mercredi 1 décembre 2010

Marathon de La Rochelle 2010

La banane !!!



La vache, quel marathon ! Plusieurs jours après, c'est comme si je n'étais pas encore descendu de mon trip. Il faut que je vous raconte...
  
Trois inconscients m'avaient élu coach en prévision du marathon de la Rochelle. Comme tout bon enseignant, j'avais pris la chose à cœur et, malgré mon passé de crasher invétéré, j'avais essayé de concocter une préparation correcte à mes camarades. En fait, depuis le début septembre, la prépa marathon s'était mise à ressembler à un stage commando alternant fractionnés nocturnes hystériques, sorties longues et courtes, le tout assaisonné de crapahuts hebdomadaires et néanmoins galopants dans une forêt d'Ecouves dégoulinante d'un automne à la météo musclée.

Douze semaines plus tard, le groupe était prêt :


De gauche à droite :

Erick, médecin spécialiste des coliques frénétiques, il cherche à faire moins de 4h30 pour son second marathon. Il aimerait aussi que les coureurs s'abstiennent de faire un infarctus devant lui comme cela lui est arrivé lors de sa première expérience à Paris, ça retarde... Je lui prédis 4h00 à 4h12.

Catherine, ancienne fumeuse, en est à son deuxième marathon. Son but : moins de 4h00. Ses atouts : sa formidable volonté et sa résistance à la souffrance. C'est elle qui était devant durant les entraînements longs. J'ai pleinement confiance en elle et je lui prédis une fourchette resserrée : 3h55 à 3h59.

Béatrice, comme son mari Erick, ranime aussi les cardiaques dans les courses , c'est de famille... C'est la seule qui n'a couru aucun marathon. Après les premières sorties longues et quelques difficultés de réglage, je lui ai prévu un marathon entre 4h20 et 4h30. Son principal problème était le rythme et son principal atout la fraîcheur d'esprit. C'est avec elle que je vais courir le marathon.


Comme à l'accoutumée, nous descendons chez ma chère Mimi qui accueille ainsi sa sixième fournée de Trailers d'Ecouves en son domicile de La Rochelle. Avec ma Josette, elle formera notre équipe technique de choc, veillant à accueillir, nourrir, abreuver et réchauffer les marathoniens frigorifiés.

Catherine, Mimi et Josette


Le départ

Nous nous plaçons  tous dans le deuxième départ situé à côté de l'Espace Encan réservé aux féminines et aux hommes à partir de V2. Les organisateurs doivent penser qu'à cet âge-là, on a le divertisseur trop mou pour embêter les filles...

La température n'excède pas un ou deux degrés et nous sommes vêtus des habituels sacs poubelle. Nous discutons un moment avec les gars et les filles de Champfrémont (un village d'cheu nous) qui se trouvent par hasard à moins de deux mètres de l'endroit où nous attendons.


Le départ est donné au son de La Vache qui rit de Wagner (ou quelque chose comme ça...) et comme convenu, Catherine et Erick partent sur des bases de 5'40 au kilomètre alors que moi et Béatrice, nous avons décidé d'avancer à 6'15 au kilo.

 

Un marathon sous ecstasy

L'entraînement a payé, Béatrice part comme une horloge suisse et elle ne va pas varier de plus de cinq secondes au kilomètre. Ce rythme très régulier, fort rassurant pour elle et pour moi, conjugué à la bonne humeur communicative de ma camarade va avoir un effet de plus en plus dopant.


Nous passons les tapis des cinq puis des dix kilomètres dans un état d'euphorie qui nous fait presque voir des mirages. D'ailleurs, malgré la météo plutôt rigoureuse, Béa restera persuadée qu'il faisait beau durant toute l'épreuve. Quant à moi, je me trouve  dans un état d'excitation qui va bientôt confiner au délire...


  
Déjà un tiers de marathon effectué, nous avons essuyé une averse de neige et une autre de pluie mais les éléments n'ont pas de prise sur nous. 
Comme convenu, nous marchons 40 secondes à chaque ravito où nous buvons deux verres de boisson gazeuse. 

