lundi 20 septembre 2010

La Culotte Rouge


Ce texte était à l'origine destiné à l'Orne Photo un périodique épisodique dont le rédacteur est notre ami Mustang.Il s'agit d'un hommage à Mireille, une petite Réunionnaise d'Alençon modèle de pugnacité, de volonté et de ténacité, figure locale de la course à pied connue autant pour son caractère vif que pour son grand coeur.
Cette année, pour ses cinquante ans, elle s'est offert le semi du Morbihan, le CCC (85 et 86 km) en hors d'oeuvre et la Diagonale des Fous (150km) en plat de résistance; excusez du peu !
Voici donc le récit d'un challenge amical qui m'opposa à Mireille.

La culotte rouge


Je connais Mireille depuis mes débuts de coureur à pied. Je me souviendrai toujours d’un Alençon-Médavy lors duquel elle me doubla telle une fusée aux environs du septième kilomètre. Je ne me rappelle plus exactement ce qu’elle me dit alors mais c’était une de ses remarques de killer qui vous plombent les pattes immédiatement. Elle est comme ça Mireille, elle vous aime bien mais elle ne vous rate pas.

Mireille de face

Le temps passa et je fis des progrès qui me permirent de la concurrencer sur la plupart des épreuves, ce qui donnait lieu à d’aimables mais viriles joutes verbales et sportives.
Lors de la première édition de 61 km du trail de Radon, Mireille ne trouva rien de mieux que de me doubler moins de deux kilomètres avant l’arrivée pour me dauber d’importance une fois la ligne passée. L’année suivante, me sentant plus en forme, je lui proposai de parier sa culotte si je parvenais à la passer lors de cette nouvelle épreuve. Pari tenu !

 Mireille de dos
Hé les filles, vous en rêvez d'avoir des fesses comme ça à cinquante berges ! 

Cette année-là, je pris le départ derrière Mireille et je ne la doublai qu’une heure plus tard. Elle me laissa filer, pensant à juste titre me rattraper plus tard. Effectivement, ce fut très tard ! Alors que je passais à la Pesantière, Joël (le Maître d'Ecouves) qui se trouvait là me fit un petit encouragement presque immédiatement suivi d’un « Vas-y Mireille ! ». Je me retournai et vis à quelques mètres derrière moi une Mireille toujours pugnace vissée dans mon sillon et s’apprêtant à me scotcher sur place par un de ses démarrages dont elle a le secret.
Mon orgueil me fit littéralement bondir hors de mes New Balance et je partis  comme un damné, oubliant le fait que j’avais 60km dans les jambes. La culotte de Mireille, j’y tenais et je dus la défendre jusqu’au bout de ce kilomètre  le long duquel nous sprintâmes, doublant maints coureurs du 33km éberlués par cette arrivée de folie.
La culotte rouge (malheureusement, Mireille l’avait lavée)  trôna ainsi deux ans dans mon garage au milieu de mes fanions d’Alençon-Médavy.

 Un trophée conquis de haute lutte

Puis vint ce fatal jour de juin où je m’engageai à nouveau sur le trail d’Ecouves. Je ne raconterai pas une seconde fois la galère que ce fut ( pour les amateurs de crashes, voir  ICI ).
Vaincu par les crampes, je dus abandonner lors de cette funeste épreuve,  la mort dans l’âme. A l’arrivée, Mireille n’hésita pas à me couvrir de lazzis, ce qui n’était que justice.
Quelques temps après, je dus me défaire de mon trophée et le rendre à celle qui en était doublement la propriétaire. Je lui remis officiellement un dimanche dans un petit paquet cadeau.
Bonne camarade, Mireille n’alla pas jusqu’à réclamer que je me déculotte en retour.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire