dimanche 3 octobre 2010

C'est de l'Art ou du Cochon ?



Désolé, derrière ce jeu de mots lamentable, se cache un billet sur un des plus grands artistes du XXème siècle :
Francis Bacon


Le petit Francis est né en 1909 à Dublin. Sa maman, héritière d'une riche famille irlandaise était d'une nature chaleureuse alors que papa Bacon, ancien vétéran de la guerre des Boers (guerre lors de laquelle les Anglais inventèrent les camps de concentration), n'était pas un gars trop facile et pas du genre compréhensif...

Mister Bacon était éleveur de chevaux. Manque de chance, Francis qui souffrait d'un asthme sévère était doté d'une forte allergie aux chevaux. Il devait en faire exprès ! A cette époque, on soigna l'enfant à la morphine lors de ses crises les plus sévères. 

Francis était un enfant timide qui aimait se déguiser. Ce goût pour le travestissement et ses manières efféminées provoquèrent de fréquents conflits avec son père qui finit par le jeter dehors le jour où il trouva son fils se contemplant dans un grand miroir, habillé avec les sous-vêtements de sa mère.

Il vécut grâce à une petite pension allouée par sa mère et aussi à quelques expédients comme le vol ou la prostitution auprès d'hommes du monde.

Bacon partit pour Berlin en 1927 puis pour Paris où il découvrit une intense vie artistique, étudiant, par exemple, le travail de Picasso mais aussi celui de maîtres plus anciens comme Nicolas Poussin. Il s'installa ensuite à Londres où il commença vraiment à peindre tout en exerçant au départ le métier de décorateur. 

 Dans cet autoportrait de 1930,
on voit bien l'influence de Picasso.

Autodidacte, Francis commença à peindre sous l'influence de Picasso mais aussi de Velasquez ou Rembrant mais ce ne fut qu'en 1945 qu'il s'affirma comme un peintre de premier rang en présentant le triptyque "Crucifixion" où derrière une composition à l'inspiration surréaliste, Bacon exprime une violence à la crudité qui choqua une société qui, à cette époque préférait oublier les horreurs de la guerre.

 Crucifixion (gauche)

Bacon est connu aussi pour une série d'oeuvres d'après Velasquez mettant en scène un pape hurlant. Il en peindra un certain nombre entre la fin des années 40 et les années 50.

 Head (1949)

 Figure with meat 1954
Le pape entouré de quartiers de boeuf,
ça n'a pas plu à  tout le monde ! 

Dans cette série de portraits à la tête déstructurée, on voit éclore un style qui fera de Bacon un des portraitistes majeurs de son siècle. Les années 60 et 70 furent fécondes en œuvres aussi passionnantes que dérangeantes dont voici quelques exemples :

 Isabel Rawsthorne (1965)

 Lucian Freud (1966)

 Autoportrait (1971)
 
La vie sentimentale de Bacon eut aussi une influence sur sa peinture comme le montre son chef-d'oeuvre, le tableau "Triptych" qui relate le suicide de son amant George Dyer dont il avait fait la connaissance alors que celui-ci était en train de cambrioler son appartement.

 Triptych (1973)

Francis Bacon termina sa vie en compagnie de John Edwards, un jeune homme illettré avec lequel il eut sa plus longue et plus stable relation.
 
 John Edwards (1989)
 
Bacon mourut en 1992 d'une crise cardiaque, ses biens furent légués à Edwards qui fit la donation de l'atelier de l'artiste à l'Etat.

Note : La vie sexuelle de Bacon est exposée dans ce billet comme une clé pour la compréhension de l'œuvre de l'artiste en tant que facteur psychologique et surtout pas au niveau du scandale.

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