samedi 9 octobre 2010

Trail du Pays de Bray 2009

De temps en temps, je me demande ce que je ferais actuellement si je ne pratiquais pas la course à pied. Je me demande aussi parfois pourquoi je m'esquinte à faire autant de bornes pour participer à des épreuves qui me laissent pantelant, les muscles et le cerveau dans le même état qu'un biscuit Lu oublié au fond d'un placard pendant six mois. 

A Gaillefontaine, comme dans d'autres endroits, j'ai eu à nouveau la réponse en descendant du camping-car de mon ami RIAH50 :  Je suis ici pour rencontrer des gens qu'autrement je croiserai sans les voir, ignorant leur richesse et leur chaleur. 


Il eût été effectivement dommage de rater Christophe qui nous a accueillis comme si nous étions de vieux amis. Christophe, c'est le copain de Christophe. Ils organisent ensemble le premier trail du Pays de Bray en Seine-Maritime. C'est en Normandie du Nord mais vu l'accueil, on se croirait chez les Ch'tis !
Christophe nous a réservé une place pour la nuit sur le parking où va avoir lieu la course. Une fois installés, nous nous dirigeons vers le troquet du coin qui nous charme par son côté sixties et sa bière St Landelin. De la bière d'abbaye, c'est à ça que je mesure le degré de civilisation dans un bled.


La soirée continue dans le camping-car avec Riah50, Béa sa jeune mariée et ma Josette. Au menu d'avant course : pâté, rillettes, bolognaise Saumur-Champigny et Bordeaux.
J'ai d'ailleurs dû trop forcer sur ces produits diététiques car le lendemain matin, je n'arrive à avaler rien de solide. Rien de solide non plus se met à sortir de mon orifice inférieur et ce, à plusieurs reprises. Mon bon goût m'empêche de vous parler de l'odeur distillée dans ce si exigu véhicule...
Hou ! Il est temps de prendre l'air, d'ailleurs, c'est l'heure d'aller chercher les dossards. Non loin de nous est installé le car podium. Le bavard au micro détaille la course et indique au public qui sont les favoris de l'épreuve. Dans la liste, j'ai la surprise d'entendre que le Lutin d'Ecouves est présent. Le gars précise quand même que je ne suis pas dans les favoris mais une sorte de touriste du trail...
Sur mon dossard, je retrouve aussi mon pseudo à côté de mon prénom. Délicate attention du Bulot. Tiens, il ressemble à quoi le Bulot ?


Le Bulot, c'est Christophe, le copain du Christophe d'en haut. Je suis soulagé de voir qu'il n'a pas choisi son pseudo pour des raisons de ressemblance avec le néanmoins délicieux mollusque. Ce Christophe, il est aussi sympa que son copain et tous deux sont aussi bien assortis que le vrai bulot avec la mayonnaise.
Christophe a fait venir d'autres Kikous à son premier trail, c'est ainsi que je retrouve Lydie et que je fais la connaissance de Jac.


Trêve de bavasseries et causons de la course. L'estomac remonté dans les narines et l'anus en feu, je ne me sens pas si mal finalement. Je me place au départ avec la ferme intention de me retrouver dans les trois premiers V2, distançant par là-même mon ami et professeur de course Riah50. Après tout, il est V3 la saison prochaine et il ne s'entraîne que 30 bornes par semaine...
C'est vrai, je prends surtout plaisir à battre mes amis, c'est mon côté méchant lutin. En plus, je n'ai pas de côté gentil lutin.
Allain le Riah, il est considéré en Ecouves comme étant le sage de la course à pied et le pionnier du trail dans l'Orne. Et voilà qu'il prend le départ comme un gamin de trente ans ! Grosse montée vers le château à fond en laissant le Lutin scotché à la pente comme une mouche qui serait tombée amoureuse d'un pare-brise. Le péremptoire quasi sexagénaire aborde la longue ligne droite vers le château bien avant moi. J'y crois pas !


 Mais il fait quoi le Allain?  Il est où d'abord ? Mais c'est moi que j'ai dit que je serai devant. C'est pas du jeu !!!


