, je savais que je ne pouvais pas briller et avais calculé que je pouvais raisonnablement faire la course en 1h12, espérant cependant ne pas me ridiculiser au-delà des fatidiques 1h15 qui attireraient les quolibets et les lazzis justifiés de mes camarades prompts à brocarder Le Lutin si moqueur en temps normal. Juste retour des choses...
Ce dimanche, ayant oublié d'aller chercher mon dossard la veille, c'est un peu speed mais toutefois à l'heure que je suis arrivé au rendez-vous des Kikous à la piscine jouxtant le départ.


J'eus ainsi le plaisir de faire la connaissance de Dom61 (milieu) et de Titi61 (droite) accompagnés d'un camarade. M'étant enquis de la possibilité de les poutrer grave pendant la course, c'est d'un pas léger que je me dirigeai vers la ligne de départ où, en guise d'échauffement, je serrai plus de louches que je n'agitai de jambons.



Trente minutes avant le départ, je me mis dans les premières lignes, gage certain de pouvoir frimer en descendant la Rue de Bretagne comme un malade sous les yeux admiratifs de mes élèves qui habitent tous le quartier.
Je suis bientôt rejoint par La Mouette auquel j'ai promis des sévices sexuels si je le rattrapais pendant la course puis par François 91410 tout équipé Kikou et ensuite par Dom et Titi.



 Pour passer le temps, je fais quelques photos et raconte pas mal d'âneries...

 C'est pas le marathon de Nouilles-Orque mais y'a du monde !

Je fais quelques portraits comme celui-ci : Les gars de Champrémont sur les traces du Bagnard de Kikouroù.


 Et même un autoportrait, histoire d'émoustiller les filles qui liraient ce récit :



C'est pas le tout ! Le départ est bientôt donné et c'est plus de 3000 cinglés qui dévalent la rue de Bretagne. Le boulevard Colbert est bientôt avalé malgré sa côte ridicule qui ne ralentit pas grand monde. Et c'est parti pour la rue d'Argentan qui mène à la forêt d'Ecouves. Pendant deux kilomètres, j'entends les cris enthousiastes de mes élèves massés au bord de la route ainsi que les soupirs énamourés de leurs jeunes mamans éblouies qui finissent par s'évanouir à mon passage. Il y a même ma maman qui me crie des encouragements juchée sur une butte près de l'hippodrome.

 Ma maman, c'est la dame en blanc.
Elle n'est pas grande, comme la mère de Joe Dalton, mais c'est ma Maman.

Damigny, le bourg dans lequel le Mustang essaie d'alphabétiser les populations semi-rurales puis la côte de Fourneaux sont passés et c'est la plaine qui se déroule au pied de la Forêt du Lutin : Ecouves la magnifique.
Je carbure, je turbine mais pour combien de temps ? Je rattrape assez vite La Mouette qui se met à serrer les fesses en me voyant. Je décide de rester un peu avec lui et nous faisons ensemble une bonne partie des quatre bornes de la plaine. Peu de temps après, je finis par le perdre. Rassurez-vous, il finira non loin du Lutin et ne dut subir aucun outrage de ma part. Les Ragottières et la première vraie côte : c'est ici que ma Josette m'attend, l'appareil photo à la main et un océan d'admiration dans les yeux (j'en fais peut-être un peu trop !).

  Il va vraiment falloir que je me teigne les cheveux ! 

Deux kilos de faux-plat de côtes et c'est le dixième kilomètre : 42 minutes. Correct ! On va grimper !
Le Vignage m'ouvre les bras et  c'est le début de cinq bornes en côte sans zone de récupération. C'est aussi la plus belle partie de la course devant laquelle s'ouvre amoureusement la forêt, vaincue par le spectacle de tant de désir et d'efforts. Nous nous précipitons sous la ramure telle une troupe extatique de spermatozoïdes courant à leur perte.
Trêve de poésie à deux sous, Lutin, ça grimpe et le tendon d'Achille se réveille car la côte ne se monte bien qu'en utilisant la pointe des pieds. Ça tire ! Tant pis, je ne vais pas me laisser passer dans la montée, TUTEOOM ? (T'es un Trailer d'Ecouves oui ou merde ?)
Bon je souffre mais je persiste. Je me permets juste une petite excentricité au passage devant JMF, mon attaché de presse puis je continue derechef à pousser comme une parturiente.

 Au moins, il n'osera pas mettre ça dans le journal !

JMF passé, c'est la fin de la course, le sommet de la forêt : la Croix-Médavy. Les derniers mètres sont presque plats et je lance une modeste accélération. J'arrive en 1h08'55'' mais je serai crédité de 1h09'02 à cause d'un décalage dû à la saisie de mon temps. Pas grave. J'ai fait mieux que prévu et je finis 359ème sur plus de 3000 concurrents. Mon ego est remonté comme une horloge, je vais pouvoir faire le dindon dans la cour d'école lundi.
Barthé, le fils aîné de JMF est là. Il m'indique que son pari est réussi : 59'12'' et une place dans les 30 premiers. Chapeau bas mon gars ! Et t'as pas encore tes 21 ans ! 


Le jeune marié est là aussi : Riah50 est même interviewé par un journaliste :


François a fait la connaissance du Sage de la course à pied Alençonnais en chemin, il nous rejoint bientôt.


Suivi peu de temps après par Titi61 qui semble satisfait de sa course. Moi aussi je suis satisfait, je suis devant !

 Toi, il va falloir que tu goûtes au trail du dimanche matin et à sa bière !

Tout a une fin et je rejoins les cars vestiaires pour m'habiller puis les navettes qui me ramèneront vers ma Josette. Le naufrage, ce sera pour une autre fois !


L'océan sylvestre va pouvoir retrouver son calme, jusqu'à la prochaine incursion dominicale des Trailers. Mais à cela, la forêt est habituée. Cela la fait même sourire... 

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