mardi 19 octobre 2010

Visite chez l'Ostéo


Monsieur Marteau, mon Ostéo


Pour une fois, je ne suis pas allé courir samedi matin. C'était le jour de ma visite chez Mr Marteau.
J'ai une affection particulière pour ce genre de praticiens qui m'ont rendu de fiers services depuis une trentaine d'années. Cela fait fort longtemps que je suis suivi par Mr Marteau qui me démonte et me remonte régulièrement comme un Lego.
Pour me faire manipuler en petite tenue, j'aurais pu choisir un praticien de ce genre :


 Ben non, allez savoir pourquoi mais mon ostéo, il ressemble à ça :


Le gars est descendant de deux des plus fiers et farouches peuples de marins : les Bretons et les Siciliens. On voit ça tout de suite à la déco de la salle d'attente.
 

On voit aussi au rembourrage spartiate des sièges qu'on n'est pas là pour s'avachir :


Je crois que Monsieur Marteau, il m'aime bien car pendant la consultation, j'ai droit à moult explications et digressions sur la santé, le sport et la navigation à voile. Enfin, il cause et je réponds comme je peux en fonction de la position dans laquelle je me trouve.

Samedi, j'ai eu droit au grand jeu. Il faut dire que depuis un moment, je ressens une brûlure au niveau de la jambe droite et que je souffre en position assise. 
Après les observations d'usage, il m'a dit : "Ça, vous souffrez encore du nerf pudendal..."
Moi, j'ai fait du latin et je sais que pudendal vient de pudenda qui désigne la zone génitale. Le mot a d'ailleurs donné "pudeur".
Sachant pertinemment que contrairement aux autres primates, je ne possède pas d'os pénien, je me demande un moment ce que le type en blouse blanche aux avant-bras poilus va bien me manipuler...

 
"Mettez vous sur le ventre, qu'il me dit, je crois que je vais vous tracasser un peu, il faut que j'intervienne dans la zone du coccyx."

Et voilà-t-y pas que le monsieur, il met un gant où il n'y a pas tous les doigts et passe par derrière. Je ressens comme une brûlure... enfin, pas du genre échauffement... plutôt comme si on m'introduisait un chalumeau dans le fondement. Je veux dire, un chalumeau allumé !

"Respirez, j'y suis presque..." qu'il me dit le Sicilo-Breton.
Et moi de répondre : Yeaarrgh !!!
Hou, la vache ! Je viens de prendre la dimension de la cruauté du supplice du pal.


"Et encore, il ajoute, un jour j'ai réduit une fracture du coccyx à un rugbyman qui ne voulait pas être opéré... j'ai dû lui mettre des claques pour qu'il se réveille..."

Le reste de la consultation n'est qu'une plaisanterie et quand je me relève, je sens que j'ai quelque chose de décoincé. Ce sacré ostéo, il n'est pas vraiment câlin mais il est doué...
Voilà, on discute encore un moment et Monsieur Marteau m'adresse une virile poignée de main en me disant :
"Et je ne veux pas vous revoir avant trois ou quatre mois..."
J'opine... pour sûr que je vais un peu laisser se refroidir le couloir à lentilles !

En sortant, j'avise la salle d'attente dont la porte est ouverte. Des patients lisent des revues diverses et près de la porte, une petite fille tient un album au titre évocateur :


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