samedi 23 octobre 2010

Trail du Pays de Bray 2010

Caramba !




L'année dernière, lors du Trail du Pays de Bray, je me suis fait honteusement poutrer par un type qui était à la limite du V3. Le fait que ce type était mon coach et nonobstant mon ami n'y faisait rien, j'étais fumasse !
 
J'ai mis ce tonitruant échec sur le compte du manque d'entraînement et je me suis promis de laver cet affront dans le sang ou du moins dans la Seine Maritime où se déroulait à nouveau ce trail appelé aussi "Trail du Bulot".


 Quand nous arrivons à Gaillefontaine le samedi soir, notre place de camping-car est déjà réservée et notre ami Mayonnaise, l'alter ego du Bulot nous attend.

 photo organisation

Il y a des gens qui aiment les gens, il y a des gens qui se bougent pour les autres,  eh bien Christophe (c'est son nom) fait partie de ces gens-là. Il nous accueille avec un  grand sourire et une tape dans le dos comme si nous étions de vieux amis. Ça réchauffe.

Ah oui, nous, c'est le Lutin, votre serviteur et Allain (Riah 50) son coach accompagnés de leurs épouses Josette et Béatrice.

 
Nous traversons la rue pour nous rendre au café local où la bière nous attend ainsi qu'un repas préparé spécialement pour nous. La patronne nous traite comme des habitués. Tout baigne...


Le lendemain, nous allons chercher nos dossards et nous retrouvons Le Bulot ainsi que de vieilles connaissances et de nouveaux Kikous :


Sympathique attention, le Bulot a fait imprimer mon dossard avec un de mes avatars. Je me suis juré de le garder en souvenir. En fait, je l'ai désintégré avant l'arrivée... ça c'est typiquement Lutin.


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Le pays de Bray, c'est en Normandie, donc c'est beau. Et sous le soleil de mai, c'est encore plus beau. 

Je suis en forme grâce aux six précédentes compétitions accumulées en cinq semaines. Allain ne s'est certainement pas remis de ses 488 km dans le désert marocain en 12 jours effectués en février. Donc logiquement, je vais te me le poutrer l'ancêtre ! Tellement grave qu'il va aller s'acheter fissa un  déambulateur à Décathlon lors de notre retour à Alençon.  


De Diou ! V'à qu'il part comme un lapin le Ouarzazate ! Qu'est-ce qu'il me veut ? A peine sortis de Gaillefontaine, nous prenons la direction d'une sévère montée dans laquelle le Allain me refait le coup de l'année dernière en grimpant à fond. Je ne fais pas l'erreur de marcher et je le suis à environ une minute de distance. Je le garde à l'œil mon Riah !

C'est dans ces moments que j'entends à côté de moi une bribe de discussion :
"... et puis d'abord, de toute façon, je suis premier V3..."
Le gars en question cause à un jeune tout en me doublant. Il a l'air sûr de lui.
Je ricane en mon for intérieur : "Mon cochon, y'en a un qui est devant de V3 et j'espère bien qu'il va y rester..."

Mon désir de me venger du trail de l'année précédente est mise en sommeil et je me mets en devoir d'énerver l'énergumène qui prétend ravir la place de premier croulant à mon ami Allain. Non mais !

Donc, j'accélère et je me mets devant l'individu. Il me double dans les montées, je le double dans les descentes et ainsi de suite... Allain restant toujours 200 mètres devant.


Nous faisons un long parcours champêtre avant de revenir vers le château de Gaillefontaine puis le village. Je serre le poursuivant d'Allain de près...


Nous remontons ensuite dans les prés pentus de la campagne haut-normande sur un étroit chemin tracé à la faucheuse bordé d'orties qui stimulent fort à propos les jambes fatiguées.


Puis c'est le dessert : le terrain de moto-cross. Bon, c'est raide !


Si, c'est vraiment raide que j'vous dis !


C'est à cet endroit que j'ai le plaisir de retrouver ma Josette qui court avec Béatrice, sa copine. Elles se sont engagées sur le 15 km et n'ont pas l'air de s'ennuyer.


Sur le terrain de moto-cross, je rattrape assez rapidement Allain et son challenger à cause de ma technique particulière de descente. Là où certains progressent précautionneusement ou s'aident d'une corde, je galope, je bondis, je vole; gagnant ainsi plusieurs places.

Il ne me reste plus qu'à décoiffer Allain lors de la dernière descente et le tour est joué ! Le moral dans les chaussettes, il va pleurer sa mère et me permettre ainsi de me venger de l'affront de 2009.

C'est là que je fais une gaffe. Je ne sais pas ce qui m'a pris mais j'ai eu comme un renvoi... un sursaut de camaraderie.
Alors qu'il me suffisait de lâcher une vacherie bien sentie pour rouler le merlan dans la farine, je m'entends dire : "Fais attention Allain, le gars derrière, il est V3 et il va te piquer ta place..."
Tu parles, c'est comme si je lui filais de l'EPO ! Piqué à vif, le Riah, il va pas s'laisser faire !

Sur ce, je m'envole quand même, laissant mon ami sur place mais qu'est que je vois arriver sur le plat qui suit le moto-cross : mon Ouarzazate qui est bien décidé à me ficher les abeilles ! 


Hé ! Moi je descends les côtes et les bières, je suis mauvais sur le plat ! Et l'autre V3 qu'arrive aussi à la poursuite de mon copain à moi ! Vlà aut'chose ! Là, j'ai un coup de mou...


Finalement, je me reprends et retrouve le contact avec Allain et l'impertinent qui se voit impétrant. Après un passage par Gaillefontaine, nous arrivons dans les bois dont le parcours me semble moins long que l'année dernière. 

J'ai beau accélérer, je cède 200 mètres à mon coach que je vois contrôler avec maestria son poursuivant. 

Je ne sais pas si c'est la fatigue ou quoi, alors que nous revenons par la route, je me retrouve à un moment en train de discuter avec un cheval qui me dit qu'il est de famille avec le Mustang. Voilà t'y pas qu'il m'entretient à ce propos avec son fort accent normand :


 Evidemment, le canasson m'a retardé et quand je repars, le Riah il a pris la poudre d'escampette ! Je ne le vois plus du tout.


En fait, dans les derniers kilomètres, Allain a mis la patate pour décoller son adversaire comme on se débarrasse d'un vieux chewing-gum qui s'accroche au talon.

Passage par le parc du château et ses superbes hêtres pourpres...


... et c'est la dernière descente vers le village.

Je boucle les 31,6 Km en 3h07 sur un rythme plus rapide que l'année dernière mais le Allain, il m'a mis 2 hénaurmes minutes dans l'anus ! Ça m'en bouche un coin !


Mayonnaise avec son sourire inoxydable m'accueille à l'arrivée et ça me met du baume au coeur. Allain, sa Béa et ma Josette sont aussi là pour m'applaudir. Avec tout ça, j'vais bien être obligé d'être content !


Il ne me reste plus qu'à insulter féliciter Allain pour sa perf et sa première place V3 conquise de haute lutte.

S'en suit une pasta party (très bonne la bolo)  gratuite et ensoleillée comme le fut toute la journée.

Ambiance chaleureuse, organisation sans faille, beau parcours bien balisé, lots originaux : vous savez maintenant où vous allez courir en mai 2011 !

Merci à NCAP pour les deux photos additionnelles. 

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