lundi 2 mai 2016

L'Esprit français 18

 Joseph Bodin de Boismortier
1689-1755

A entendre les dix-sept premiers numéros de cette série, l'on pourrait penser que l'Esprit français n'est que mélancolie raffinée ou majesté cérébrale, que nenni ! L'Esprit français sait aussi être léger et souriant et c'est à cet esprit-là que les trois derniers chapitres sont consacrés.

Peinture de Jean Ranc 

Bienheureux Boimortier, dont la plume fertile
Peut tous les mois, sans peine, enfanter un volume.

Voi ce qu'écrivait Benjamin de la Borde en 1780 dans son essai sur la musique. Longtemps, Joseph, fils de militaire reconverti en confiseur à Thionville eut mauvaise réputation à cause de son énorme production pour tous types de formations (plus de la musique vocale). Sa grande facilité à composer et les grosses sommes d'argent qu'il récoltait lui valurent bien des inimitiés d'autant plus que Boismortier était un roturier même pas fils de musicien qui commença sa carrière professionnelle en tant que receveur de la Régie Royale des Tabacs à Perpignan.

Après dix ans dans ce poste de "fonctionnaire", Joseph monta à la capitale où il fit un tabac grâce à sa fabuleuse capacité d'adaptation au goût du jour. Si sa production n'a pas l'exigence et la qualité des plus grands, Boismortier composa toujours une musique de bonne facture.

Un grand nombre d'opus (parmi les 102 volumes parus) sont consacrés à la flûte traversière, très à la mode à l'époque, que ce soit en solo, en duo, en trio et même en quintette sans accompagnement de basse. L'extrait que je vous propose est noté "gracieusement", terme fréquent dans les compositions de l'auteur, ce qui représente bien l'amabilité, la légèreté et le sourire d'une musique sans prétention.


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Source principale : Stéphan Perreau

 

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