samedi 14 février 2015

L'Esprit français 2

Monsieur de Sainte Colombe
Deuxième moitié du XVIIème

Beaucoup seraient passés à côté de Mr de Sainte Colombe, nonobstant les enregistrements de Jordi Savall et Wieland Kuijken dans les années 80-90, s'il n'y avait eu le merveilleux film d'Alain Corneau tiré du roman de Pascal Quignard "Tous les matins du monde" où on découvre un musicien veuf hypersensible incapable d'exprimer ses sentiments hormis avec sa viole qu'il maîtrise plus que tout autre :



Ce roman et ce film, basés sur les très rares informations concernant ce personnage important dans l'histoire de la viole se permettent le tour de force de présenter un portrait crédible de Ste Colombe alors qu'il s'agit essentiellement d'une fiction dont la justesse est plus dans la sensibilité que dans l'exactitude historique. En cela, "Tous les matins du monde" est le film à voir en ce qui concerne l'Esprit français (Je me cite : ce mélange de tragique et de légèreté, de noblesse et de modestie résultant de la fréquentation d'une culture et d'une nature dont la douceur le dispute à la générosité.)

 Traité de Jean Rousseau (1687) présentant les améliorations
 apportées par Ste Colombe au jeu de  la viole

D'après les recherches de Jonathan Dunford, "Jean de Sainte Colombe était le père de deux filles, Brigide et Françoise, et vivait dans la rue de Betizy (aujourd'hui la rue de Rivoli) dans le quartier de Saint-Germain-l'Auxerrois. Cette rue coupe la rue de la Monnaie et la rue Bertin Poirée; assez curieusement, ce sont deux des premières adresses du jeune Marin Marais."

Selon les mêmes recherches, il apparaîtrait qu'il pourrait avoir été de confession protestante, ce qui expliquerait qu'après la révocation de l'Edit de Nantes, il ait été écarté des registres officiels des musiciens du règne de Louis XIV.

Sainte Colombe est, musicalement, essentiellement connu pour le manuscrit de 67 concerts "a deux violes esgales" retrouvé dans les années 60 dans lequel les deux instruments dialoguent sur un même pied d'égalité. C'est le concert Bourrasque (Bourrasque, Balet, Sarabande, Gavote, Sarabande gaye)que je vous propose d'écouter en pensant à cet extrait du film d'Alain Corneau dans lequel Sainte Colombe, en pleine tempête, décrit la musique de la tourmente au pauvre Marin Marais qui n'y comprend goutte.



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