vendredi 1 octobre 2010

Semi-Marathon d'Argentan 2008

Argentan, cité d'histoire

C'est à l'âge de bronze que les premières tribus venues de l'Est s'installèrent dans ce que les Romains appelèrent plus tard le "Domus Peccatii", littéralement "Le domaine des chevaux". Effectivement, c'est dans cette unique plaine de l'Orne qu'on vit apparaître les premiers élevages de chevaux destinés à la course.

L'arrivée des Celtes changea pas mal de choses dans la région car, habitués qu'ils étaient aux petits chevaux robustes, nos ancêtres Gaulois n'arrivèrent pas à chevaucher les hautes montures produites par les élevages de la région et ils se résolurent à les bouffer. C'est ainsi qu'ils inventèrent la boucherie chevaline.

Ce fut  l'invasion romaine qui mit un terme au massacre des chevaux. Le gouverneur Philippus Mustangii, amoureux des chevaux, interdit l'équidophagie et développa l'élevage des canassons qui furent affectés aux transports; ce qui tombait bien car on exploitait à l'époque des mines d'argent (d'où le nom de la ville).

L'on reparla d'Argentan quand, lors de la guerre de Cent Ans, la ville subit l'assaut des Anglais. Les habitants résistèrent vaillamment à l'invasion Rosbeef en bombardant les assaillants de fromage au lait cru qui eut raison des immondes barbares aux cheveux roux et aux dents en avant. C'est en découvrant un tas de fromage qui avait coulé dans un casque anglais circulaire que Dame Mireille, la femme d'un fermier du coin, inventa le camembert et non l'usurpatrice Marie Harel qui en revendiqua la maternité.

Au XIXème siècle, le chemin de fer arriva avec son lot d'industrialisation et de combats sociaux. Tout naturellement, Argentan fut à la pointe des luttes sociales en Normandie. C'est d'ailleurs lors d'un séjour prolongé en cette ville que Karl Marx écrivit "Le Capital" son oeuvre majeure. Argentan reste encore aujourd'hui un lieu dans lequel vivent paisiblement quelques communistes, lecteurs d'Aragon et admirateurs de la peinture de Fernand Léger (né en cette cité).

Argentan connut cependant quelques cataclysmes : un tremblement de terre au XIXème siècle et l'arrivée du Mustang au XXème siècle, sans parler des livres de Michel Onfray, autre enfant du pays. Mais Argentan est toujours là et il s'y organise chaque année un semi-Marathon pas piqué des hannetons.

Là, vous voyez l'hôtel de ville, il est de travers à cause du séisme du XIXème !
Là, vous n'allez pas être plus intéressés que ça par la relation de ma course car je n'ai pas fait de miracle : six jours après la mémorable course des Terrils; il m'était impossible de briller mais je n'étais pas non plus assez abîmé pour m'écraser comme un étron trop frais sous l'imprudente semelle d'un marcheur distrait.
Donc, j'ai couru mais avant, j'ai fait la connaissance du sympathique Breizhman14 dans la zone de départ.

 Il est plus grand mais j'ai plus de cheveux ! 

Donc, comme je n'avais pas récupéré du Week-end de malade des Terrils, j'ai couru comme un cinglé dès le départ, effectuant les cinq premières bornes à 4'10 au kilo à la poursuite de mon camarade de club Marc dont le palmarès comparé au mien fait figure d'Himalaya de la course à pied.
Bien sûr, je ne pus tenir le rythme et dus lever le pied en abordant la forêt de Silly qui surplombe la plaine. Quatre bornes plus tard, je sortais de la forêt pour adresser un signe amical au Mustang en embuscade photographique pour le site Normandiecourseapied.

 Les fins observateurs s'apercevront que je ne suis pas frais... (photo Mustang)

Pendant ce temps, Breizhman court à son rythme et finit par me rattraper en me faisant remarquer que ma foulée dénote une certaine fatigue. Un peu mon neveu mais tu aurais dû me connaître à cinquante ans quand j'étais jeune. A cette époque, j'avais bouclé le semi en 1h29 !

 Eh, t'es pas plus frais mon gars ! 

La vieillesse est un naufrage et je terminai péniblement cette épreuve en 1h36, un temps de daube pour un coureur de chiottes.
Cela dit; "un vieux qui court va plus loin qu'un jeune assis" comme aurait pu dire Audiard et je suis content d'être venu pour trois raisons : 
  • Mustang ne m'a pas doublé vu qu'il ne courait pas.
  • J'ai fait la connaissance d'un nouveau kikou et c'est toujours agréable même s'il n'est pas gaulé comme Taz.
  • J'ai ramené un excellent camembert et une bouteille de cidre de pays comme les parisiens n'en boivent jamais.





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