lundi 11 octobre 2010

Chroniques du Camping 10

La Frime


Comme expliqué dans l'épisode 2, je suis animateur jogging dans un centre de vacances durant trois semaines. Oui, mais pas n'importe quel animateur, je suis celui qui entraîne le groupe des coureurs "confirmés" c'est à dire ceux qui se tapent des sorties allant jusqu'à 14 bornes à 12 de moyenne ainsi que des séances de fractionnés de la mort qui tue.

Autant dire que les touristes du groupe des débutants me regardent avec crainte et ceux de mon groupe me considèrent avec respect. D'autant que quand ils me demandent mes perfs, je gonfle quelque peu celles-ci pour les impressionner. Ici, pas de "Lutin Loser", je suis Thierry le tortionnaire, celui qui fait transpirer les touristes.

Voilà qui me permet de trimballer une certaine aura et si ça ne me permet pas d'emballer (Josette est encore experte en self-défense), cela allume, je l'espère, une petite lumière dans les yeux de joggeuses. Et, comme chacun sait, chez les filles le nerf optique est directement relié aux ovaires.

Bon, j'ai bien remarqué que les plus jeunes avaient tendance à s'adresser à moi comme à leur papa. C'est peut-être dû au fait que je perds pas mal de cheveux depuis quelques années...

Quant aux mecs, je dois avouer que je prends toujours autant de plaisir à les poutrer lors des fractionnés. Quelle jouissance de voir un grand Allemand d'à peine trente-cinq berges prêt à vomir après une séance de 30x30 !

Je suis quand même prudent. Quand mon œil exercé détecte un vrai compétiteur (ça arrive), je réduis la voile et je suis moins disert sur mes exploits.

Donc, personne dans ce centre ne sait que je suis un des meilleurs spécialistes du crash avec diarrhée et/ou vomi. Sauf que ...

*****

Cette année, les touristes étaient plutôt fainéants ou fatigués et, plus que jamais, je pouvais faire le cador en menant mon groupe. Or, un jour je discute avec un gars qui ne payait pas de mine et qui était plus petit (!) et plus vieux (!!) que moi. Il n'allait pas vite et me disait qu'il préparait un ultra trail.

Bien sûr, j'engage la conversation et lui montre fièrement mon t-shirt "Eco-Trail de Paris" qui me fait passer auprès des autres pour un surhomme avec mes 80 bornes en 9h40. Bien sûr, je parle des épreuves les plus extrêmes que j'ai vécues en omettant de mentionner les avanies et autres humiliations que j'ai subies.

Et là, le piège. Je finis par parler du fatal RAID28 qui m'a valu l'outrageant sobriquet de Findus 71 à la suite d'une hypothermie digne d'un récit de Paul Emile Victor.

"-Ah oui, cette année c'était pas facile, me dit-il.

-Ben oui, j'ai eu un peu de difficultés, je l'avoue... tu y étais ?

-Un peu mon neveu, je suis organisateur et membre de l'équipe TUROOM. Je dois avoir la photo de ton équipe dans les archives. Comment elle s'appelle ?

-Euh, on courait pour Kikouroù...

-Kikouroù, je ne connais que ça ! Je m'entraîne régulièrement avec le Castor, tu connais ?

-Enfin, j'suis juste un membre du site tu sais...

-Ben, j'irai voir sur le site s'il y a un récit concernant ton équipe !"


CATASTROPHE ! Le gars, il va aller lire mon récit qui fait passer le naufrage du Titanic pour une simple tasse bue dans une pataugeoire !

Voilà comment on peut se faire une fracture de la réputation à cause d'âneries écrites pour faire rire les copains ! 

P... !!! Pourvu qu'il ne tombe pas sur mon blog !



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