mardi 8 mars 2016

Courir 7

Coaching


C'est finalement par hasard que je me suis mis à entraîner des gens. Au départ, ayant beaucoup reçu de mon ami Allain, je trouvai normal de partager et de transmettre. J'ai d'abord partagé un marathon avec mon épouse puis avec le grand Pascal qui n'en revenait pas de me voir parler durant 42 km. Ce jour-là, j'ai d'ailleurs failli me faire lyncher par des coureurs exténués qui ne supportaient plus mes babillages.

En fait, la première personne que j'ai vraiment entraînée, c'est moi-même, le jour où, ayant pris de l'âge, je songeai qu'il serait peut-être nécessaire que je me trouve des plans d'entraînement, ce qui fut fait sur le Net.

Au bout d'un moment, les copains et les copines de course ne sachant pas toujours quoi faire, se mirent à m'imiter et ils découvrirent que des séances structurées les faisaient progresser. De fil en aiguille, à l'intérieur de mon groupe, je suis devenu le spécialiste ès entraînements qualité et ès marathon. Par expérience mais parfois aussi de manière empirique, j'ai affiné mes techniques et découvert certaines choses bien utiles comme le Smecta ou la rotation des paires de chaussures.


Dans trois cas sur quatre, mes plans d'entraînement sont destinés à des femmes et même si j'ai bien sûr accompagné des amis hommes en compétition, je me retrouve souvent en compagnie de la gent féminine ; mais il ne faut pas s'y méprendre, même si je fais souvent le Guignol, je suis un mari honnête et le fait que les filles me choisissent comme entraîneur ne vient pas du fait que je ressemble à Alain de loin car il suffit de me regarder pour constater que je suis plus Robert que Redford.

Tout ce coaching représente pour moi une certaine charge psychologique mais aussi physique car j'accompagne souvent mes camarades à l'entraînement ainsi qu'en compétition. Les progrès et les résultats de mes "élèves" font certainement du bien à mon Ego de mâle ; d'une certaine manière, je réussis par procuration, mais chaque blessure et chaque contre-performance est une éraflure sur ma carrosserie déjà bien bosselée.

C'est en me promenant cette année dans les alpages que j'ai finalement réalisé ce qui me poussait à m'occuper ainsi des autres : j'ai une mentalité de chien de berger. D'ailleurs, j'ai des points communs avec le patou : je suis tenace, parfois brut de décoffrage et j'ai une grande gueule. Arrêtons-là la comparaison, les sportifs ne sont pas des moutons et je n'ai pas le corps couvert de poils, loin s'en faut.

Dans quelques années, je n'aurai plus les moyens de m'investir ainsi physiquement dans l'entraînement des autres et je ne me vois pas les diriger assis sur un banc, le sifflet au bec. Pour mes soixante-dix ans, Cathy que j'ai maintes fois entraînée m'a fait une promesse qu'elle tiendra : elle me préparera et m'accompagnera pour un marathon en 2026. Et le relais sera transmis...


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