dimanche 17 octobre 2010

Cross FSGT de Champfrémont 2009

Comment j'ai gagné le cross de Champfrémont
 
 
 
Bon, l’année dernière, j’avais fait parler la poudre à Champfrémont. Ce fut un cross mémorable, mon meilleur de l’année lors duquel j’avais réussi à vaincre mon ami Ricounet pour la seule fois de la saison. Il fallait que je fasse mieux et ce n'est pas le marathon de la Rochelle couru 6 jours plus tôt qui allait m’en empêcher !
 
Récit :

Je me place sur la ligne de départ juste derrière l’élite composée des meilleurs crossmen du département dont fait partie Michel qui fut mon partenaire lors du relais de Condé. Mais cette fois-ci, c’est la guerre et, tout en lui serrant la main, je l’attaque insidieusement au niveau psychologique : 

« Je tiens une de ces banane mon Michel ! Mes 2h36 au marathon de la Rochelle m’ont boosté, je sens que ça va poutrer ! »
Le Michel, je vois qu’il est impressionné. Ses jambes commencent à trembler, c'est  tout bon !
 
 On voit qu'il les a à zéro ! Il a la pression, le gars !
 

Ah voilà  Claude, le Cerf de Multonne, qui donne le départ !

Je me place aussitôt dans le groupe de tête. Gil et Guillaume impriment un train d’enfer au gruppetto. Un petit tour de champ puis traversée de la route pour zigzaguer autour des étangs parmi les pommiers du verger conservatoire. J’adore ce passage ! Le sol est tellement humide qu’on a l’impression de courir sur des éponges. De plus, la pluie s’est mise à tomber à seaux depuis notre départ et l’atmosphère est tellement saturée de flotte que les poissons réussissent à passer d’un étang à l’autre sans toucher le sol.

Poussant une sorte de mini tsunami d’humidité devant moi, je progresse à une vitesse fulgurante agrippant le sol détrempé de mes pointes garnies de crocs de 50 !
 
Ah ! Ricounet me précède ! Pas pour longtemps ! A la faveur d’une descente brutale, je lui fais une queue de poisson qui le décourage tellement qu’il se met à pleurer à chaudes larmes. Je m’éloigne en ricanant...

De Dieu ! Le Stéphane n’a pas eu assez de la raclée que je lui ai mise à la Rochelle, il me file le train et s’accroche à moi comme le morpion au poil pubien. J’ai la parade… Je sais qu’il est fragile du sac à potage et, tout en courant à plus de 18 à l’heure, je lui raconte une histoire tellement dégoûtante qu’il vomit tripes et boyaux dans la  première mare venue. Tiens, il a encore bouffé des profiteroles ! Incorrigible goinfre  !

On va pas tarder à revoir la soupe !
 
On remonte vers l’arrivée pour boucler notre premier tour. Devant moi, il y a Barthé, le grand frère de Bin’. C’est un sacré gaillard et il faut que je le passe intelligemment. Pour le mettre en confiance, je l’encourage et je l’incite à poursuivre le groupe de tête qui ne nous précède que de quelques mètres. Redescente puis remontée vers les étangs : à cet endroit, il y a des petits coins calmes et je profite du fait que nous sommes seuls un moment pour faire un bon croche-patte au jeune Barthé qui fait un vol plané et s’écrase dans un petit étang, tuant ainsi quatre ou cinq canards...
 
 T'as peur , hein Barthé !

Je me remets à la poursuite des huit derniers coureurs qui se trouvent devant moi. Lors de la descente vers les deux derniers étangs, j’avise un jeune senior qui s’apprête à passer un de ces célèbres fossés de Champfrémont. Je double le gars en faisant un bond surhumain par-dessus le gouffre boueux. Impressionné, il s’arrête et lève le pouce en criant « Chapeau Lutin ! ».

Plus que sept. Je fais le tour du grand étang, il a été vidé récemment. Je m’aperçois que cinq concurrents ont choisi la ligne droite et tentent de traverser l’étendue boueuse. Erreur  fatale ! On ne voit déjà plus que leurs mains qui s’agitent à la surface de la boue. Le cross est un sport impitoyable. C’est ce qui fait sa beauté…
 
 Ben, fallait pas passer par là !

Il ne reste que deux concurrents qui cheminent à un train d’enfer non loin devant moi. Comme je ne suis pas du genre à doubler les gens dans les derniers mètres car ce n’est pas poli, je décide de leur montrer ce qu’est grimper en effectuant la remontée de la fin du deuxième tour à plus de vingt à l’heure. Les deux gars sentent le vent du boulet et courbent le dos dans la tempête.
 
 La vache, ça jette !!!

J’entame mon dernier tour seul. Malgré les trombes d’eau, la rumeur de mon exploit a massé le public sur le circuit, surtout des femmes...

Mon dernier passage dans le verger conservatoire fait tomber les quelques pommes encore accrochées aux branches. Le dernier tour d’étang est triomphal et quand j’arrive, tous mes copains sont là pour m’acclamer. L'Essuin est là, les larmes aux yeux ; Mustang a même amené un podium pour m’y faire monter. Je vois dans son regard obséquieux qu’il m’envie terriblement mais il n’ose rien dire, il se courbe devant moi et…

Mais qu’est-ce qu’il fait là au fait ? Je le croyais à la Saintélyon à cinq cents bornes d'ici...
 
Quoi, qui m'appelle ?
 
 
Ah oui, zut alors, je l'ai pas encore couru ce cross et pour cause, on est le matin et on n'a pas encore fini de mettre les piquets et la rubalise.
Boudiou, j'ai encore mal aux pattes du marathon de dimanche dernier...



Finalement, j'ai fait un temps très moyen et 84ème sur 135. Le Mustang m'aurait peut-être battu cette fois. Il a tellement plu que la plupart des photos du cross hommes étaient inexploitables. Wilh de normandiecourseapied a quand même réussi à en faire quelques-unes avant d'enfiler son scaphandre. Merci à lui pour ses clichés.


Sinon, après le cross, j'ai juste mangé quatre parts de gâteau à cause de mon régime. Il faut que je me surveille car samedi prochain, je suis bien décidé à gagner les 10 km de Sées.

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