Pendant ce temps, ma Josette et sa copine Béa draguent honteusement derrière nous. Elles se feront accompagner par de charmants messieurs pendant que je vais marner comme un âne pendant 29 bornes. C'est pas du juste !


Tiens, une gâterie pour moi ! Merci Bulot d'avoir placé ce toboggan sur le parcours. Je peux enfin faire le Lutin :


Et c'est ensuite le château de Mr le Marquis. La vache, c'est classe comme coin, j'ose à peine péter.  


Je m'arrête un instant pour discuter avec une dame plutôt dévêtue mais la donzelle ne m'adresse point la parole. Elle reste de bronze, tant pis.


 Ah, on descend en ville où se trouve l'animation musicale. Sympa cette course, non seulement, il y a pléthore de bénévoles mais en plus, on nous joue du tambour. A quand les danseuses nues ?


Les choses sérieuses commencent, on se retrouve en pleine nature et j'essaie de me poutrer la tête pour rattraper un autre V2 qui a eu l'impudence de me passer. Mais ils m'en veulent tous !!!


Deuxième gâterie ! Un terrain de moto cross. J'en profite pour décoller mon challenger. Alors pépé, ça grimpe ? C'est dur ? Hiark hiark !


Boudiou, mais oui c'est dur, et c'est long ! On se croirait aux Terrils ! Je n'ai pas vu grand chose d'aussi raide depuis mes premiers émois amoureux il y a fort longtemps !


 Quelques bornes plus tard, je retrouve Gaillefontaine où les deux tiers des coureurs vont s'arrêter, laissant les héros du 29 km s'affronter dans un combat de titans.
Nous retrouvons l'incomparable campagne normande. Bien sûr, ce n'est pas aussi ensoleillé qu'en Basse Normandie mais c'est en Normandie. C'est donc beau.


En fait de titans, je ne vais pas voir grand monde. Je poutre bien un jeunot calcifié dès le début de cette deuxième partie, ça fait toujours plaisir de piétiner plus jeune que soi, mais après, des kilomètres sans voir un short et surtout sans voir ce  ***** de Riah50 qui gambade devant hors de portée de ma vindicte. Je bous, j'enrage, je fulmine et je cours... plutôt vite.
Un petit tour dans les bois de Monsieur le Marquis dans lequel je m'abstiens de proférer des gros mots à l'encontre de ce manant d'Allain qui est en train de me donner une leçon de course à pied. Si on commence à prendre des leçons par ceux qui vous ont appris à courir, je me demande où on va !
Le retour vers Gaillefontaine : Comble de malheur, le V2 que j'avais laissé pour mort dans le moto crotte cross, revient me coller à la sortie du côlon. J'essaie bien de lui faire goûter des derniers relents gazeux de mon repas de la veille mais il reste de marbre. Le gars doit s'appeler Clément car il adhère !
Je poutre, je poutre mais rien n'y fait; ça colle comme les rideaux aux fenêtres. 
Soudain, hosanna alleluia ! Le toboggan du Lutin. Même un kamikaze dépressif  et suicidaire qui vient d'être lâché par sa copine n'aurait pas l'inconscience de suivre un Lutin sur ce type de terrain. Je le décolle, le papier tue-mouches ! Et en prime, j'enrhume deux trentenaires décalqués qui rampent un  peu plus loin.
Cela dit, en ce qui concerne le Riah50, c'est macache oualou et j'aborde la fin de la course en moins bon état que lui. La preuve :

 Allain, 2h48 4ème V2. Lutin 2h50 5ème V2. C'est pôôô juste !

 Voilà, j'arrive enfin et je vais aussitôt féliciter mon ami. Je ne vais quand même pas jusqu'à le remercier pour la leçon mais leçon il y a eu...
Il ne reste plus qu'à récupérer avant le retour et le Riah50, il a ce qu'il faut pour la récup !


 Il ne reste plus qu'à saluer les organisateurs de ce trail particulièrement bien organisé avec un balisage sans faille, une gestion ingénieuse du terrain et une impressionnante disponibilité des bénévoles. 
L'année prochaine, viendez donc au trail au Bulot, vous ne serez pas déçus !

Photos additionnelles  de normandiecourseapied

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