dimanche 11 novembre 2012

Dans le puits de lumière


Après mes calembredaines de la semaine dernière à la Ferrière-Béchet, j'ai décidé de faire l'impasse sur le cross de Montilly, ce 11 novembre. J'ai les pistons qui grippent et les carters qui grincent depuis une semaine, ça m'apprendra à courir après les jupettes ! Je sais bien que je rate le championnat régional de cross court dans lequel j'avais une chance de médaille pour peu qu'une épidémie de grippe décime le peloton des vétérans et qu'un mauvais balisage égare la tête de course. Tant pis, je vais me rabattre sur le traditionnel rendez-vous écouvien du dimanche matin.

Deux degrés au départ, voilà qui réveille. La troupe est surtout constituée des survivants de la Diagonale des Fous qui viennent récupérer en forêt. Tant mieux, après ce qu'ils ont avalé il y a deux semaines, le rythme sera certainement modéré et je vais pouvoir prendre des photos.

Radon baigne encore dans la brume et j'insiste pour que l'on grimpe au sommet de la forêt. Grand bien m'en fasse, des jours comme cela, il n'y en a que quelques-uns par automne. Au Québec, ces moments s’appellent "Les Couleurs".



En Normandie, nous n'avons pas le rouge vif de érables mais le roux des chênes le remplace avantageusement.


Le rouge est au sol avec la première mutation des fougères dont le carotène jaillit enfin après la désertion de la chlorophylle.


Mais les rois de novembre sont sans conteste les hêtres dont chaque individu brille comme un jeune soleil.

Les longues tiges de canche ont elles aussi viré au jaune et seuls les sapins apportent encore une sombre touche de vert à cette forêt en feu.

Après avoir grimpé au sommet d'Ecouves, nous retournons vers le sud et nous plongeons ainsi dans un puits de lumière.


Le soleil d'automne s'immisce partout, jaillissant de derrière les arbres ...


... et s'insinuant jusque dans les rets de l'épeire tardive dont la géométrie ne capturera désormais plus que la lumière.


Nous approchons bientôt de Radon, plus qu'une dernière montée dans l'éblouissement automnal.



La descente vers le village se fait aussi en température et nous quittons le puits de lumière pour retrouver les frimas.


Dans le froid de novembre se cachent des joyaux
D'incarnat, de bel ambre, de roux et d'or rêveur.
Le soleil inonde tout : arbres, fougères et ruisseaux.
La lumière est à nous, pour l'hiver en nos cœurs.

2 commentaires:

  1. Ouh, ça fait drôlement envie de se retrouver là-bas.
    A très bientôt !
    Alain

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  2. Continue de nous faire rêve le lutin . à dimanche. Raymond

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