Je ne sais si c'est la dopamine ou les boissons distribuées par l'excellente organisation du marathon mais je me mets à aimer tout le monde, remerciant les spectateurs d'être là malgré le froid ainsi que les bénévoles, proposant des bisous aux policiers de garde aux carrefours et encourageant les coureurs qui commencent à ramer. 

C'est surtout au semi que je vais me mettre à déraper... peut être à cause du passage des premiers  dont le style me fera littéralement bondir hors de mes chaussures de running.


Un semi en 2h10'48 nous met sur des bases de moins de 4h25 ! C'est le pied ! 

Je me mets à bondir comme un cabri, courant parfois en arrière, allant d'un bord à l'autre de la chaussée, interpelant les bénévoles et spectateurs pendant que Béatrice, extatique, commence à voir des singes dans les palmiers bordant certaines avenues.

Malgré un muscle pyramidal qui la tracasse toujours, ma primo-marathonienne va pulvériser le mur des 30 kilomètres comme si c'était une construction Lego.
Quant à moi, je ne cours plus, plane, je délire, je galège, j'explose !



A partir de ce moment, je ne me souviens plus très bien... Je crois que j'ai sauté sur un gars de Condé sur Sarthe, un club de mon pays. Le type marchait et j'ai tellement hurlé après lui qu'il est parti en courant jusqu'à l'arrivée. 
Il y a aussi un moment où un type de l'organisation en moto m'a proposé un dépistage de substances dopantes. Pour toute réponse, je lui ai demandé de nous photographier, ce qu'il a fait fort obligeamment : 

Vous remarquerez l'état d'accablement de nos pauvres voisins de marathon...

D'habitude, le tour dans le port clôturant ce marathon est une épreuve assez difficile et elle l'est pour nombre de coureurs qui souffrent en silence autour de nous. Les pauvres sont obligés de supporter deux énergumènes dopés par leurs propres neurohormones.

En fait, nous sommes excités comme des chats sous cocaïne et nous ne sommes pas loin de ressembler à ça :

Boudiou, ça pulse !

Je garde encore assez de lucidité pour imposer un arrêt au ravito du 40ème kilo et c'est ensuite deux bornes de délire où nous slalomons parmi les zombies totalement atterrés par tant de tintamarre.

Un petit film valant plus qu'un grand discours, je vous livre l'arrivée  (en 4h23'27") d'anthologie de Béa filmée par un Lutin en transes :


Musique de Yes

"We have Heaven"... le Paradis est en nous, voilà ce qui me trottait dans l'esprit sur les pavés de La Rochelle. C'est ce que ma compagne d'un marathon m'a appris ce jour-là.


Et pour couronner le tout, l'impétrante au glorieux titre de marathonienne se fait interviewer par "le" Gérard qui est aussi "notre" Gérard car c'est un gars d'Alençon.

Damnation, la bousculade est intense au sortir des remparts mais nous attendons calmement dans notre beau coupe-vent blanc et or du 20ème anniversaire.

Je suis cependant impatient de retrouver les autres, inquiet de leur résultat.

J'avais tort de m'inquiéter, je retrouve Josette et Mimi pouponnant nos deux amis qui nous apprennent la bonne nouvelle : Erick a amélioré son temps sur marathon de 40 minutes en 4h00'29" !!!

Et Catherine a gagné son pari en 3h59'35" malgré des crampes dues au froid.

YEEEEEESSSS !!!!!

Le Lutin, sa Josette et Catherine

Erick, un peu cuit par son exploit, retrouve son épouse en pleine forme. Il faut qu'il assure avec un tel concentré d'énergie à la maison !


Voilà, j'ai terminé mon boulot de coach, je vais pouvoir reprendre mes activités de limace au mental de yaourt lors des 68 bornes nocturnes de la Saintélyon. 


Hein ? Mais c'est dans six jours !!!  Damned !

2 commentaires:

  1. Superbe compte rendu du 20ème Marathon de La Rochelle et Félicitations au coach et à ses "poulains" pour leur performance

    Un berruyer qui a reconnu sa soeur sur votre photo

    RépondreSupprimer
  2. Superbe réçit de course !

    Bonne continuation :)

    RépondreSupprimer